Trop tard pour freiner un projet de station-service

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Des travaux sont déjà en cours pour la construction d'une station-service au coin des rues Dunant et Belvédère.

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(Sherbrooke) Il est trop tard pour empêcher la construction d'une station-service au coin des rues Dunant et Thibault. C'est en substance ce qu'ont affirmé le maire Bernard Sévigny et le président du conseil municipal, Serge Paquin, après qu'une vingtaine de citoyens eurent dénoncé le projet en construction dans le secteur Ascot et qu'une pétition de 879 noms eut été déposée.

« Il est vrai que dans le règlement 1200, le terrain est zoné résidentiel, mais dans l'ancien règlement d'Ascot, le commercial était permis. Le promoteur est venu chercher son permis avant le dépôt du règlement 1200, donc il tombe en droits acquis. Il aurait été impossible de refuser un permis qui est conforme à notre règlement en vigueur », a expliqué Michael Howard, directeur du Service de la planification urbaine et du développement durable à la Ville de Sherbrooke.

« Nous aurions pu être forcés par la cour à délivrer le permis », résume Serge Paquin. « La Ville ne peut rien faire concrètement. Elle ne possède pas de pouvoir d'expropriation pour un projet qui respectait le règlement en vigueur. La seule solution serait que la Ville fasse l'acquisition du terrain. On n'ose même pas penser au prix qui pourrait être demandé. »

Bernard Sévigny confirme qu'il est tard pour intervenir. « Les inquiétudes, je les comprends et elles sont légitimes. Il y a des montages de roc au coin Dunant et Thibault. Ça fait peur quand on voit ça. L'ennui c'est que le permis est déjà délivré. Quand on nous demande de travailler avec les citoyens, le but ultime est d'empêcher la construction. Si nous ne respectons pas le permis, c'est clair qu'on se fait poursuivre. Il y a des conséquences à ça. »

Inquiétudes

Dominique Vigneux-Parent et Mélanie Pelletier ont été les premières à exposer des inquiétudes devant le conseil municipal. Elles ont indiqué craindre pour la quiétude et la qualité de vie des résidants. À tour de rôle, elles ont évoqué les risques de contamination du sol, des risques pour la sécurité des piétons et des cyclistes et des risques accrus de vols et d'incendie. Une pétition lancée le 15 juin avait déjà recueilli 879 signatures. « Il y a déjà trois stations-service et cinq dépanneurs dans un rayon de 1,5 km », ont-elles plaidé, tout en demandant pourquoi les citoyens n'avaient pas été consultés avant le début des travaux.

Karine Godbout, candidate aux élections dans le district d'Ascot, prévient que l'opposition relève de bien plus que du « pas dans ma cour ». « Nous avons de la misère à comprendre la décision de la Ville d'échanger ce terrain à un promoteur en sachant que le zonage changerait quelques mois plus tard. Ce n'est pas à notre secteur à payer pour le développement du boulevard René-Lévesque. »

Rappelons que le promoteur avait reçu ce terrain de la Ville en échange d'un terrain qui permettra la construction de l'école C, dans Rock Forest.

« Des échanges de terrain, on fait ça régulièrement. Ce ne sont pas des choses que nous faisons pour aller à l'encontre des citoyens. On peut prendre chacun des permis que nous délivrons et derrière chacun, il y a des histoires. Celle-là n'est pas exceptionnelle, dans le sens que le promoteur bénéficie d'un zonage qui était permis dans Ascot. C'est ce que fait le règlement 1200 : il régularise des situations avec lesquelles on vivait depuis une douzaine d'années. On ne prend pas des décisions sur des sensibilités, mais sur des faits, et les faits sont que les critères étaient respectés pour obtenir un permis. »

Enfin, Nenad Dukic, voisin du terrain de la station-service, rapporte avoir investi 50 000 $ dans sa propriété dans les dernières années et craint une dévaluation de sa propriété. Il dit que les travaux en cours ont causé des dommages à sa résidence en plus de perforer la toile de sa piscine.




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