Scotstown perdra une quarantaine d'emplois

La nouvelle de la fermeture du centre de distribution Aux mille et une saisons... (La Tribune, Christine Bureau)

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La Tribune, Christine Bureau

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<p>Christine Bureau</p>

(Scotstown) La nouvelle de la fermeture du centre de distribution Aux mille et une saisons frappe de plein fouet la petite municipalité de Scotstown. Dès le 8 janvier, la communauté de quelque 550 habitants devra composer avec une quarantaine d'emplois en moins.

«C'est une bombe, un coup de masse», a lancé l'un des employés rencontrés au hasard, près de la rue du Parc. Comme ils ont reçu le mot d'ordre de garder le silence, ceux qui ont bien voulu commenter la nouvelle de la fermeture l'ont fait dans l'anonymat.

«C'est une grosse bombe, mais c'est quelque chose qui aurait pu être évitable. Il y a de mauvaises décisions qui ont été prises par la direction. Les ventes chutaient et ils n'ont pas su comment réagir», a ajouté l'un d'eux.

Il y a une dizaine d'années, Aux mille et une saisons a réussi le pari de rester à Scotstown après avoir investi un million de dollars dans ses installations. L'entreprise a plus tard été achetée par un distributeur américain, United Natural Food Incorporated (UNFI). Mais selon certains employés, UNFI avait une méconnaissance du marché, qui a fini par jouer dans la balance.

«Ce qui est malheureux, c'est qu'ils ne comprennent pas la réalité québécoise. Ils voulaient rentrer leurs lignes, leurs produits américains ou internationaux, mais ils ne comprenaient pas les consommateurs québécois autant que canadiens», déplore-t-il. Un autre acquiesce : «Ils rentraient des produits qu'on savait qu'ils n'allaient pas sortir, des produits qui entraient en compétition avec d'autres produits déjà sur le marché», dit-il.

Un défi

La plupart des employés qui travaillent Aux mille et une saisons habitent à Scotstown, ou à moins d'une demi-heure de voiture de la municipalité. «Ce qui est dommage, c'est que ça va toucher toute la communauté», glisse l'un d'eux.

Déjà, un comité de reclassement a été mis en place par UNFI. Certains se sont également fait offrir un emploi à Montréal, où tous les services de Scotstown seront rapatriés. Peu sont cependant intéressés à quitter la campagne. «On y pense, mais ce n'est pas facile. Tout coûte plus cher là-bas. On n'aura pas une augmentation de salaire qui va équivaloir à ça», avance l'un d'eux.

Un autre soutient que même les emplois du centre de Montréal ne sont pas garantis. «Tout ce que je peux dire, c'est qu'il y avait juste des bons employés ici. On avait une bonne équipe, mais ils ont décidé de fermer pareil», soupire-t-il.

La direction de UNFI n'a pas rappelé La Tribune, vendredi.

«Une énorme perte», dit la mairesse

Après la fermeture de Shermag en 2006, puis celle de Bois Beauchesne en 2011, au tour d'Aux mille et une saisons de quitter la petite municipalité de Scotstown. Une nouvelle qu'accueille avec regret la mairesse de Scotstown, Chantal Ouellet.

«La plupart des employés étaient de Scotstown. Pour nous, c'est une énorme perte. Au niveau de la municipalité, c'est aussi une perte de taxes. À partir du mois de janvier, ce ne sera plus taxée comme une entreprise, mais comme un entrepôt», explique-t-elle.

Chantal Ouellet se souvient des rumeurs qui voulaient en 2011 que l'entreprise déménage à East Angus. Elle était finalement restée à Scotstown. «Derrière la bonne nouvelle, on se demandait ça durerait combien de temps. Voilà, trois ans plus tard, c'est fait. Le couperet est tombé», lâche-t-elle.

Du côté de l'épicerie Scotstown, on qualifie la nouvelle «d'une grande tristesse». «Localement, c'est une douzaine d'emplois perdus. C'est déstabilisant pour toute la vitalité du village, très déstabilisant», avance l'un des propriétaires, Jean Désilets, Ce dernier a vécu auparavant les fermetures de Shermag et Bois Beauchesne. «Si on peut faire un parallèle avec Shermag, ça avait eu à l'époque un impact négatif. [...] Avec cette nouvelle fermeture, ce sont des clients potentiels qu'on perd, des gens qui feraient peut-être leurs achats ici avant de retourner dans leur village», poursuit-il.

Au même moment l'an dernier, Scotstown avait pourtant reçu une bonne nouvelle avec l'annonce de l'agrandissement de Léo Désîlets maître herboriste, un projet de 2,5 millions $. Cette année, c'est Charcuterie Scotstown qui compte agrandir son atelier au printemps prochain, à même l'épicerie.

Pour ce qui est du local vide que laissera Aux mille et une saisons, Chantal Ouellet précise qu'elle travaillera dès janvier avec le Centre local de développement du Haut-Saint-François pour y trouver, espère-t-elle, une nouvelle vocation.

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