Vers une commercialisation des isotopes médicaux

Greg Rickford... (Imacom, Frédéric Côté)

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Greg Rickford

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(SHERBROOKE) La demande mondiale en technétium (99mTc) est d'environ 40 millions de doses par année. Les scientifiques prévoient même qu'elle augmentera de 15 % au cours des dix prochaines années à cause du vieillissement de la population.

Or, toutes les doses proviennent actuellement de cinq réacteurs nucléaires situés dans cinq pays différents, dont l'un en Ontario, mais tous ces réacteurs ont maintenant plus de 50 ans et arrivent donc à la fin de leur vie utile.

Les deux cyclotrons du CHUS produisent actuellement quelques doses par semaine, suffisamment pour répondre aux besoins des essais cliniques. D'ici 2016, le CHUS vise à être autosuffisant pour tous ses besoins et, ainsi, ne plus acheter d'isotopes créés par des réacteurs nucléaires.

L'étape suivante? « Entre 2016 et 2018, le CRC vise à aménager les infrastructures pour se préparer à la commercialisation de ses isotopes », ajoute William Fraser, directeur scientifique du CRCHUS.

En 2018, les isotopes produits à Sherbrooke pourraient être utilisés dans d'autres hôpitaux du Québec et même ailleurs au Canada.

La production d'isotopes par cyclotron est aussi peu coûteuse comparée à l'investissement que représenterait la construction d'un réacteur nucléaire.

« Il faut miser sur cette technologie. La fermeture prévue de certains des principaux réacteurs nucléaires prochainement créera un déséquilibre dans la chaîne d'approvisionnement. Il faut être prêt à répondre aux besoins croissants en examens diagnostiques pour les patients », a expliqué le Dr William Fraser.

Une commercialisation à définir

Impossible de savoir comment s'organisera cette commercialisation des isotopes produits par les cyclotrons sherbrookois. Y aura-t-il un agrandissement un jour du CRC afin de faire de la place à un autre cyclotron? « C'est possible, on pourrait en arriver là », dit le Dr Éric Turcotte.

Pour le reste, rien n'est encore clairement décidé. Impossible de savoir s'il serait envisageable, par exemple, de créer une entreprise où seraient produits les isotopes pour tout le pays, par exemple. « Nous sommes à monter un plan d'affaires. Nous en sommes au tout début », précise Sylvie Vallières du service des communications du CHUS.

Le ministre des Ressources naturelles du Canada, Greg Rickford, a pour sa part avancé une hypothèse : « Est-ce qu'on pourrait avoir des cyclotrons, qui sont plus petits que des centrales nucléaires, dans différentes régions afin que le produit puisse être disponible plus facilement? Tout ça reste à voir. »

Il faut préciser que le technétium (99mTc) se dégrade en quelques heures après sa fabrication.

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