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Asbestos: des difficultés pour deux entreprises du boulevard Industriel

La fromagerie L'Oiseau Bleu d'Asbestos a fermé ses... (La Tribune, Yvan Provencher)

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La fromagerie L'Oiseau Bleu d'Asbestos a fermé ses portes après avoir déclaré faillite le 5 février dernier.

La Tribune, Yvan Provencher

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(SHERBROOKE) Temps difficiles économiquement à Asbestos. Alors que l'entreprise Les Viandes Laroche annonce qu'elle vit des difficultés financières, la fromagerie L'Oiseau Bleu, située juste en face sur le boulevard Industriel, tenait sa première assemblée des créanciers, hier, après avoir déclaré faillite le 5 février dernier.

Le dossier du Bureau du surintendant des faillites Canada indique un passif de 1 978 000 $ et un actif de 870 000 $.

En juin dernier, la fromagerie L'Oiseau Bleu annonçait la signature d'une importante entente commerciale avec la chaîne d'alimentation Metro qui allait désormais distribuer deux nouveaux fromages artisanaux de l'entreprise d'Asbestos, soit Mine d'or et Bleu perle.

La fromagerie L'Oiseau Bleu, qui avait ouvert ses portes en 2012, concevait et mettait en marché des fromages de spécialités. Une quinzaine de variétés avaient été réalisées depuis novembre 2013 sous la direction du propriétaire Jean-Jacques Turgeon, un concepteur émérite de fromages qui compte plus de 30 années d'expérience dans le domaine.

La Tribune a tenté, sans succès, de parler à M. Turgeon. Le message vocal de l'entreprise mentionne que « le comptoir de vente et du service à la clientèle est désormais fermé, mais que les fromages de L'Oiseau Bleu sont toujours disponibles chez les bons commerçants ».

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Viandes Laroche fragilisée par le prix du boeuf

L'industrie du boeuf connaît de nombreuses fluctuations depuis plus d'une année, dont la remontée des prix payés par le consommateur, mais c'est toute la chaîne de production qui subit les impacts de ce mouvement haussier. L'entreprise Viandes Laroche n'y échappe pas. Établie depuis cinq ans à Asbestos dans de nouveaux et vastes locaux, l'entreprise doit composer avec la hausse planifiée par des multinationales américaines, établies en Ontario et en Alberta, qui contrôlent 90 % du boeuf.

« Ils ont décidé qu'il y aurait d'abord une hausse et d'autres subséquentes vers une stabilisation nouvelle pour l'instant. Le bond d'acquisition de carcasses de boeuf depuis la fin 2013 est passé d'environ 2,10 $ la livre à 3,17 $ pour un animal sur le crochet, soit 1,17 $ la livre. Donc, un animal de 800 livres représente un coût excédentaire de plus ou moins 800 $. Ce chiffre est multiplié par 300 acquisitions en moyenne par semaine, soit un quart de million à supporter par notre entreprise, chaque mois, le temps de laisser mûrir la viande, la traiter, la mettre en boîte et la livrer, sans que cela nous apporte un sou de plus », a expliqué le président Claude Laroche.

L'entreprise acquiert son boeuf par enchères électroniques chaque semaine et doit rivaliser avec ces multinationales qui parcourent le Québec pour faire signer des contrats à terme aux producteurs. La majorité de la production s'en va ainsi aux États-Unis ou en Ontario, laissant un faible marché encore disponible par enchères, ce qui pose des problèmes évidents.

Pour être rentable, Viandes Laroche doit se procurer approximativement 300 à 320 bêtes par semaine pour s'assurer de couvrir ses frais. Toutefois, l'entreprise a la capacité d'en recevoir 600. « Pour récupérer plus de chaque animal, certaines pertes pouvant être éliminées, il nous faudra investir encore en équipement et en agrandissant nos installations. On commence à se questionner à savoir si des gens peuvent nous appuyer, des perches ont été tendues à l'UPA et au gouvernement du Québec, particulièrement pour la mise en évidence et la commercialisation du boeuf du Québec. » Ce boeuf n'est pas pour l'instant clairement identifié dans les comptoirs des grandes chaînes d'alimentation.

Le président des Viandes Laroche considère le besoin de garder la matière première d'abord pour le marché d'ici avant de l'envoyer en Ontario ou chez nos voisins du sud. « Nous nous approvisionnons uniquement avec du boeuf du Québec, avec notre mission de fournir du boeuf VSC, sans hormones, sans antibiotiques, avec traçabilité totale. Nous acquérons une quarantaine de bêtes chaque semaine à cet effet présentement et notre défi est de monter jusqu'à 80 au printemps et 300 éventuellement. Nous avons donc besoin d'un approvisionnement régulier et du Québec. »

Entretemps, l'entreprise a dû diminuer dernièrement le nombre d'heures de travail d'une partie de sa centaine d'employés, très temporairement en principe, l'employeur se disant convaincu de meilleurs jours prochains et heureux de pouvoir conserver son personnel et son expertise. Le potentiel de l'entreprise demeure fort intéressant pour l'avenir et un travail incessant se poursuit pour le développer.

- Avec Yvan Provencher

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