Que se passe-t-il à la SADC de la région Coaticook?

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(Coaticook) Sur le site web de la SADC (Société d'aide au développelement des collectivités) de la région de Coaticook, on soulignait récemment le départ du conseiller aux entreprises Carl Chamberland après un peu moins de deux années de service. Démission suivie le vendredi 26 septembre de la mise à pied du dernier conseiller aux entreprises. Des départs qui marquent la perte d'un neuvième et dixième employés, et ce, en seulement un peu plus de quatre ans. Une hémorragie interne qui a débuté en juin 2010, soit un an après l'embauche de Joanne Beaudin à titre de directrice générale, incluant la perte de trois employées cumulant plus de 40 ans d'expérience au sein de l'organisme.

Considérant que l'équipe de la SADC se compose d'une direction générale et de quatre employés, le personnel se sera entièrement renouvelé deux fois. Ce roulement ne tient pas compte de deux employés externes que la SADC partage avec d'autres SADC et organismes de la région sous l'entité Concertaction Estrie. Ces employés sont eux-mêmes localisés à East Angus. Rappelons que la SADC est un organisme à but non lucratif dont la mission est de «contribuer à l'essor et aux mieux-être de sa collectivité», notamment en offrant des services et du financement aux entreprises et aux organismes de son territoire. À l'exclusion des institutions financières, c'est elle qui détient la plus grande capacité d'investissement de la MRC de Coaticook.

Interrogés quant aux facteurs ou aux causes ayant pu expliquer ce taux de roulement élevé du personnel, le président et la directrice générale se sont montrés des plus discrets. «On ne peut pas retenir les gens et je ne peux pas dire pourquoi les gens ont quitté, c'est leur prérogative personnelle, explique Serge Gosselin. Ce que je regarde en tant que président c'est : est-ce que la SADC donne un bon service et est-ce que les gens sont satisfaits?»

«Par respect pour les gens qui ont quitté ou avec qui nous avons cessé le lien d'emploi, il ne m'est pas possible de commenter, déclare Joanne Beaudin. Je crois que toutes les entreprises, que ce soit dans le domaine public ou privé, vivent des choses dans la gestion des ressources humaines. Par devoir de confidentialité, ce qui arrive à la SADC, ce n'est pas quelque chose dont on veut parler sur la place publique.»

Il est vrai qu'il n'est pas rare qu'un employé utilise ces organismes de développement (SADC, CLD, MRC et autres) pour acquérir de l'expérience et ensuite offrir ses services à un employeur offrant un meilleur salaire et des possibilités d'avancement plus alléchantes. Ce n'est pas le cas de la SADC où ces départs ont principalement comme point commun «un climat de travail difficile».

De fait, au plus fort de la crise en 2011-2012, la SADC et Mme Beaudin ont toutes deux eu recours à des avocats. Suivant les témoignages d'ex-employées, ces dépenses ont entièrement été assumées par la SADC. À cette époque, les employées avaient acheminé plusieurs correspondances, individuelles et collectives, au président et/ou aux membres du conseil d'administration afin de faire état de la situation. Le conseil d'administration avait alors fait appel à une première firme de ressources humaines, André Filion & Associés inc., laquelle recommandait trois pistes de solution : la mise à pied de la direction, la mise à pied des employés ou la médiation.

Dans une ultime tentative de concilier les parties, le conseil d'administration a retenu cette dernière solution en recourant à une seconde firme, le Groupe GCRH. Le processus de médiation s'est soldé par la perte de toutes les employées, des démissions pour une grande part. «Nous avons fait appel à des firmes externes et, en ce qui me concerne, je considère que la situation a été réglée», affirme Serge Gosselin.

Depuis lors, le Groupe GCRH agit auprès de la SADC comme consultant en ressources humaines, notamment pour l'embauche du personnel. Ce fut le cas de Sylvie Frenette, conseillère aux entreprises, qui a elle aussi présenté sa démission moins d'un an après son embauche en février 2013, et ce, pour les mêmes raisons que ses prédécesseures, des employées qu'elle n'avait jamais côtoyées. Le conseil d'administration n'a jamais donné suite à la correspondance de Mme Frenette.

Pourtant, le dernier rapport de consultation sur le climat de travail déposé en février 2014 par le Groupe GCRH à la SADC mentionne que «tous les employés interrogés nous ont dit qu'il régnait un bon climat de travail à la SADC de Coaticook.» «Difficile de dire autrement lorsque tu sais que la consultante travaille main dans la main avec la direction et que tu sais fort bien que tu risques de perdre ton emploi», a fait remarquer à La Tribune un des employés, lequel tenait à conserver l'anonymat.

Face à cette hémorragie persistante, le principal bailleur de fonds de la SADC, Développement économique Canada, a déclaré que «la gestion des affaires de la SADC est une question interne et n'est donc pas du ressort de DEC. Ce que nous gérons, c'est une entente de contribution avec cet organisme. Notre responsabilité est de nous assurer que les termes de l'entente soient dûment respectés, ce que nous faisons avec diligence et rigueur, en conformité avec les normes en vigueur au sein du gouvernement du Canada.»

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