«Le Y n'attend pas 25 ans pour recevoir une montre »

Carol Allain... (Imacom, Jessica Garneau)

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Carol Allain

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(SHERBROOKE) « Le passage d'une société verticale à une société horizontale a des conséquences. Dans la verticalité, la communication se résumait à transmettre une information. Dans l'horizontalité, communiquer signifie plutôt négocier. C'est dans l'ADN des générations X et Y : permissivité, facilité, compromis et négociations. »

Le conférencier Carol Allain s'est adressé, mercredi, aux employeurs et gestionnaires en ressources humaines pour leur expliquer les différences fondamentales entre les valeurs verticales et horizontales. L'objectif du déjeuner-conférence organisé par Priorité-Emploi Estrie dans le cadre de la Semaine de l'emploi 2015 était de faciliter les relations intergénérationnelles et ainsi augmenter la mobilisation de la main-d'oeuvre au sein des entreprises dans un contexte de rareté de celle-ci.

« Les plus jeunes ne peuvent pas attendre. Ils demandent à leur employeur : qu'est-ce que tu peux faire pour moi? Le Y de 30 ans vous dira : moi, ça fait DEUX ans que je travaille pour toi. DEUX ans! Il est temps que tu me donnes quelque chose d'extraordinaire. Parachute-moi en Asie, fais-moi vivre quelque chose d'exceptionnel. Le Y n'attend pas 25 ans pour recevoir une montre », a exposé le conférencier aux airs de l'humoriste André Sauvé.

Alors que valeurs verticales riment avec rationalité, les valeurs horizontales riment avec l'émotivité. « C'est normal que vous deviez leur dire merci plus souvent. Dites-leur aussi : on a besoin de toi Monique, on aime ton style Robert. Les Y et X ont besoin de reconnaissance répétée. Il faut les rencontrer plus souvent et de façon moins formelle. Il faut les mobiliser de façon régulière, car ils sont individualistes, mobiles, créatifs, mais en constant changement », a expliqué M. Allain ajoutant que leurs aînés étaient, par opposition, reconnus pour être stables, loyales, engagés et collectivement attachés.

Pour les plus jeunes, l'ancienneté ne veut plus rien dire. « Pour les X et surtout les Y, le passé n'a pas d'importance. Le futur non plus d'ailleurs. Tout ce qui compte, c'est le présent, soutient M. Allain.

Si la verticalité voulait conserver, « mets ça dans la cave, c'est encore bon », l'horizontalité souhaite consommer, « c'est pu bon, on le jette ».

« Les générations les plus jeunes doivent sentir les choses et ils remettent tout en question de façon régulière. Après trois ans de relation amoureuse, le Y a des doutes et il dit : je ne sais plus chéri(e), je ne te sens plus. Si tu demandes aux plus âgés qui sont mariés depuis 45 ans s'ils s'aiment encore, ils répondront : on parle pas de ça! »

Carol Allain prône notamment pour des programmes universitaires plus courts. « Avec les valeurs horizontales qui sont associées aux jeunes, rien ne doit durer aussi longtemps, sinon on perdra de la main-d'oeuvre », soutient-il.

Pour combler le besoin de main-d'oeuvre qui attend le Québec et sa population vieillissante, les employeurs devront approcher les élèves des écoles secondaires, attirer et garder ses immigrants et savoir retenir les talents à l'aide de relations de travail attrayantes, conclut M. Allain.

« Allez au-devant. Si on tient compte de tous les postes qui seront à combler, vous, les employeurs, ne pouvez pas vous permettre d'attendre. »

Dans le cadre de la Semaine de l'emploi 2015, Carol Allain a présenté, hier au Théâtre Granada, les grandes différences entre une société aux valeurs verticales et celle, plus moderne, qui adopte des valeurs horizontales. La conférence s'adressait aux employeurs qui doivent attirer des employés dans le contexte d'un Québec vieillissant où la rareté de main-d'oeuvre s'accentue.

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