Des branchements illégaux polluent les rivières

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En temps de pluie, la qualité de l'eau de la rivière Saint-François peut descendre à D ou E.

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(Sherbrooke) La qualité de l'eau des rivières Magog et Saint-François est demeurée stable en 2016. La Ville de Sherbrooke constate toutefois que le problème des raccordements illicites, qui entraînent le rejet des conduites sanitaires directement dans les rivières, a peut-être été sous-estimé.

La qualité de l'eau de la rivière Magog est presque toujours de classe A ou B, alors que celle de la rivière Saint-François est plutôt de B ou C par temps sec. En temps de pluie, la qualité de l'eau de la rivière Saint-François peut même descendre à D ou E. Dans tous les cas, la dégradation s'accentue de l'amont vers l'aval.

Dans la rivière Magog, le dépassement des normes des coliformes fécaux est encore fréquent dans le tronçon situé entre le barrage Drummond et le lac des Nations, un secteur important pour les activités nautiques et de baignade. Sur 30 échantillons prélevés dans ce secteur, six ne respectaient pas la norme pour la baignade. Il est possible que le branchement de conduites sanitaires dans les conduites pluviales soit en cause.

« Peut-être qu'on sous-estime la problématique. On a de la misère à le mesurer et on voit que la qualité de l'eau n'est pas bonne, mais les recherches sont très difficiles. Il y a un travail à faire pour peut-être faire un plan de recherche plus approfondi. On commence à avoir des pistes de solution, mais il faut les mettre en place », fait savoir Chantal Pelchat, chargée de projet en environnement à la Ville de Sherbrooke.

« Ce sont des raccordements croisés. Dans de nouvelles constructions, au lieu de mettre les rejets d'eau sanitaire dans la conduite d'égout sanitaire, le raccordement est fait au réseau pluvial. Ce sont des matières fécales qui s'en vont directement à la rivière, parce que nos conduites pluviales vont directement à la rivière. Les entrées de service, quand nous les faisons, sont très bien identifiées et nous avons une règlementation à la Ville qui indique quelle conduite est de quel côté quand on est face à la rue. Il n'y a pas d'excuses de se tromper. On est en train de regarder la possibilité d'imposer des amendes ou des pénalités parce que ça nous demande beaucoup de temps pour trouver le raccordement illicite », explique Caroline Gravel, directrice du Service des infrastructures urbaines.

Michael Howard, directeur du Service de la planification urbaine et du développement durable, estime que le secteur de la rue Hertel est problématique. « Avec les échantillons que nous avons faits, nous avions une contamination en continu dans le secteur Hertel, du barrage jusqu'au début du lac des Nations. Il y a quelques infrastructures pluviales qui se déversent là et c'est là que nous mettons nos efforts pour investiguer. Avec les équipes des infrastructures urbaines, on cible ces endroits pour remonter le réseau pluvial pour voir si des déversements sont créés à cause d'installations inversées. »

En 2016, 45 cas ont été analysés et 21 ont déjà été corrigés. Les autres font encore l'objet d'analyses.

En ce qui concerne les plages, la plage Blanchard a fait l'objet de neuf fermetures en 2016, alors que la plage de Deauville n'a été fermée qu'une seule fois.

Il existe encore des usages de surverse, où les conduites sanitaires et pluviales sont combinées et se déversent dans les rivières lors de fortes pluies. Les débordements sont composés à 3 % des rejets sanitaires et respectent les normes du ministère de l'Environnement. « C'est sûr qu'on aimerait mieux ne pas en avoir du tout », commente Caroline Gravel.




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