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Des étudiants en génie présentent le prototype de leur moto électrique

Un groupe d'étudiants de premier cycle de la... (Photo La Presse)

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Un groupe d'étudiants de premier cycle de la faculté de génie de l'Université de Sherbrooke présentera mercredi le prototype final de la moto EMUS, une motocyclette électrique «constituée à 80 % de contenu authentique».

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(SHERBROOKE) L'objectif est ambitieux. Concevoir une moto de toutes pièces et l'amener en piste pour aller se mesurer aux meilleures bécanes électriques du monde. Si ça représente un défi pour des constructeurs établis tels Brammo et Zero, imaginez pour un groupe d'étudiants de premier cycle universitaire. Pourtant, le projet arrive à terme et tous les espoirs sont permis.

C'est demain que sera présenté pour la toute première fois le prototype final de la moto EMUS dans le cadre de l'exposition MégaGÉNIALE, événement mettant en vedette différents projets de fin d'études des étudiants en génie de l'Université de Sherbrooke.

Vendredi dernier, la moto a été testée sur dynamomètre, moment clé dans le développement d'un projet qui a germé dans la tête de Félix-Antoine Lebel il y a plus de quatre ans.

«En 2010, alors que j'étudiais en génie physique à l'Université Laval, j'ai eu l'idée de convertir à l'électricité ma vieille Honda Civic, nous a expliqué l'étudiant de 25 ans, attablé dans la cafétéria du département de génie. Mais je me suis rapidement dit que ce serait plus facile et plus accessible de convertir une moto.»

Félix-Antoine quitte alors Québec et s'inscrit en génie mécanique à l'Université de Sherbrooke. C'est à ce moment aussi qu'il tombe sur des courses de la défunte série TTXGP. «Je suis arrivé ici avec la ferme intention de convertir une moto pour qu'elle puisse rouler en TTXGP, a-t-il affirmé. J'ai donc mis sur pied un groupe technique, on a ensuite regardé tout ce qui se faisait, on a répertorié les concepts gagnants de motos électriques. Notre but était de faire une machine de course, comparable à une Yamaha R6.»

Ils ont par ailleurs visité l'atelier de l'Amarok, moto de course électrique conçue en partie dans l'arrondissement de Lennoxville.

«À l'automne 2010, on avait récolté la plupart des pièces nécessaires pour faire la conversion, mis à part les batteries. Mais on était en première année, sans aucune expérience et avec des ambitions sans bornes, a admis Félix-Antoine. C'est là que l'on s'est embourbés. Nous n'avions pas de locaux, pas de soutien des profs, bref, c'est mort dans l'oeuf. La réalité te rattrape et c'est alors que tu peux commencer à être pessimiste...»

Nouveau départ

Mais l'étudiant originaire de La Pocatière tenait à EMUS. Après avoir travaillé pendant six mois au sein de l'équipe Formule SAE Hybride - groupe technique qui développe chaque année une voiture dans le but de participer à la compétition internationale chapeautée par la Society of Automotive Engineers -, Félix-Antoine relance le projet de moto électrique, mais cette fois comme projet de fin de baccalauréat. Neuf collègues en génie mécanique - dont certains avaient déjà travaillé au sein du groupe EMUS original - se joignent à l'équipe. Un an plus tard, le projet devient multidisciplinaire avec l'arrivée de neuf étudiants en génie électrique et d'une autre en communications.

«On a voulu repartir d'une feuille blanche, on a même pensé rebaptiser le projet, a indiqué de son côté Alexandre Gagnon-Leblanc, finissant en génie mécanique. Mais on a appris de nos erreurs, on s'est souvenu de ce qui avait été fait.»

La nouvelle équipe EMUS a ainsi fait le choix d'abandonner le projet de conversion pour plutôt développer la moto de A à Z. Jamais une équipe universitaire n'avait fait le choix de développer son propre châssis monocoque. Les étudiants ont aussi dessiné et fait usiner la grande majorité des pièces, en plus de développer l'unité de contrôle électronique et le système de gestion des batteries.

«Notre moto est constituée à 80 % de contenu authentique. C'est un avantage, parce que d'un point de vue compétitif, si on achète des composants des autres, on ne pourra pas faire mieux qu'eux.»

«Pour ma part, je dois souvent me rappeler que je vais obtenir une note au terme du projet, a conclu côté Félix-Antoine Lebel. Pour moi, c'est devenu tout sauf un projet scolaire!»

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