Des vigiles pour Raïf Badawi ici... et dans le monde

Des vigiles se tiennent souvent devant l'ambassade de... (Fournie par Peter Tatchell)

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Des vigiles se tiennent souvent devant l'ambassade de l'Arabie saoudite à Londres. On aperçoit à gauche sur la photo le militant Peter Tatchell.

Fournie par Peter Tatchell

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(Sherbrooke) Les supporteurs estriens de Raif Badawi ont tenu une 106e vigile, vendredi, en soutien au prisonnier d'opinion. Pendant ce temps, de l'autre côté de l'Atlantique, une 106e vigile se tenait à Vienne. Le sort du blogueur saoudien, qui aura 33 ans le 13 janvier et qui se faisait fouetter en Arabie saoudite il y a deux ans, soulève des vagues de sympathie à plusieurs endroits dans le monde. Qu'en est-il ailleurs? La Tribune s'est entretenue avec des militants sur le globe.

« Nous sommes des villes jumelles! » lance Heiko Heinisch, de l'Institut d'études islamiques de l'Université de Vienne, à propos des vigiles qui ont lieu aussi dans la capitale autrichienne.

Heiko Heinisch et sa collègue Nina Scholz ont même déjà participé à une vigile sherbrookoise.

« À ce moment, nous étions près de Sherbrooke, aux États-Unis, et nous avons appris que la Cour suprême d'Arabie saoudite avait confirmé le verdict contre Raif Badawi. Cela signifiait que Raif était en danger d'être fouetté... Nous avons décidé spontanément de venir à Sherbrooke pour joindre la vigile devant l'hôtel de ville afin de montrer notre solidarité à Ensaf Haidar (la conjointe de Raif) et ses enfants », raconte Heiko Heinisch par courriel, joint par La Tribune par l'entremise de la Fondation Raif Badawi pour la liberté. Des vigiles ont aussi lieu devant l'ambassade de l'Arabie saoudite à Vienne, précise-t-il également.

Différentes organisations militant pour les droits de l'homme et la liberté d'expression tiendront une vigile spéciale à Londres, le 13 janvier, afin de souligner l'anniversaire de naissance de celui qui a été emprisonné en 2012.

L'organisme PEN, qui milite pour la liberté d'expression des auteurs, multiplie les actions en soutien à Raif Badawi.

Les militants ont organisé plusieurs vigiles devant l'ambassade saoudienne à Londres après que Raif Badawi fut flagellé publiquement, le 9 janvier 2015.

« Depuis, nous avons continué de tenir une vigile chaque dernier vendredi de chaque mois, pour montrer aux autorités que Raif Badawi n'a pas été oublié et qu'il ne le sera pas », écrit Cat Lucas, de la section britannique de l'organisme PEN.

« Chaque fois que nous faisons une action pour quelqu'un comme Raif Badawi, ce n'est pas simplement pour lui ou pour ses proches qui souffrent de son absence. C'est aussi pour tous les autres écrivains, activistes et libres penseurs en Arabie saoudite et partout dans le monde », écrit Cat Lucas.

La première fois que la Britannique Simone Theiss a entendu parler de Raif Badawi, c'est après qu'il eut reçu des coups de fouet - les premiers d'une série de 1000 qu'il devait recevoir. L'administration de la peine n'a jamais repris depuis.

Simone Theiss s'est mise à utiliser les médias sociaux, en particulier Twitter, afin de faire campagne pour le prisonnier d'opinion.

« J'ai fait cela parce qu'il y avait un site internet d'Amnistie appelé « 5 jours où vous pouvez aider Raif Badawi » et je voulais faire davantage que signer des pétitions... »

Qu'est-ce qui fait que l'histoire de Raif Badawi touche tant de gens sur la planète? Ce qui la rend si sensible à son histoire, c'est une multitude de facteurs, dont la sévérité de sa sentence et la raison de son emprisonnement, explique celle qui a écrit sur le prisonnier d'opinion dans son blogue. Son histoire a fait grandir son intérêt pour la défense des droits de l'homme.

Militant pour les droits de l'homme au Royaume-Uni, Peter Tatchell, qui dirige une fondation qui porte son nom, souligne que plus de 150 000 personnes ont signé une pétition qu'il a lancée contre la détention de Raif Badawi et « les crimes de guerre » commis au Yémen par l'Arabie saoudite. Le gouvernement britannique doit cesser de vendre des armes à l'Arabie saoudite, plaide M. Tatchell, en soulignant que la pétition sera remise à la première ministre du Royaume-Uni Theresa May ce mois-ci.

Le livre d'Ensaf Haidar sera lancé en Espagne

Le livre Mon combat pour sauver Raif Badawi, d'Ensaf Haidar, sera lancé en Espagne le mois prochain.

Le livre racontant l'hstoire d'Ensaf Haidar et de Raif Badawi avait d'abord été lancé en Allemagne, avant d'être distribué ailleurs en Europe, notamment en Grande-Bretagne et au Canada. La directrice et cofondatrice de la Fondation Raif Badawi pour la liberté, Evelyne Abitbol, précise que le livre sera traduit en espagnol grâce à une entente conclue avec la Fondation pour l'avancement de la liberté.

« Nous prévoyons un lancement à Madrid en février », indique-t-elle en faisant valoir qu'elle souhaite préparer une tournée en Amérique latine à la fin de l'année. Le livre est également disponible entre autres aux États-Unis, en Norvège et en Suède.

Ensaf Haidar, qui habite à Sherbrooke avec ses trois enfants, s'était livrée à l'auteure Andrea C. Hoffman. La conjointe de Raif Badawi est aussi présidente et cofondatrice de la Fondation Raif Badawi pour la liberté.

Le libre penseur et prisonnier d'opinion est privé de livres en prison. « Il est privé de livres en prison malgré le fait que le directeur de la prison lui ait accordé d'en avoir, soutient Mme Abitbol. Nous pensions lui en envoyer, mais ils ne lui remettront pas, ils les jetteront. Quoi qu'il en soit les seuls livres qu'il pourrait lire passent à la censure religieuse. »

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