CelluForce garde espoir pour Windsor

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Jean Moreau

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<p>Jacynthe Nadeau</p>
Jacynthe Nadeau
La Tribune

(Sherbrooke) La fabrication de nanocellulose est mise en veilleuse depuis bientôt deux ans à Windsor, mais le président et chef de la direction de CelluForce Jean Moreau garde bon espoir de relancer les activités de production dans un avenir rapproché.

«Est-ce que ça redémarrera en 2015? C'est ce qu'on vise, lance-t-il, mais je ne peux pas me compromettre à ce moment-ci. Est-ce qu'on aura le financement? Est-ce qu'on aura des clients? (...) C'est 50-50.»

Cette usine de démonstration, inaugurée en 2012 dans la cour de la papetière Domtar, a produit 30 tonnes de nanocellulose cristalline (NCC) avant de cesser ses activités en janvier 2013.

La NCC est un sous-produit de la fibre du bois aux propriétés révolutionnaires. Ses applications commerciales les plus souvent évoquées touchent les secteurs des hydrocarbures, de la peinture, du traitement des eaux et des colles. Mais son potentiel est aussi étudié dans les domaines pharmaceutiques et alimentaires entre autres. CelluForce évalue le marché nord-américain à un milliard $ annuellement.

Commercialisation

Pour le moment, le défi consiste toutefois à trouver des acheteurs pour passer à l'étape de la commercialisation. «Depuis 2013, il ne se passe pas une semaine sans qu'on ait 5 , 6 ou 7 demandes d'informations, de démonstrations ou d'essais. Des demandes en provenance de partout dans le monde. Maintenant, si on veut arriver à développer un marché, on est rendu à se concentrer sur les applications qui ont le plus de possibilités à court terme, sans perdre de vue le développement à moyen et à long termes.»

Depuis 2013, CelluForce, une copropriété de Domtar et FPInnovation, est aussi à la recherche de partenaires financiers pour poursuivre l'aventure.

L'usine de démonstration, faut-il le rappeler, a nécessité des investissements de 43 millions $, dont 30 millions $ en provenance des gouvernements, et la recherche coûte cher, pendant que les résultats commerciaux tardent à se concrétiser.

Pendant ce temps-là, laissant clairement voir tout le potentiel de cette nouvelle génération de biomatériaux, FPInnovation, Kruger et les deux paliers de gouvernement ont aussi investi 43 millions $ à Trois-Rivières pour une usine de démonstration de filaments de cellulose d'une capacité de cinq tonnes par jour qui a été inaugurée en juin 2014.

«Leur produit trouve des applications plus traditionnelles dans le domaine des pâtes et papiers, illustre M. Moreau, mais ils ont des objectifs de développement pour des applications non traditionnelles qui pourraient éventuellement être complémentaires aux nôtres.»

Jusqu'à 15 ans

«On a un produit extraordinaire, rassure Jean Moreau, mais ce sont des cycles extrêmement longs et on a tendance à sous-estimer le temps que ça prend. Dans le domaine des pâtes et papiers et au Canada en général, d'ailleurs, on n'a pas tellement cette culture de l'innovation. Ailleurs dans le monde, en Allemagne par exemple, on sait que quand on lance un nouveau produit, cela peut prendre 15 ans pour en faire la commercialisation et on est prêt à ça.»

N'empêche que le président et chef de la direction ne baisse pas les bras. «Il faut être résilient et garder le moral», dira-t-il, tout juste rentré d'une énième mission à l'extérieur du pays pour convaincre des clients et des actionnaires potentiels.

«On a une bonne structure qui va faire en sorte que ça va se réaliser. On va rouvrir l'usine, on va optimiser les procédés et éventuellement, il y aura une usine qui sera bâtie pour produire la NCC.»

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