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Deux Estriens sur cinq jugent leur situation financière fragile

Au Québec, 44 % des gens ne pourraient pas vivre plus d'un mois sans revenu,... (Imacom, Jessica Garneau)

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Imacom, Jessica Garneau

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(Sherbrooke) Au Québec, 44 % des gens ne pourraient pas vivre plus d'un mois sans revenu, car ils n'ont pas d'épargne, pas de coussin. Alors que les deux tiers des Québécois font un budget, quatre personnes sur cinq n'arrivent pas à le respecter. Ces données inquiétantes proviennent de l'étude Les Québécois et les finances personnelles, un sondage mené par la maison de recherche CROP pour la firme-conseil Raymond Chabot.

Au Québec, 44 % des gens ne pourraient... (Photo site web Laurent Paquin par Gabrielle Robert, photographe) - image 1.0

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Photo site web Laurent Paquin par Gabrielle Robert, photographe

«La nature humaine explique le non-respect des budgets, car plusieurs oublient de budgéter un poste plaisir. Prévoir un 5 % du revenu net à cette fin est raisonnable et rend le budget plus réaliste», estime Éric Lebel, associé et syndic en redressement et insolvabilité chez Raymond Chabot Grant Thornton.

D'emblée, M. Lebel ajoute qu'un dépôt à terme représentant trois mois de salaire net est un coussin prudent que chacun devrait avoir pour faire face aux imprévus.

En Estrie, 40 % des gens jugent leur situation financière actuelle fragile et autant ne font pas de budget pour planifier leurs dépenses courantes. De plus, à peine 38 % des Estriens croient que la situation s'améliorera au cours des prochaines années. Une telle fragilité se traduit par une augmentation des dettes pour 56 % des habitants de la région depuis les trois dernières années.

«J'étais en début de carrière, je commençais à faire de l'argent et je dépensais ce que je gagnais sans penser qu'à la fin de l'année.»


Malgré un tel portrait, une personne sur deux se dit mal à l'aise de traiter d'enjeux monétaires personnels avec un membre de son entourage. Ce n'est pas le cas de l'humoriste Laurent Paquin qui a jadis vécu des problèmes financiers et qui s'associe cette semaine à la campagne de sensibilisation Ne perdez pas vos moyens, une initiative de Raymond Chabot qui vise à briser les tabous liés à ce sujet.

Les soucis financiers de l'humoriste remontent à une vingtaine d'années. «J'étais en début de carrière, je commençais à faire de l'argent et je dépensais ce que je gagnais sans penser qu'à la fin de l'année, je devrais payer de l'impôt puisque je n'avais pas fait d'acomptes provisionnels. Étant un travailleur autonome et non un salarié, aucune déduction à la source n'avez été prélevée. Appelez ça de l'inconscience ou de l'aveuglement», raconte Laurent Paquin qui a réussi à éviter la faillite grâce à sa comptable qui a levé le drapeau rouge.

«L'argent reste un sujet tabou. Il est le symbole de la réussite, alors avouer qu'on a des problèmes d'argent, c'est avouer son échec et avouer qu'on a pris de mauvaises décisions», estime M. Paquin espérant que le fait que des figures publiques, comme lui ou Claude Poirier, acceptent d'en parler ouvrira les yeux à certains et les incitera à demander conseil.

Les Estriens plus impulsifs que le reste des Québécois

Parmi les phénomènes observés par CROP en Estrie, la spontanéité dans les achats semble présente puisqu'un Estrien sur trois (33 %) est en accord avec la phrase «Il m'arrive souvent de faire des achats impulsifs». Au Québec, une personne sur quatre (26 %) agit ainsi. Enfin, quand vient le temps de mettre de l'argent de côté, 34 % des citoyens de l'Estrie le font davantage pour se payer quelque chose dont ils ont envie que pour assurer l'avenir. Au Québec, seulement une personne sur quatre (26 %) agit ainsi.

Pour M. Lebel, l'ensemble des résultats observés traduit la nécessité d'aller chercher de l'aide avant que la situation ne dégénère. «Il ne faut jamais s'isoler et camoufler ses ennuis financiers personnels, prévient-il. Au contraire, dans une telle situation, l'on doit s'informer, jaser de son état. En somme, il ne faut pas perdre ses moyens.»

Laurent Paquin a la chance aujourd'hui d'être entouré d'une équipe qui veille à sa santé financière. «C'est pas tout le monde qui a cette chance. De là la création des capsules de Raymond Chabot. Elles sont humoristiques et accessibles et permettent à monsieur et madame Tout-le-monde de déceler les signes d'endettement, par exemple, ou prévoir l'aspect financier en cas de séparation», précise l'humoriste. Six capsules sont déjà en ligne sur le site de Raymond Chabot et six sont à venir au cours des prochains mois.

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