Pont Jacques-Cartier : des citoyens irrités, des élus divisés

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Avant même que la deuxième phase du projet pilote de piste cyclable sur le pont Jacques-Cartier entre en vigueur, le débat a repris entre partisans du transport actif et automobilistes inquiets d'être pris dans des bouchons de circulation.

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<p>Jacynthe Nadeau</p>
Jacynthe Nadeau
La Tribune

(SHERBROOKE) Les vélos n'ont pas encore commencé à circuler sur le pont Jacques-Cartier que déjà le projet de leur réserver une des trois voies de l'infrastructure routière, annoncé lundi soir par la Ville de Sherbrooke, relance le débat entre des cyclistes heureux et quelques automobilistes qui craignent de revivre la pénible congestion des 13 et 14 octobre derniers.

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Jean-François Rouleau

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Toute la journée sur les réseaux sociaux et les tribunes téléphoniques, les uns et les autres ont échangé des arguments maintes fois entendus l'automne dernier.

Le conseiller municipal Jean-François Rouleau, qui s'oppose toujours aussi vivement au projet, rapporte que plusieurs citoyens lui ont manifesté leur « colère ».

« C'est un projet insensé et dangereux, s'insurge-t-il. Les cyclistes, les citoyens et les commerçants méritent mieux que cette solution qui a un niveau de dangerosité élevé. Il va y avoir de la grogne.»

Rappelons que le conseil municipal a donné son aval à une deuxième phase «amélioré» du projet pilote réalisé l'automne dernier. De mai à novembre, une voie sera retranchée aux automobilistes après le feu de circulation de la rue Tracy jusqu'à 100 mètres avant celui de la rue Denault pour permettre l'aménagement de deux bandes cyclables unidirectionnelles.

« Je trouve ça très intéressant d'encourager les transports alternatifs, toutefois j'ai une préoccupation pour les travailleurs, les enseignants, les étudiants, les commerçants qui doivent se rendre dans le secteur universitaire, a réagi M. Rouleau. Il y a eu un fort mécontentement de leur part l'automne dernier et ce jusqu'au dernier jour. Est-ce qu'on aurait pu envisager une solution mitoyenne? Un trottoir pour les vélos et un pour les piétons pour maintenir les trois voies par exemple? »

Le conseiller Rouleau a répété que pour sa part, il préférait l'option d'une passerelle, à l'exemple de celle qui permet aux cyclistes de traverser l'autoroute 410. « C'est quand même curieux qu'on réussisse à trouver des millions pour Well inc. et 200 000 $ pour les murales mais qu'on ne soit pas capables d'investir convenablement dans le transport durable », ajoute celui qui s'inquiète également de savoir que le pavage « en mauvais état » du pont Jacques-Cartier ne sera pas refait cet été.

M. Rouleau et son collègue Marc Denault ont d'ailleurs voté lundi soir contre la reprise du projet pilote (ils étaient deux et non pas cinq, comme indiqué erronément dans La Tribune de mardi).

Pour M. Denault, cette solution ne tient pas compte de la densification du secteur alors que des citoyens se plaignent déjà d'avoir de la difficulté à en sortir. « Il y a eu des investissements de près 145 millions $ au coin King-Jacques-Cartier au cours des dernières années. Il faut reconnaître le dynamisme d'un pôle aussi multidisciplinaire (...), il y a des projets de condos qui ne sont pas finis, alors je ne crois pas que la circulation va diminuer dans ce secteur, au contraire, ça peut juste s'amplifier. »

Dans ce contexte, le conseiller prône plutôt une solution permanente qui tienne compte de cet achalandage en hausse, comme une passerelle ou l'élargissement des trottoirs.

Nicole Bergeron a dit sa préoccupation pour la sécurité des cyclistes - « on n'est pas à 100 000 $ près pour protéger une vie humaine » - mais s'est dite rassurée de savoir que puisqu'il s'agit d'un projet pilote, il pourra cesser s'il s'avère problématique.

Comme plusieurs citoyens l'ont évoqué dans tout ce dossier, Chantal L'Espérance aurait préféré qu'on réserve tout simplement un trottoir pour les cyclistes et un trottoir pour les piétons, sans empiéter sur les voies routières.

« On n'a pas retenu ce scénario parce qu'on anticipe qu'on aurait un problème de sécurité au niveau piéton-vélo, lui a répondu la directrice du Service des infrastructures urbaines Caroline Gravel. On pense que les piétons vont quand même utiliser le trottoir qui pourrait être dédié au vélo et ça nous inquiète. »

Aller de l'avant

Enfin, le conseiller Vincent Boutin et son collègue Bruno Vachon, président du comité de mobilité durable, ont fait valoir que si Sherbrooke veut se targuer d'être une ville à mobilité durable, il faut avoir le courage d'aller de l'avant, quitte à s'ajuster en cours de route.

« On a adopté un plan d'action qui était hyper ambitieux mais on dirait que chaque fois qu'il arrive un problème ou qu'on veut changer les habitudes des gens, il y a un frein. (...)Ici on a cherché le meilleur compromis possible parce que les cyclistes prennent quand même le pont, d'une manière ou d'une autre. Est-ce qu'on est capable d'y aller de façon sécuritaire en limitant l'impact sur la circulation? Si ça ne fonctionne pas, on réévaluera, mais en attendant il faut aller de l'avant », a dit M. Vachon.

Précisons par ailleurs que le Service des infrastructures urbaines avait présenté quatre scénarios aux élus, dont les coûts varient entre moins de 50 000 $ et plus de 500 000 $. C'est le scénario le moins coûteux qui a été recommandé, d'autant plus que le ministère des Transports doit procéder à une réfection majeure du pont Jacques-Cartier dans un horizon de quatre ou cinq ans, selon Mme Gravel. « Au moins on n'aura pas payé pour faire des infrastructures permanentes qu'il faudra défaire dans quelques années.»




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