Les agriculteurs menacent de bloquer l'accès aux motoneigistes

Le président de l'UPA de l'Estrie, François Bourassa,... (Spectre média, René Marquis)

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Le président de l'UPA de l'Estrie, François Bourassa, avertit qu'une solution doit intervenir d'ici le 1er février avec le gouvernement pour régler le litige de la hausse des taxes foncières, sinon les agriculteurs menacent de bloquer l'accès à leurs terres aux motoneigistes.

Spectre média, René Marquis

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(Sherbrooke) Les agriculteurs menacent de bloquer l'accès à leurs terres aux motoneigistes si aucune entente n'est conclue avec le gouvernement provincial dans l'épineux litige de la hausse des taxes foncières.

La date limite pour trouver un terrain d'entente est fixée au 1er février, avertit François Bourassa, président de l'Union des producteurs agricoles (UPA) de l'Estrie. « Nous laissons la chance au coureur », dit-il à La Tribune.

« C'est vraiment un dernier recours. Nous espérons pouvoir en arriver à une entente au cours des prochaines semaines pour ne pas en arriver là. Nous tiendrons des représentations pour faire avancer les choses. Si nous fermons nos terres, ça ne sera pas de gaité de coeur. »

Rappelons que l'UPA dénonce la réforme administrative du programme de crédit des taxes foncières agricoles (PCTFA) du ministre Pierre Paradis. L'UPA soutient que les changements représenteront une hausse de 30 à 40 pour cent des coûts nets pour plus de 80 pour cent des entreprises agricoles. Le syndicat des producteurs agricoles soutient qu'une minorité d'adhérents enregistreront des diminutions du coût de leurs taxes foncières, alors que d'autres subiront des hausses allant jusqu'à 100 pour cent.

La confiance du premier ministre

L'UPA réclame même la tête de Pierre Paradis, ministre de l'Agriculture. En entrevue à La Tribune récemment, le premier ministre du Québec Philippe Couillard avait accordé sa confiance à son ministre. Et ce n'est pas le remaniement ministériel de janvier 2017 qui changera la donne.

La semaine dernière, Québec a nommé un expert indépendant pour mesurer les répercussions financières sur les agriculteurs québécois de la réforme du PCTFA. Le fiscaliste et professeur titulaire de la Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques de l'Université de Sherbrooke, Luc Godbout, s'est vu confier le mandat.

Du déjà vu

Cet éventuel blocus ne serait pas sans rappeler un autre du même genre survenu à la fin de 2005. Les motoneigistes et quadistes de tout le Québec avaient reçu un cadeau de Noël très attendu avec la conclusion d'une entente entre le gouvernement et les producteurs agricoles sur la fiscalité municipale.

La fermeture possible des sentiers viendrait aussi bousiller une saison de motoneige qui a fort bien débuté durant la période des Fêtes en Estrie.

François Bourassa fait remarquer que les agriculteurs de tout le Québec font preuve depuis longtemps d'une grande collaboration avec le monde de la motoneige et du quad en donnant accès à leurs terrains.

Le travail de M. Godbout ne sera qu'une répétition de ce qui a été fait par plusieurs instances qui ont examiné les chiffres du dossier de la réforme du PCTFA. « C'est de l'entêtement de M. Paradis », lance-t-il.

« Toutes les vérifications de chiffres ont été faites. »

« Nous n'avons pas d'autres moyens de pression »

Jonathan Blais est un producteur de sirop d'érable de La Patrie. Comme d'autres agriculteurs de la région, il menace de fermer ses champs aux motoneigistes si un conflit avec le ministre de l'Agriculture n'est pas réglé d'ici le 1er février.

« Je suis membre du club de motoneigistes. Un bon pourcentage des sentiers de la région passent sur mes terres », mentionne-t-il.

« Mais il y a des limites. Le ministre Pierre Paradis veut diviser le monde agricole. En plus, il a le premier ministre Philippe Couillard derrière lui. »

M. Blais a contacté La Tribune jeudi matin pour pouvoir faire passer le message. Il souhaite que les gens prennent conscience du conflit qui se dessine au Québec. Il demande aux gens de faire pression sur les députés libéraux qui « suivent tous la ligne du parti » libéral dans ce dossier.

Il a déjà installé des pancartes le long des sentiers qui se trouvent sur ses terres. On y voit la photo du député de Mégantic Ghislain Bolduc et le titre « Le gouvernement se fout des agriculteurs ».

M. Blais estime à 40 pour cent la hausse que lui imposerait la réforme des taxes foncières proposée par Québec. « On dirait qu'on ne tient pas compte de l'impact de l'agriculture dans l'économie », dit-il.

« Nous cohabitons avec les sentiers de motoneige sur nos terres avec plaisir. Nous faisons notre large part. »

Le président de l'UPA Estrie, François Bourassa, voudrait lui aussi trouver un autre moyen de pression. « On se fait dire ça souvent qu'on devrait prendre un autre moyen de pression », admet-il.

« Mais quand on répond à la personne de nous en trouver un autre, elle n'en trouve pas... »

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