Village des valeurs à Sherbrooke: Estrie Aide compte réécrire David contre Goliath

Claude Belleau, directeur général d'Estrie Aide.... (Spectre média, Jessica Garneau)

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Claude Belleau, directeur général d'Estrie Aide.

Spectre média, Jessica Garneau

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<p>Chloé Cotnoir</p>
Chloé Cotnoir
La Tribune

(SHERBROOKE) Est-ce que l'arrivée du Village des valeurs à Sherbrooke inquiète l'organisme Estrie Aide? Certainement. « Mais vous savez ce que l'on va faire? On ne va pas essayer d'être meilleur qu'eux. On va essayer d'être meilleur que nous-mêmes pour garder notre monde  », lance Claude Belleau, directeur général de l'entreprise d'économie sociale.

Les deux entreprises vendent de l'usager, des vêtements aux meubles en passant par les vélos. Les deux détournent des milliers de tonnes de déchets des sites d'enfouissement. La différence majeure se situe toutefois dans leur mission. Le Village des valeurs est une entreprise à but lucratif avec 20 000 employés à travers le monde; Estrie Aide est une entreprise d'économie sociale de quelque 50 employés.

« Le Village des valeurs a tous les droits de s'établir à Sherbrooke. C'est un nouveau commerce, et ce sont simplement les lois du marché. D'aucune façon nous pouvons nous opposer à leur venue », précise d'entrée de jeu M. Belleau.

« Mais on ne se laissera pas écraser par eux. J'ai déjà dit à ma gang que l'histoire de David et Goliath, nous allons en écrire une nouvelle page », soutient le directeur général qui dit avoir plusieurs idées en tête pour qu'Estrie Aide se démarque et continue d'attirer bon an mal an près de 200 000 clients.

« Je n'ai pas peur pour la motivation de mon équipe, on va se retrousser les manches, mais j'espère que les Sherbrookois feront la part des choses et comprendront l'importance de notre vocation sociale. Tout l'argent qui entre ici est redonné à la communauté par les emplois que nous offrons à des gens qui ne correspondent pas nécessairement au travailleur typique.

« On donne également environ 100 000$ par année directement de nos fonds à la communauté sous forme de dons aux plus démunis, de financement aux organismes communautaires ou de projets », souligne M. Belleau.

S'il consent que l'attrait de la nouveauté pourrait inciter certaines personnes à aller faire un détour vers les locaux de l'ancien Brico-Max au lieu de ceux situés sur la Wellington Sud, M. Belleau émet tout de même le souhait que les Sherbrookois saisissent l'importance de faire des achats responsables, que ce soit à Estrie Aide ou dans des petites friperies locales.

« Il y a une multitude de petites friperies à Sherbrooke qui pourraient être touchées par l'arrivée du Village des valeurs. Même chose pour le partage Saint-François, l'Armée du salut... Les actions de promotion que la Village des valeurs va déployer seront énormes avec tous les moyens qu'ils ont. Reste à voir quelle décision prendront les Sherbrookois », résume le directeur général.

La Sherbrookoise Sita Singh a accepté de jouer... (Collaboration spéciale, René Marquis) - image 2.0

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La Sherbrookoise Sita Singh a accepté de jouer le modèle devant la lentille du photographe René Marquis. Elle était vêtue de rideaux provenant de chez Estrie Aide qui, une fois bien ajustée, ressemblaient parfaitement à un traditionnel sari indien.

Collaboration spéciale, René Marquis

L'humanité de Sherbrooke en photos

Il y a eu Humans of New York, puis Portraits de Montréal. Sherbrooke aura à son tour son projet photo qui met de l'avant l'humanité. Avec une touche écolo.

L'idée émane du directeur général d'Estrie Aide Claude Belleau : faire une série de portraits mettant en valeur des Sherbrookois, habillés de vêtements recyclés sélectionnés dans les présentoirs de l'entreprise sise sur Wellington Sud.

« Le projet est l'oeuvre de plusieurs personnes. Il vise à mettre en valeur l'histoire et la couleur de différentes personnes par des portraits », explique M. Belleau.

Huit photographes ont accepté de sortir leur lentille pour l'oeuvre. Ils ont chacun été jumelés à un modèle issu de la communauté sherbrookoise. Le propriétaire de la boutique Glori. Us, Jean-François Bédard, a pour sa part pris part au projet à titre de styliste. Jusqu'à présent, quatre séances photo ont eu lieu. Quatre autres sont à venir dans les prochaines semaines. L'exercice culminera par un vernissage dans les locaux d'Estrie Aide en septembre.

« Nous avons trouvé des personnes avec des profils complètement différents qui ne représentent pas des beautés classiques, mais des beautés de vie. Je les appelle des sacs à dos » image M. Belleau.

« Nous avons une belle diversité, poursuit Vanessa Cournoyer-Cyr, coordonnatrice du projet. Un de nos modèles à 16 ans et une autre à 80 ans! Nous avons également une personne transsexuelle. Au fil du temps on a retravaillé le projet pour moins mettre l'accent sur les vêtements et plus sur la couleur humaine. »

À chacune des séances photo, modèle, photographe, styliste et maquilleuse se rencontrent chez Estrie Aide pour sélectionner quelques morceaux.

« Ils ont carte blanche. Quand on réunit des créatifs, la meilleure chose à faire est de les laisser triper », soutient M. Belleau.

C'est ainsi que le photographe René Marquis a tiré le portrait de Sita Singh vêtue d'un sari, habit traditionnel indien, devant un mur de graffitis, inspiré par la jeune fille afghane aux yeux verts en couverture du magazine National Geographic de juin 1985.

« Ça ressemble vraiment à un habit traditionnel, mais en vérité ils ont utilisé des rideaux et d'autres accessoires trouvés dans nos locaux », révèle M. Belleau.

Plus de visages à découvrir?

Après l'exposition prévue en septembre dans les locaux d'Estrie Aide, les clichés tirés du projet collectif pourraient se promener au centre-ville. « D'autres commerces ou restaurants pourraient être intéressés à les afficher », confirme M. Belleau.

Ils pourraient également être aperçus sur Internet. « On jongle à l'idée d'avoir une page Facebook ou d'utiliser d'autres médiums pour faire voyager les photos », poursuit Mme Cournoyer-Cyr.

Mais est-ce que le projet pourrait être amené à grandir et mettre en valeur plus de Sherbrookois?

« Oui, les huit portraits que nous réalisons nous permettent de nous ajuster dans ce projet, mais c'est certain qu'on voit un engouement pour une deuxième phase. Ne serait-ce que par l'enthousiasme des gens qui participent tous de façon bénévole », admet Mme Cournoyer.

D'autres Sherbrookois pourraient ainsi se faire tirer le portrait dans les prochains mois.

« Il y a tellement d'autres histoires à dévoiler », conclut la coordonnatrice.




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