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Pierre Marc Johnson vante les vertus de l'accord Canada-Europe

Pierre Marc Johnson... (Imacom, René Marquis)

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Pierre Marc Johnson

Imacom, René Marquis

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(Sherbrooke) «Quand on parle d'exportation, la région de l'Estrie regarde toujours vers le Sud, à cause de sa proximité. Mais aujourd'hui, je viens vous parler de l'Est, de l'autre bord de l'Atlantique, qui est un marché tout aussi important que celui des États-Unis, même s'il est moins accessible, à cause des distances», a lancé d'entrée de jeu Me Pierre Marc Johnson, négociateur en chef pour le Québec de l'Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l'Union européenne.

L'ancien premier ministre du Québec était de passage à Sherbrooke, jeudi, pour présenter les grandes lignes de l'Accord, les différents enjeux à considérer et les avantages de cette entente pour les entreprises.

«L'Accord est né en bonne partie à cause du gouvernement du Québec qui y voyait son intérêt. Environ 45 pour cent de la production du Québec va en exportation dont la moitié va en territoire non canadien. S'il n'y avait pas ces marchés étrangers, on serait mal pris parce qu'on est seulement 8 millions d'habitants et qu'à nous seuls, on n'arriverait pas à faire vivre toutes nos entreprises», a résumé Me Johnson précisant les entreprises qui exportent offrent des salaires qui, en moyenne, dépassent de 14 pour cent les salaires des autres entreprises.

«L'Union européenne, avec ses 28 pays, est le plus important importateur de marchandises au monde. La valeur des importations en Europe est plus élevée que celle du PIB canadien. Il est aussi intéressant de constater que plus de 50 pour cent des exportations du Québec proviennent de PME. Le but de l'Accord est d'ouvrir aux entreprises d'ici le marché européen de 500 millions de consommateurs riches», a souligné le conférencier qui avait été invité à l'Hotel Delta, hier, par le Carrefour Québec International (CQI), Export Québec et le ministère de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations.

À terme, l'AECG prévoit l'abolition tarifaire complète entre l'Europe et le Canada. Par exemple, les 12 pour cent de droits de douane que les Européens doivent payer sur les importations de vêtements canadiens seront abolis. Même chose pour les 8 pour cent payables sur leurs importations de sirop d'érable, les 5 pour cent payables sur les motoneiges et les 18 pour cent payables les canneberges séchées.

«Au global, on a moins de tarifs que l'Union européenne en ce moment, donc nous serons gagnants dans cette abolition tarifaire», a soutenu Me Johnson, expliquant que les accords de libre-échange sont basés sur le principe que les lois du marché sont la meilleure façon d'assurer la prospérité, que la concurrence favorise cette prospérité et que la libre circulation des biens, du capital et des personnes permet l'augmentation de l'offre et une plus grande innovation.

La rédaction de l'Accord de quelque 1500 pages, dont 1000 d'exceptions, est terminée après 5 ans de négociations. Selon l'ancien premier ministre, l'Accord devrait entrer en vigueur dans environ 18 mois. Le volet juridique du texte doit d'abord être vérifié. Sa traduction et sa ratification suivront.

Le conférencier a aussi parlé de la certification des produits qui sera facilitée par l'Accord, de la reconnaissance de certaines expertises, de la mobilité des personnes et des facilitations des permis de séjour.

«On va également s'ouvrir davantage aux investissements étrangers», a révélé Me Johnson précisant qu'en 2013, le Canada (avec ses 35 millions d'habitants) avait pour 187 milliards $ d'investissement en Europe, alors que l'Europe avait seulement 191 milliards $ d'investis au Canada.

Selon l'ancien étudiant de l'Université de Sherbrooke qui négocie l'AECG depuis 2009, le Canada sera aussi grand gagnant en ce qui a trait au marché public. «Cela concerne les contrats octroyés par les universités, les hôpitaux, par exemple. Le secteur des services au Canada est extrêmement favorisé, car nous sommes beaucoup moins coûteux donc très compétitifs», a révélé Me Johnson en donnant l'exemple d'un économiste européen qui charge environ le double qu'un économiste québécois pour le même genre de consultation.

D'ici la mise en vigueur de l'AECG, le conférencier conseille aux entrepreneurs de se préparer en ciblant les marchés à conquérir et de se trouver des partenaires européens pour faciliter leur percée.

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