Une piste pour économiser jusqu'à 900 000 $ par an

Hydro-Sherbrooke pourrait économiser entre 600 000 et 900...

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Hydro-Sherbrooke pourrait économiser entre 600 000 et 900 000$ par année en gérant le chauffage à distance, à l'aide de thermostats intelligents bidirectionnels, croit le vérificateur général, Claude Cournoyer, dans son dernier rapport.

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(SHERBROOKE) Gérer le chauffage à distance, à l'aide de thermostats intelligents bidirectionnels, pourrait permettre à la Ville de Sherbrooke d'économiser entre 600 000 et 900 000 $ par année. C'est du moins ce que croit le vérificateur général, Claude Cournoyer, qui fait la recommandation de lancer un projet-pilote de contrôle de chauffage. M. Cournoyer livrait son rapport lundi, lui qui termine son mandat de sept ans à la fin de la semaine.

« Ces thermostats permettent de contribuer à réduire la pointe de consommation d'énergie le matin en surchauffant de quelques degrés durant la nuit, pour laisser aller le chauffage quand les gens se réveillent et que c'est la période de pointe. Ça n'affecte en rien le confort des gens », résume-t-il.

C'est que la Ville de Sherbrooke achète 95 % de son énergie chez Hydro-Québec et que le tarif sera en partie basé sur la pointe annuelle, soit le moment dans l'année où la consommation d'énergie a atteint son maximum.

Avec une hypothèse conservatrice où on l'appliquerait à 2536 résidences, le programme permettrait de dégager des économies récurrentes de 600 000 $ et d'obtenir un retour sur l'investissement en 2,8 ans. Avec un déplacement par lots sur 6656 résidences, le potentiel d'économies grimpe à 900 000 $ par année et le retour sur l'investissement prendrait 4,8 ans.

« Hydro-Québec a fait beaucoup de tests sur ces équipements. Il y a eu un projet-pilote au Nouveau-Brunswick et personne ne voyait la différence. Il y a des avantages pour les gens et pour les distributeurs. Le chauffage peut toutefois être modifié manuellement. Le client peut même le contrôler avec son téléphone intelligent. »

La Ville elle-même a dû changer sa programmation pour ses propres bâtiments pour générer des économies de 150 000 $. « Il y a un paquet de bâtiments de la Ville qui n'étaient sur aucun programme pour aider la Ville, notamment le Centre de foires. On baissait le chauffage la nuit et on le remontait avant que les employés arrivent, ce qui n'aidait pas la pointe. Dans les stations de pompage, les bassins se remplissaient automatiquement. Maintenant, nous pouvons déterminer à quel moment ils se remplissent pour éviter les périodes de pointe. »

Il a par ailleurs été relevé que la performance des leviers de délestage, évaluée à 44 % il y a sept ans, a grimpé à 63 %.

Bilan de mandat

Claude Cournoyer a également effectué un bilan de ses sept années de mandat. Il sera remplacé en janvier par Andrée Cossette, actuellement vérificatrice générale à la Ville de Trois-Rivières. M. Cournoyer a soulevé que 76 % de ses recommandations, entre 2010 et 2014, avaient été réalisées. Il retient toutefois deux déceptions.

« Nous n'avons pas encore de système d'évaluation des cadres de la Ville. Ça fait quelques années que c'est reporté. La Ville n'a pas donné suite à ma recommandation d'intégrer les technologies de conduite écoresponsable pour les employés de la Ville. Je n'ai pas la science infuse. Mon opinion est que c'était excellent. Toutes les municipalités qui ont implanté ça m'ont parlé de beaucoup de résultats positifs. »

M. Cournoyer soulève qu'au public, il faut beaucoup plus de temps qu'au privé pour appliquer les recommandations. « Il y a une résistance évidente au changement. Une expression en anglais dit que le poisson pue de la tête en premier. La vision du haut de la pyramide aura un impact très important sur l'organisation et la façon dont les mandats du vérificateur général vont se dérouler. Lorsqu'on croit à l'amélioration continue, il y a toujours place à amélioration. »

Enfin, de manière générale, Claude Cournoyer souhaite que la nouvelle instance qui analysera les marchés publics permette à un vérificateur général de lui transférer un dossier pour qu'elle agisse comme l'inspecteur général de la Ville de Montréal, soit qu'elle puisse mettre fin à un appel d'offres. Il ajoute qu'il souhaiterait que les comités de vérification comptent des membres indépendants compétents pour atteindre les plus hauts standards dans le privé. Il ne s'agit toutefois pas d'un reproche envers le comité de Sherbrooke, où tous les membres sont des élus.

Sévigny : « Si ça vaut le coup, on va le tenter »

La Ville analysera la possibilité d'adopter un projet-pilote pour contrôler le chauffage à distance, mais n'a pris aucune décision pour le moment. Le maire Bernard Sévigny croit que la Ville peut continuer de s'améliorer sans appliquer à la lettre toutes les recommandations du vérificateur général.

« Nous analyserons la recommandation. Quand il arrive avec des propositions de ce type -là, il n'est pas seulement question d'ajustements. C'est d'initier un projet-pilote, alors ce sera analysé par la direction d'Hydro-Sherbrooke et le conseil de direction. Je ne peux pas dire à ce moment-ci si nous nous engagerons là-dedans. Ce sont toujours des économies importantes. Quand il y a des opportunités d'économies, on les saisit. Si ça vaut le coup, on va le tenter », commente M. Sévigny.

Le maire admet qu'il y a toujours place à amélioration. « On vit dans un monde perfectible. Ce serait faux de prétendre que ce que nous faisons est parfait. L'idée c'est de se donner une culture pour se remettre en question, s'améliorer et optimiser nos ressources. Ça fait partie de la vie des organisations, particulièrement des organisations publiques. »

Déceptions

Bernard Sévigny répond d'ailleurs aux deux plus grandes déceptions du vérificateur Claude Cournoyer. L'idée des pratiques de conduite écoresponsables n'est pas abandonnée, dit-il. « Si le timing et le contexte font en sorte qu'on s'inscrit là-dedans, pourquoi pas. C'est sympathique, mais mettre ça en oeuvre, c'est autre chose. Je comprends qu'il y a des économies au bout de ça, une réduction des gaz à effet de serre, mais la loi est ainsi faite que le vérificateur fait des recommandations et qu'il en tient au conseil de décider. Oui il y a des recommandations pour lesquelles nous ne donnerons jamais suite. Manifestement, nous n'atteindrons pas 100 % d'application. C'est la nature des choses. Le pouvoir qu'il a est un pouvoir de recommandation. »

Les recommandations de 2003 à 2008 ont néanmoins été appliquées à 95 %.

« Il y a de l'évaluation des cadres qui se fait, mais pas de la façon que propose le vérificateur général. Y a-t-il lieu de s'adapter : oui. Le directeur général en a pris bonne note. Nous avons un nouveau directeur des ressources humaines. C'est le genre de sujet que nous aborderons avec lui. »

Quant aux comités de vérification, où Claude Cournoyer souhaite voir siéger également des membres indépendants, Bernard Sévigny réplique que la question a déjà été amenée à l'Union des municipalités du Québec. « C'est un débat entier, un peu plus complexe que de dire de mettre des gens de l'extérieur. La proposition a déjà été faite par le gouvernement du Québec et ça n'a pas été mis en application parce qu'il y a eu un débat là-dessus. Je ne suis pas certain que c'est la solution d'emblée. Mais il faut que des membres du comité exécutif y soient. »




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