Cascades: c'est la fin pour 180 employés à East Angus

La cloche sonnera pour la dernière fois aujourd'hui à la papetière Cascades... (Imacom, Jessica Garneau)

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<p>Christine Bureau</p>

(East Angus) La cloche sonnera pour la dernière fois aujourd'hui à la papetière Cascades d'East Angus. Malgré la nouvelle de la fermeture qui leur est tombée dessus il y a trois mois, les 180 employés quittaient hier l'usine la tête haute, résolument tournés vers l'avenir.

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Sylvain Fortier.

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« C'est sûr que ce n'était pas la grande joie, mais les gens ont travaillé fort jusqu'au bout. Ça m'a surpris », fait remarquer Pierre Nadeau, qui travaillait à l'expédition. Même si la dernière machine a cessé de fonctionner il y a quelques jours, Cascades avait garanti du travail à ses employés jusqu'à vendredi. Ces derniers devaient nettoyer et préparer l'usine en vue de la remiser pour l'hiver.

« Je suis agréablement surpris du professionnalisme et du travail des employés. Ils sont restés jusqu'au bout », constate le vice-président du Syndicat des travailleurs des pâtes et papiers, Paul Corriveau. Et compte tenu des circonstances, le moral était là, ont jugé la majorité des employés croisés à la sortie de l'usine hier. Il s'agissait pour certains de leur dernier jour de travail chez Cascades, après des décennies passées là-bas.

« Ça faisait quelques années qu'on s'en doutait. Je me gardais un plan B », confie le technicien en pâtes et papiers, Sylvain Fortier. À l'emploi de Cascades depuis 24 ans, ce dernier a décidé de retourner sur les bancs d'école. Depuis septembre, il suit des cours en Technologie de l'électronique industrielle au Cégep de Sherbrooke. « L'avantage, c'est que mon épouse me supporte. Je suis heureux du choix que j'ai fait, j'ai toute l'énergie d'un jeune étudiant », ajoute-t-il du haut de ses 45 ans.

«Les employés ici ont fait des miracles avec ce qu'ils avaient.»


Dans le secteur du service où il travaillait, la plupart ont trouvé un autre emploi ou reçu une offre sur laquelle se pencher. Mais pour ceux qui cherchent toujours, il espère que les employeurs prendront au moins le temps de recevoir les travailleurs en entrevue. « Les employés ici ont fait des miracles avec ce qu'ils avaient. [...] On produisait du papier de qualité avec le peu d'équipements de qualité qu'on avait », raconte-t-il.

Pour Réjean Dugal, employé depuis 37 ans chez Cascades, l'heure de la semi-retraite a sonné. « Je me suis trouvé une job de 20-22 heures par semaine, juste pour le plaisir », dit-il. Comme plusieurs autres, il a été peu surpris par l'annonce de Cascades il y a trois mois. « Les vieux sentaient quelque chose, ça n'allait pas comme avant. [...] Là, y en a certains aujourd'hui que la fermeture vient de frapper en plein front», glisse-t-il.

Rentré il y a tout juste un an, Mike Aubé ira quant à lui chercher son permis de classe 1. « Le plus rough, c'est de perdre nos chums. [...] Quand on a appris la nouvelle, c'est sûr qu'on trouve ça triste, mais nous on est jeunes, on est capable. Il y a des gens qui sont ici depuis 30 ans et pour qui la boule d'émotions est plus grosse », dit-il.

Même s'il garde le moral, Mario Ménard est l'un de ceux qui a trouvé qui a trouvé l'ambiance difficile durant les dernières semaines. « Le moral n'était pas là. Je suis vraiment surpris que les gars aient toughé comme ça », a-t-il lancé. Contremaître remplaçant, il travaillait depuis 17 ans pour Cascades. Selon lui, entre 30 à 40 % des employés ont réussi à se trouver un autre emploi.

Le vice-président du syndicat précise quant à lui qu'une vingtaine d'employés « ont traversé l'autre côté du pont » pour aller travailler à la cartonnerie. D'autres ont trouvé chez Canam Manac, en Beauce. En tout, 140 personnes s'étaient inscrites au comité de reclassement, incluant les cadres, a poursuivi Paul Corriveau. Âgé de 50 ans, ce dernier a décidé de se donner du recul. Il termine au moins avec l'impression que tout a été fait par les employés pour tenter de sauver l'usine. « Tout, tout, tout, tout, tout ! » lâche-t-il, de l'engagement des travailleurs envers la coopérative aux rencontres qui ont eu lieu avec la direction de Cascades après l'annonce de la fermeture. « Tout! »

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