La communauté colombienne s'inquiète pour les siens

L'Association Colombiestrie, présidée par Adriana Herrera Duarte, poursuit... (Spectre Média, Maxime Picard)

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L'Association Colombiestrie, présidée par Adriana Herrera Duarte, poursuit sa campagne de financement pour aider leurs compatriotes de Mocoa, lourdement affectés par une coulée de boue meurtrière qui a détruit la ville et fait plus de 300 victimes. Irma Cortez, sa fille Jessica Arvelaez et sa mère Rosa Garcia pleurent 12 membres de leur famille tandis que les proches de Maria Betty Amaya ont tout perdu leurs biens matériels, et même leur gagne-pain.

Spectre Média, Maxime Picard

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<p>Jacynthe Nadeau</p>
Jacynthe Nadeau
La Tribune

(Sherbrooke) Un mois après la coulée de boue meurtrière qui a dévasté la ville de Mocoa, dans le sud-est de la Colombie, la communauté colombienne immigrée au Québec constate avec inquiétude et peine l'ampleur du drame qui afflige ses proches qui vivent toujours là-bas.

« Ma tante remercie Dieu parce qu'elle n'a pas perdu ses enfants ni sa famille, mais elle a perdu tous ses biens matériels », se désole la Sherbrookoise Maria Betty Amaya. En plus de son toit, elle a perdu le petit commerce qui lui permettait de vivre. « On n'est jamais préparé à ça », déplore sa nièce.

Les parents, le frère et les neveux et nièces de Maria Betty ont également tout perdu dans la tragédie. Ils sont hébergés dans des refuges en attendant que toute une région se remette de cette catastrophe naturelle qui affecte quelque 45 000 des 70 000 habitants de Mocoa. Le dernier bilan officiel faisait état de 323 morts, 103 disparus, 332 blessés et 5883 familles sinistrées.

« Le plus difficile, témoigne Maria Betty, par l'entremise d'une interprète, c'est de ne pas pouvoir se précipiter là-bas pour serrer ma famille dans mes bras et pour constater la réalité. Car il y a des journées où je n'arrive pas à croire que c'est arrivé. »

Rosa Garcia, une grand-maman qui réside à Joliette, vit pour sa part un drame sans nom elle qui a perdu dans la tragédie deux de ses quatre enfants, sa bru et son gendre ainsi que huit petits-enfants, qui partageaient tous une maison jumelée qui a été emportée par les eaux en pleine nuit.

Inconsolable, la dame n'en dort plus et a perdu l'appétit. Elle se raccroche au mince espoir de pouvoir faire venir au Canada quatre petits-enfants toujours vivants et maintenant orphelins, ainsi que son dernier fils et sa famille.

« Elle est en choc post-traumatique, s'inquiète la présidente de l'Association Colombiestrie Adriana Herrera Duarte. Elle dit que l'unique façon pour elle de retrouver le goût de vivre, ce serait d'avoir ses petits-enfants et l'unique fils qu'il lui reste auprès d'elle. »

À Joliette, Mme Garcia et sa fille Irma Cortez, avec qui elle a immigré il y a trois ans, ont entrepris des démarches pour faire venir le reste de la famille au Canada.

Mais les démarches s'annoncent longues et complexes, la barrière de la langue isole les dames et elles manquent de véritable soutien pour affronter ce deuil affreux.

Maria Betty Amaya vit quant à elle de grandes frustrations parce que ces proches réclament avec raison un peu d'aide mais qu'elle a peu à leur offrir.

La dame est arrivée à Sherbrooke en 2009, seule avec ses quatre enfants puisque son mari a été tué en Colombie. « Ma famille m'appelle, ils voudraient que je les aide, ils ne comprennent pas les difficultés que nous vivons nous-mêmes ici. Ils pensent que nous sommes riches, mais je n'ai rien. Je suis étudiante. »

Il y a trois semaines, elle a organisé à Sherbrooke une vente de mets typiques de son pays dans l'espoir d'amasser des dons. Elle y a mis beaucoup de coeur et d'efforts, et a pu envoyer une petite somme d'argent à sa famille, à peine suffisante toutefois pour lui permettre de se nourrir pendant une semaine étant donné le coût de la vie là-bas.

Soutenue par l'Association ColombiEstrie, elle entend maintenant entreprendre des démarches auprès du député fédéral Pierre-Luc Dusseault pour faciliter l'immigration de sa famille en vertu d'un recours humanitaire.

Réaliste, elle sait toutefois que les démarches pourraient prendre quelques années et que ses proches auront quand même besoin d'aide pour survivre en attendant.

L'Association ColombiEstrie a lancé il y a trois semaines une campagne de financement via Centraide Estrie pour envoyer des dons à des fondations fiables à Mocoa.

Cette semaine, la présidente Adriana Herrera Duarte a voulu mettre des visages sur cet appel à l'aide, parce qu'à Mocoa les besoins sont grands et urgents.

Le pire, rappelle-t-elle, c'est que les sinistrés de cette coulée de boue vivent en quelque sorte une deuxième tragédie puisque bon nombre d'entre eux sont des déshérités qui ont été déplacés de force à cause des violences civiles qui ont affecté le pays.

« Il faut les aider, plaide Adriana Herrera. Les tragédies s'acharnent sur eux. Il faut faire quelque chose. »

Pour faire un don 

Centraide Estrie

1150, rue Belvédère Sud

Sherbrooke

J1H 4C7

* Indiquez Colombiestrie-Mocoa sur votre chèque




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