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Sherbrooke dépense 4,6 % moins que les villes semblables

La Ville de Sherbrooke se classe en milieu de peloton parmi les municipalités... (Archives La Tribune)

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(SHERBROOKE) La Ville de Sherbrooke se classe en milieu de peloton parmi les municipalités de 100 000 habitants et plus en matière de dépenses. Selon des données compilées par le Centre sur la productivité et la prospérité HEC Montréal, Sherbrooke dépense en moyenne 4,6 % moins que les villes de taille semblable. La Ville se classe cinquième sur dix, derrière Trois-Rivières, Laval, Lévis et Longueuil. Elle vient toutefois au premier rang en ce qui concerne les dépenses totales par habitant avec 1454 $.

Pour une deuxième année, le Centre sur la productivité et la prospérité HEC Montréal a compilé les informations financières que les 1110 villes québécoises transmettent chaque année au ministère des Affaires municipales. Ces données colligées ont permis aux chercheurs d'établir un palmarès des municipalités pour l'exercice financier de 2012.

Voir la carte des villes du Québec

Robert Gagné, directeur du Centre sur la productivité et la prospérité HEC, estime qu'il y a peu de variations en comparaison avec l'année dernière. «Globalement, en une année, on ne peut pas s'attendre à de gros changements. Encore une fois, les municipalités de 50 000 à 100 000 habitants sont les plus faciles à gérer.»

Dans cette catégorie de villes de taille moyenne, Drummondville remporte à nouveau la palme grâce à des dépenses en moyenne 21,8 % moins élevées que les autres villes. Les dépenses municipales moyennes par habitant s'élèvent à 1130 $.

Une question de choix

Des faibles coûts ne signifient pas nécessairement une bonne gestion, mais peuvent dénoter des choix particuliers. «En matière de déneigement, par exemple, certaines villes décident de souffler la neige dans des camions, alors que d'autres l'envoient sur les terrains en bordure de rue. Les coûts sont nécessairement différents. C'est une question de choix. Ce qui devient intéressant, c'est quand on note des écarts que nous ne sommes pas capables d'expliquer.»

En matière de déneigement, Sherbrooke arrive justement au premier rang pour le coût de chaque kilomètre de voie, avec 4978 $, une performance pratiquement deux fois meilleure que la moyenne de son groupe. Le coût est par exemple quatre fois plus élevé à Montréal.

Si Sherbrooke obtient parfois de très bons résultats, il importe de mentionner qu'elle se situe justement dans la même catégorie que Montréal et Québec, deux villes qui font généralement monter la moyenne des coûts. Il n'en demeure pas moins que l'augmentation du coût de la voirie par kilomètre de voie aurait bondi de 24,6 % à Sherbrooke entre 2009 et 2012.

À une période où le débat sur la rémunération des employés municipaux fait rage, le Centre sur la productivité a compilé des données sur le salaire des cols bleus, des cols blancs et des cadres. «Ce qu'on dénote, c'est que tout le monde est relativement bien payé dans le secteur municipal. Dans la catégorie où se trouve Sherbrooke, on comprend que Montréal et Québec payent très bien leurs employés et leur offre des avantages sociaux intéressants», précise M. Gagné.

Du point de vue de la rémunération, Sherbrooke conserve la moyenne la plus basse en termes de rémunération totale moyenne à 76 732 $, incluant les avantages sociaux. Idem pour la rémunération moyenne de cols bleus, à 58 573 $. Paradoxalement, la Ville de Sherbrooke est celle qui compte le plus de cols bleus par 100 habitants, dans sa catégorie, et est aussi la deuxième ville à compter le plus d'employés municipaux par 100 habitants.

Dans le même domaine, Drummondville se démarque également alors que Thetford Mines se montre plus dépensière. C'est particulièrement à la rémunération des cols blancs que le montant est élevé. À 75 797 $, il est 17 000 $ plus élevé qu'à Sherbrooke et 32 000 $ plus élevé qu'à Drummondville.

Saint-Isidore-de-Clifton au premier rang

Dans l'ensemble de la région administrative de l'Estrie, le classement général place Saint-Isidore-de-Clifton au premier rang, avec des dépenses en moyenne 39,4 % moins élevées que les autres. Suivent dans l'ordre Dixville et Saint-Georges-de-Windsor. À l'autre bout du spectre, les villes d'Orford, Hatley et North Hatley ferment la marche. North Hatley dépenserait en moyenne 89,4 % de plus que les villes de taille comparable.

«Les petites municipalités doivent répartir des coûts importants sur un faible nombre d'habitants. L'idée d'un palmarès est de regrouper des villes semblables dans des groupes de référence, mais ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas tenir compte des différences», prévient Robert Gagné. «Il y a toujours la possibilité que la Ville n'ait pas transmis les bonnes données dans son rapport financier envoyé au ministère.»

Quant à Magog, elle dépense 2,1 % moins que les autres en moyenne, tandis que Victoriaville présente des déboursés 13,8 % sous la moyenne. À Thetford Mines, cette proportion, également sous la moyenne provinciale, se chiffre à 9 %.

«Notre intention initiale est de combler une lacune importante au Québec. Même si les données existent, elles sont difficilement accessibles pour les citoyens et les médias. Le palmarès permet à tout le moins de soulever des questions.»

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