Valoris hausse ses tarifs de 53 %

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Le centre de valorisation des matières résiduelles Valoris impose une hausse de tarif de 53 % à la Ville de Sherbrooke et à la MRC du Haut-Saint-François pour éviter d'enregistrer un déficit.

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(Sherbrooke) Valoris augmente ses tarifs pour une deuxième fois en moins d'un an pour éviter d'enregistrer un déficit. Le coût de traitement des matières résiduelles grimpe donc de 45 $ la tonne pour passer à 129,24 $ pour Sherbrooke et la MRC du Haut-Saint-François.

Pour Sherbrooke, qui avait déjà essuyé une hausse de tarif de 10 $ la tonne à la fin de 2016, il s'agit de dépenses supplémentaires de 700 000 $ en 2017 et de 1,4 M$ en 2018.

« Depuis l'automne 2015, les matières résiduelles qui sont acheminées à la régie intermunicipale sont d'abord triées et valorisées. Valoris a réussi à ce jour à atteindre un taux de détournement supérieur à 25 % [...] », résume Jean-François Sornin, directeur général de Valoris, pour expliquer la mission de l'organisation.

M. Sornin, en poste depuis janvier, relève que les revenus de vente des matières triées sont inférieurs aux prévisions. « Le prix de vente des matières varie de mois en mois. Le fait que nous ne recevons presque plus de papier journal, par exemple, a un impact sur le volume des matières que nous traitons, donc sur les revenus. »

Les coûts des activités et de l'entretien sont aussi plus importants que prévu, sans compter que Valoris a enregistré un déficit de 615 000 $ en 2016.

1 % d'augmentation de taxes

« Il s'agit d'une augmentation des coûts de 53 %. L'impact sur le budget municipal sera de près de 700 000 $ pour cette année. C'est significatif comme impact. Pour l'an prochain, 1,4 M$, ça représente 1 % d'augmentation de taxes », a commenté le maire Bernard Sévigny. Cette année, les dépenses imprévues seront puisées à même les surplus accumulés.

« Il y a eu peu de hausses annuelles, alors il y a une certaine notion de rattrapage. L'objectif est de rendre le centre de tri le plus performant possible et d'en venir à limiter ou diminuer la tarification. La seule stratégie que nous avions pour le moment était celle-ci. Pour moi, il est normal de voir ça dans une entreprise qui est naissante, dans un marché nouveau avec des technologies complexes », précise Jean-François Sornin.

M. Sévigny a ajouté que la moindre des choses était d'expliquer les raisons de ces changements de tarifs. « Valoris est un dossier complexe sur les plans de la technologie, du marché et juridique. Lorsque les situations se corsent, la moindre des choses, c'est d'aviser le comité exécutif et de ne pas hésiter à faire appel aux services juridiques de la Ville.

Entente de confidentialité

« Quand Valoris a demandé 300 000 $ additionnels à la fin de l'année, nous avons posé des questions, mais les quatre élus qui siègent à Valoris avaient signé une entente de confidentialité avec un procureur de Montréal. Je leur ai posé des questions, mais ils n'ont jamais voulu répondre. On se retrouvait dans une situation où le maire, pour une entreprise qui appartient à 50 % à la Ville de Sherbrooke, ne pouvait avoir aucune information sur les orientations, sur ce qui était en train de se passer. Il a fallu forcer la note pour corriger la situation. »

Les élus siégeant à Valoris sont Hélène Dauphinais, David Price, Annie Godbout et Kathleen Gelinas. Deux fonctionnaires, Denis Gélinas et le directeur général adjoint, René Allaire, y siègent également. Tous avaient signé l'entente de confidentialité, une mesure qui n'est pas unique à cette organisation, font valoir les élus.

« L'entente de confidentialité a duré un mois. Après, nous avons appuyé la demande de M. le maire de fonctionner autrement. Il ne faut pas oublier que Sherbrooke n'est pas toute seule dans Valoris », a rétorqué Hélène Dauphinais, vice-présidente de Valoris.

Parmi les mesures correctives suggérées, Jean-François Sornin souligne l'embauche d'un contrôleur financier, la revue de la structure organisationnelle et l'optimisation des achats et des ventes de matières. Des études sont en cours pour orienter l'avenir de Valoris. Les activités devraient donc être plus stables au milieu de 2018. Pour l'instant, il n'est pas question d'autres changements tarifaires.

Un suivi plus fréquent

« S'il y a un point positif, c'est que nous avons l'impression que le bateau est stabilisé, que nous savons où nous allons. Nous ne faisons pas que la gestion des dommages », a réagi le conseiller Bruno Vachon.

Rémi Demers a pour sa part demandé un suivi plus fréquent du dossier de Valoris au conseil municipal. Vincent Boutin partage sa position.

La hausse des tarifs, de 20 $ pour les autres clients municipaux, pour passer à 114,24 $ la tonne, est en vigueur depuis le 1er juillet.

Hélène Dauphinais invite par ailleurs les Sherbrookois à continuer de faire le tri à la source.

Enfin, Valoris fait l'objet de litiges avec trois fournisseurs. Jean-François Sornin mentionne que les dossiers avancent même si aucun n'est complètement réglé pour le moment.

Valoris est le résultat d'un partenariat entre la Ville de Sherbrooke et le Haut-Saint-François signé en août 2009. Il s'agissait, en 2016, de la première année complète d'activités pour les trois lignes de tri.




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