Ergothérapeute dans les écoles : la CSRS ferme la porte

Des services d'ergothérapie sont offerts dans certaines classes... (Spectre média, René Marquis)

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Des services d'ergothérapie sont offerts dans certaines classes de la CSRS dans le cadre de stages, mais l'organisation n'entend pas créer de poste dans ce domaine.

Spectre média, René Marquis

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(SHERBROOKE) La Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) a tranché : elle ne créera pas de poste d'ergothérapeute.

C'est la réponse qu'a obtenue Emmanuelle Jasmin, ergothérapeute et professeure à l'Université de Sherbrooke, qui avait lancé une pétition afin de convaincre l'organisation de créer un tel poste dans ses rangs. Mme Jasmin a rencontré la direction de la CSRS, récemment, dont le directeur général André Lamarche.

« Ils nous ont dit qu'ils comprenaient la pertinence de l'ergothérapie, mais qu'ils ne pouvaient pas créer de poste », explique Mme Jasmin. « Ce qu'ils ont dit, c'est que ça relève des écoles. Ils n'ont aucun pouvoir de décision. Ce serait plus au niveau du ministère (de l'Éducation), il faut que le Ministère leur alloue l'argent... »

Elle rappelle toutefois que des commissions scolaires dans le secteur de la métropole embauchent des ergothérapeutes.

Dans une lettre ouverte récemment, Mme Jasmin et ses collègues demandaient à Québec d'inclure l'ergothérapie dans son « plancher de services » professionnels offerts aux élèves.

Avec l'ajout de ressources en milieu scolaire annoncé par le ministre de l'Éducation Sébastien Proulx, Mme Jasmin et ses collègues y voyaient l'occasion d'ajouter des ressources en ergothérapie dans les écoles. Elles invitaient du même coup le ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur (MÉES) à inclure l'ergothérapie dans son plancher de services. Québec a annoncé l'embauche de quelque 1500 professeurs, éducateurs spécialisés et autres professionnels en vue de la prochaine rentrée scolaire.

L'ergothérapie en milieu scolaire permet d'améliorer les habiletés de tous les élèves, plaide Mme Jasmin.

« À court terme, il est hors de question d'engager des ergothérapeutes », indique le directeur général de la CSRS, André Lamarche.

« On a un plan d'effectifs traditionnels, avec des psychoéducateurs, des psychologues, etc. Actuellement, si on voulait en engager, déjà qu'on investit entre 1,2 M$ et 1,8 M$ par année de plus que ce qu'on est financé, il faudrait que j'en enlève », fait-il valoir. « Il n'y a pas actuellement de financement spécifique pour les ergothérapeutes (...) Ce qui n'ôte pas la qualité de leur travail. On a regardé ce qu'il y a à faire. Par contre, je pense que le niveau où il y a une intervention à faire, il est politique. »

Quant aux organisations qui ont fait ce choix, il s'agit de « très grosses commissions scolaires », plaide M. Lamarche. « Ça peut être un choix qui a été fait à un moment donné quand il y avait une marge de manoeuvre. À Sherbrooke, on a des liens d'emploi, notre plan d'effectifs est plein. »

À l'exception de quelques commissions scolaires, l'embauche d'ergothérapeutes demeure rare au sein de ces organisations.

La proportion d'ergothérapeutes qui travaillent en milieu scolaire est beaucoup plus faible au Québec qu'ailleurs au Canada, notamment en Alberta. Des services d'ergothérapie sont offerts dans des classes de maternelle depuis quatre ans en milieu défavorisé, par l'entremise de stages de l'École de réadaptation de l'Université de Sherbrooke.




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