Bestar vendu à des intérêts privés

Le bijou manufacturier de Lac-Mégantic, Bestar, serait vendu à une entreprise... (Archives, La Tribune)

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<p>Ronald Martel</p>
Ronald Martel
La Tribune

(Lac-Mégantic) Le bijou manufacturier de Lac-Mégantic, Bestar, serait vendu à une entreprise privée. Une convention de fusion aurait été signée avec une entreprise de la région de Sherbrooke, Amalco, contrôlée par un groupe d'investisseurs privés, pour le rachat éventuel des actions de Bestar inc., d'une somme de 2,7 millions $.

Pour devenir officielle, cette transaction devra être entérinée par au moins deux tiers des actionnaires de Bestar, lors d'une assemblée prévue pour le 29 décembre prochain.

Bestar redeviendra à ce moment une entreprise privée, dont l'aventure à la Bourse des valeurs canadiennes sera terminée. L'avantage de cette privatisation? « La gouvernance au public d'une entreprise avec un chiffre d'affaires de 30 millions $ est aussi complexe que celle d'une grosse compagnie à 300 millions $, a révélé l'actuel président du conseil d'administration et chef de la direction, Gilles Pansera. L'offre d'achat amical qui sera soumise à tous les actionnaires se fait autant dans l'intérêt des actionnaires que dans celui de l'entreprise Bestar. »

Pour l'instant, l'impact de cette importante nouvelle sera limité, car Bestar verra ses 140 employés poursuivre tout bonnement les opérations actuelles de l'usine de la rue Villeneuve, dans le parc industriel de Lac-Mégantic, tout en gardant son logo et sa marque de commerce.

« Si les actionnaires acceptent le projet qui leur sera présenté, on privatise et ce n'est pas vendu à des intérêts étrangers. Nous allons assurer la pérennité de l'entreprise et la développer », a confié Gilles Pansera. Il a ensuite révélé y travailler depuis plusieurs mois. « L'entreprise cherchait des partenaires financiers depuis 2011. »

« Si le projet se concrétise, il va falloir réinvestir pour rester concurrentiels. »

Au terme de cette fusion, la totalité des actions d'Amalco sera détenue par Mario Aubé, Mario Beaudoin et des investisseurs de Lac-Mégantic, dont Gilles Pansera. Pour leur part, les deux actionnaires principaux de Bestar, le Fonds de solidarité des travailleurs du Québec (FTQ) et Placements Paulin Tardif, qui détiennent à eux seuls 61,79 pour cent des actions en circulation, de même qu'un autre groupe d'actionnaires qui détient 5,7 pour cent d'actions, ont déjà conclu des conventions de soutien au projet d'acquisition des actions de catégorie A pour 0,18 $ chacune et des actions de catégorie B pour 1,50 $ chacune.

« ... Le marché pour nos produits est meilleur, on vient de signer une convention collective avec nos employés et l'acheteur a vu tout le potentiel en fonction de la taille de l'entreprise. Maintenant, si le projet se concrétise, il va falloir réinvestir pour rester concurrentiels », a déclaré Gilles Pansera, qui semblait fier de son coup. Car l'homme d'affaires a réalisé deux bons coups d'éclat, depuis qu'il est arrivé à Lac-Mégantic, il y a une trentaine d'années, soit amener Tafisa dans le parc industriel de Lac-Mégantic, et, plus tard, avoir redressé les finances des Industries Manufacturières Mégantic, une usine acquise par le géant Masonite par la suite. Pour lui, privatiser Bestar et maintenir ses activités avec de nouveaux partenaires complète son tour du chapeau industriel.

Si tout se déroule comme prévu, l'année 2015 verra l'arrivée d'un nouveau président-directeur général, chez Bestar, en la personne de Mario Aubé. Âgé de 45 ans, celui-ci a fait ses preuves chez Portes Lemieux, de Windsor, avant de vendre à Masonite. Son acolyte, Mario Beaudoin, représente pour sa part un fonds de capital privé installé à Sherbrooke.

Quant à lui, Gilles Pansera demeurera le seul ancien administrateur dans le portrait du nouveau Bestar. « Les acheteurs sont des gens extrêmement dynamiques dans le secteur manufacturier. C'est rassurant pour les employés et pour l'économie de Lac-Mégantic », a-t-il conclu.

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