La SSJB expulse de potentiels membres de son assemblée générale

Une trentaine de personnes se sont vu interdire... (Spectre média, Julien Chamberland)

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Une trentaine de personnes se sont vu interdire l'entrée à l'assemblée générale de la Société Saint-Jean-Baptiste du diocèse de Sherbrooke (SSJB) dimanche matin, sous prétexte qu'elles n'étaient pas encore membres de l'organisme, malgré qu'elles aient fait parvenir leur demande d'adhésion il y a deux semaines.

Spectre média, Julien Chamberland

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(Sherbrooke) Une trentaine de personnes ayant déposé leur demande d'adhésion à la Société Saint-Jean-Baptiste du diocèse de Sherbrooke (SSJB) se sont vu refuser l'entrée à l'assemblée générale de l'organisme dimanche matin.

Après avoir été appelés par la SSJB, des policiers du Service de police de Sherbrooke se sont rendus aux locaux de Sercovie, où se déroulait la réunion, pour demander aux personnes refusées de sortir, sans quoi des arrestations pourraient avoir lieu.

C'est que le 12 avril dernier, Étienne-Alexis Boucher, ex-député du Parti québécois aujourd'hui président fondateur de la Société nationale de l'Estrie (SNE), a déposé 505 demandes d'adhésion à la SSJB, un organisme apolitique qui fait la « promotion des intérêts des Canadiens français » depuis plusieurs décennies.

La semaine dernière, M. Boucher mentionnait à La Tribune que cette initiative avait pour seul but de « relancer un organisme qui a déjà rayonné dans la région et qui n'est plus que l'ombre de lui-même ».

« On est tous des gens qui avons voulu devenir membre de la Société Saint-Jean-Baptiste, on a rempli le formulaire qui a été remis par l'organisme, a résumé dimanche Pierre Rodier. Ç'a été remis en bloc, pour 505 membres, avec les 5 $ de membership. [...] Aujourd'hui, on arrive à l'assemblée générale, et on nous refuse l'entrée. On trouve qu'il y a de la mauvaise foi de la part de l'organisation parce qu'elle n'a même pas amené la liste des nouveaux membres qui a été fournie [...]. Elle aurait pu amener les formulaires et en profiter pour vérifier la validité des membres, si jamais il y avait un doute quelconque. Donc on trouve ça assez déraisonnable comme fonctionnement. »

« J'ai dit à la présidente, Micheline Dupuis, qu'on avait déposé nos demandes en bonne et due forme, et elle m'a répondu, sur un ton assez sec, que ça n'avait pas été étudié et qu'on n'avait pas d'affaires ici, qu'on devait sortir », a pour sa part raconté François Gougeon.

« Ce n'est plus une Société Saint-Jean-Baptiste, c'est un club privé! » a lancé Pierre Rodier.

Un recrutement « en toute bonne foi »

Rejoint par téléphone, Étienne-Alexis Boucher, qui se trouvait en France au moment de l'assemblée générale, s'est dit « très déçu » du déroulement des événements.

« Les dirigeants de la Société Saint-Jean-Baptiste ont refusé les membres que j'avais recrutés, alors que ceux-ci répondaient à l'ensemble des critères évoqués par les statuts et règlements de l'organisme, a-t-il déploré. Évidemment, je ne peux que me questionner sur les véritables motifs qui sont derrière ce refus. Je suis plutôt dubitatif. »

« Comme porte-parole de ces centaines de gens qui, en toute bonne foi, ont eu la volonté d'encourager la Société Saint-Jean-Baptiste en devenant membres [...], je vais étudier toutes les options possibles afin de faire véritablement entendre raison aux dirigeants qui, à mes yeux, ont eu un comportement tout à fait inacceptable », a ajouté le président fondateur de la SNE.

Objectif caché?

De son côté, la présidente de la SSJB, Micheline Dupuis, a expliqué que seuls les membres de l'organisme étaient autorisés à assister aux assemblées générales.

« Des individus se sont fait refuser l'entrée parce qu'ils n'étaient pas membres de la Société Saint-Jean-Baptiste, a-t-elle affirmé. C'est vrai que M. Boucher nous a apporté ces demandes-là, mais elles doivent être traitées par le conseil diocésain. [...] Ce dossier-là est à l'étude. »

Mme Dupuis dit également douter des intentions qui se cachent derrière cette initiative d'Étienne-Alexis Boucher.

« La Société nationale de l'Estrie a entre 100 et 200 membres, alors pourquoi est-ce que M. Boucher n'a pas pris les 500 membres qu'il a trouvés pour les mettre dans son association à lui? questionne-t-elle. C'est quoi son plan derrière ça? Est-ce que c'est de s'accaparer la Société Saint-Jean-Baptiste quelque part? Je me pose la question. »

Une démarche honnête, assurent les membres recrutés

Les personnes qui se sont fait expulser de l'assemblée générale annuelle de la Société Saint-Jean-Baptiste du diocèse de Sherbrooke (SSJB) dimanche assurent que leur désir de devenir membre de l'organisme n'est motivé que par « les bonnes raisons ». Elles affirment qu'il n'y a aucune intention cachée derrière leur demande d'adhésion, contrairement à ce que suggère la présidente Micheline Dupuis.

« La Société Saint-Jean-Baptiste représente beaucoup mes valeurs, entre autres pour ce qui est de la promotion de la langue française, a expliqué Mélissa Nilsson. Je voulais participer activement à ça, alors je trouve ça dommage que ça se passe comme ça aujourd'hui. C'est une assemblée démocratique : tout le monde devrait y avoir accès. »

« Je pense que la Société devrait avoir certains objectifs de promotion de la langue française, de préservation de notre histoire et de notre mémoire collective, et c'est là-dedans que je voulais m'impliquer, a quant à lui mentionné Éric Deland. Je vais être franc avec vous, je ne suis pas un fervent catholique, mais mon but en venant ici n'était pas de saboter la Société. »

« Nous, ce qu'on souhaiterait, c'est qu'on puisse amener un sang nouveau à la Société, pour faire la promotion de notre langue, de notre culture et de notre histoire, a commenté Luc Viens. Moi, je fais partie de la Société nationale de l'Estrie, et nous rejoignons les mêmes objectifs [...], alors nous aimerions nous associer avec la Société Saint-Jean-Baptiste pour qu'avec nos deux organismes, nous soyons capables de faire des choses extraordinaires. »

« La démarche que j'ai entreprise il y a plusieurs mois avec une formidable équipe de bénévoles, qui a su convaincre des centaines de personnes, est fondée sur des principes et des valeurs qui nous animent depuis des années », a fait valoir le président fondateur de la Société nationale de l'Estrie (SNE), Étienne-Alexis Boucher.




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