Autisme: sur la piste des contaminants chimiques

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(SHERBROOKE) Une étude de l'Université de Sherbrooke suggère que des contaminants, les phtalates et les produits ignifuges, contribuent au développement de traits autistiques chez les rats, ce qui soulève la question chez l'humain. La professeure de l'Université de Sherbrooke Larissa Takser plaide du même coup pour un changement de nos habitudes de vie.

Les résultats soulèvent des questions pour les impacts chez l'humain alors que des études menées chez l'homme vont dans le même sens que celle de l'UdeS.

Professeure agrégée à la faculté de médecine et des sciences de la santé de l'UdeS, Larissa Takser explique que la recherche a permis de comparer des rats exposés à une mixture composée de phtalates et de produits ignifuges à des «rats supposés être autistiques».

Très présents dans notre environnement, les phtalates sont un groupe de composés chimiques, utilisés entre autres pour rendre le plastique plus souple.

Selon Mme Takser, les phtalates ont des effets sur le développement de l'asthme, et sont aussi liés à des allergies et de l'eczéma.

Les produits ignifuges protègent contre le feu et se retrouvent également dans une foule de produits, comme les matelas, les ordinateurs et les contenants pour les aliments.

Une étude publiée par l'épidémiologiste avait permis de démontrer que des ignifuges se retrouvent dans le lait maternel. Une seconde étude publiée l'an passé suggère également que les PBDE, des molécules ajoutées à des produits domestiques courants, sont associés à une baisse d'hormones thyroïdiennes de la mère et du foetus pendant la grossesse. «Cette baisse peut causer de lourdes conséquences sur le développement du foetus», apprenait-on.

Dans sa plus récente recherche, ce sont des femelles enceintes qui ont été exposées, et les comportements ont pu être observés chez leurs tout-petits. «Ils deviennent hyperactifs, ils sont anxieux. Ils ne reconnaissent pas bien leur mère; quand ils sont très jeunes, ils ne reconnaissent pas l'odeur de leur mère. Il y a le comportement social qui est très changé», décrit-elle.

«En manipulant l'environnement in utero, on peut modifier les caractéristiques de l'enfant à naître», indique Mme Takser, qui s'intéresse aux contaminants chimiques dans l'environnement.

«C'est la première étude expérimentale; elle est concordante avec des études épidémiologiques réalisées auprès des mères», commente la chercheuse.

Larissa Takser croit qu'il s'agit d'une bonne nouvelle. Quand un gène est en cause, illustre-t-elle, on ne peut rien y faire. «Quand on sait que l'environnement affecte les enfants, on peut prévenir», illustre-t-elle. «Si on sent que nos pratiques de consommation ne sont pas naturelles, il faut les changer», lance-t-elle en ajoutant que «les consommateurs peuvent réellement changer leurs comportements.» Elle suggère entre autres d'éviter les cosmétiques et les jouets en plastique pour les enfants. Elle s'enflamme lorsqu'elle pense aux élèves qui n'ont pas le droit d'amener leur lunch dans un plat en pyrex. «C'est la honte!» lance-t-elle. «C'est le moment de vivre sainement : il y a de nouveaux réflexes à apprendre, de changer sa philosophie...»

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