Un public cible du côté des baby-boomers

René Vézina... (Imacom, René Marquis)

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René Vézina

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(SHERBROOKE) L'industrie du tourisme bouge à une vitesse folle et il faudra entre autres s'intéresser à la clientèle de baby-boomers, qui constituera un public cible au potentiel énorme dans les prochaines années. C'est le constat qu'a dressé le chroniqueur du journal Les Affaires, René Vézina, de passage à Sherbrooke pour une conférence sur l'importance économique du tourisme.

« L'industrie touristique est très décentralisée. Il y a toujours quelqu'un quelque part qui pense à quelque chose de nouveau. Sherbrooke a le potentiel de réaliser quelque chose dans la mesure où elle y met les efforts. On a souvent l'impression qu'on conduit en regardant dans le rétroviseur. Si quelque chose a marché dans le passé, ça marchera encore... On ne peut plus penser comme ça. Wayne Gretzky disait : Je patine vers l'endroit où je pense que la rondelle ira et non pas vers où elle se trouvait . Le secret, c'est de devancer les mouvements et les demandes », a-t-il expliqué à près d'une centaine d'intervenants du milieu touristique en Estrie.

Parmi les facteurs qui pourraient contribuer à un essor du tourisme chez nous se trouve la chute du dollar canadien. « Pour l'industrie touristique, c'est un cadeau du ciel. Une fois que les gens arrivent ici, ils dépensent plus. À moyen terme, la faible inflation et l'accélération du tourisme d'affaires peuvent aussi être profitables. »

Mais il y a surtout le vieillissement de la population. « Le Québec est une société parmi les plus vieilles en Amérique du Nord. En 2011, pour la première fois, il y avait plus de gens de 65 ans ou plus que de jeunes de 15 ans ou moins. C'est un immense marché à conquérir. Ce sont des gens éduqués qui aiment voyager partout. »

Selon René Vézina, Sherbrooke a l'avantage d'être une ville centre. « Quand on planifie de venir à Orford, à Mégantic, on pense forcément à Sherbrooke. C'est une agglomération qui sait attirer du monde, mais il faut plus de gens bilingues. La langue des échanges avec les étrangers, c'est l'anglais. »

Mais encore faut-il savoir miser sur ses forces. Et M. Vézina estime que les Québécois ont tendance à tout vouloir mettre en valeur en même temps. « Il faut miser sur des champions, sur des produits d'appel. Il faut identifier les produits hors de l'ordinaire qui sont attrayants. Une fois les gens arrivés, il s'agit de les faire se promener. Il faut de l'inventivité. »

Parmi les forces de la région, il a noté la réputation de calme, de repos. La promenade du Lac-des-Nations, le chemin des Cantons, la mise en valeur des produits du terroir, notamment avec la Halte des Pèlerins, et la concentration de montagnes sont tous des atouts indéniables.

Il a du même coup offert quelques pistes à explorer. « Si vous n'attirez pas plus d'Américains cette année, vous n'êtes pas bons! Il faut réactiver l'Orford Express, et pourquoi pas avec un lien avec Montréal. Il faut être les meilleurs, viser la première marche du podium. Ça se crée, des produits d'appel. La concurrence est tellement forte, l'offre est de plus en plus grande, alors nous sommes condamnés à nous surpasser. On ne peut jamais rester assis sur ses lauriers dans cette industrie. »

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