Vers des médicaments soulageant les gens souffrant de douleur chronique

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(SHERBROOKE) Le CIUSSS de l'Estrie CHUS a annoncé, mercredi, la réception d'un investissement de 8,9M$ qui servira au développement d'une nouvelle classe d'analgésiques non morphiques présentant beaucoup moins d'effets secondaires que la médication utilisée actuellement chez les patients souffrant de douleur chronique.

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Philippe Sarret

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Grâce à ce financement qui s'étale sur les sept prochaines années, le neurophysiologiste Philippe Sarret, professeur-chercheur à la Faculté de médecin et des sciences de la santé (FMSS) de l'Université de Sherbrooke, et son équipe pourront poursuivre leurs travaux qui ont pour objectif de venir en aide au 20 pour cent de la population canadienne, soit plus de 7 250 000 personnes, qui vivent avec des douleurs chroniques rebelles d'origines neuropathique, inflammatoire ou cancéreuse.

«Environ 70 pour cent des personnes qui prennent des analgésiques avec ordonnance pour soulager leur douleur chronique ne sont pas apaisées et font face à de nombreux effets secondaires ayant un impact considérable sur leur qualité de vie. On parle notamment de constipation, dépression respiratoire, tolérance, dépendance et anxiété», explique M. Sarret qui décrit la douleur comme un ennemi qui n'épargne personne.

«On note que 80 pour cent des consultations faites auprès des médecins et aux urgences sont pour des raisons de douleur. Ce qui est très inquiétant», ajoute le chercheur qui est aussi titulaire de la Chaire de recherche du Canada en neurophysiopharmacologie de la douleur chronique et directeur du Réseau québécois de recherche sur la douleur.

Le Canada figure parmi les pays où la consommation d'analgésiques par habitant est la plus élevée, augmentant de près de 10 fois entre 2000 et 2015 et atteignant aujourd'hui plus de 700 mg par personne (exprimé en équivalent morphine).

Atteinte de douleur chronique, Céline Charbonneau tenait à remercier Philippe Sarret pour les efforts consacrés à ses recherches. «C'est vraiment avec grand plaisir que je suis là aujourd'hui pour souligner l'importance de la recherche. Souffrir de douleur chronique, c'est la torture au quotidien. Il y a la douleur, mais aussi d'autres dangers vicieux. Le silence, l'anxiété, la peur, le découragement, la déprime, l'isolement, la perte d'amis, la perte d'un travail, l'insécurité financière. Il faut aussi vivre avec et contre les préjugés entourant cette douleur», raconte celle qui agit à titre de présidente de l'Association québécoise de la douleur chronique. Une association qui compte plus de 7000 membres et a la prétention de représenter 1,5M de personnes au Québec.

«Les bénéfices de la recherche clinique et fondamentale favoriseront le diagnostic précoce tout en permettant de bien reconnaître la nature des maladies afin d'assurer le meilleur suivi possible des patients», a mentionné le Dr William D. Fraser, directeur scientifique du Centre de recherche du CHUS (CRCHUS).

«Les travaux de Philippe Sarret illustrent parfaitement notre stratégie de recherche. Dans un premier temps, cibler des domaines ayant un impact sur la population, comme c'est le cas pour la douleur. Ensuite, attirer des chercheurs de qualité. Cette combinaison nous permet d'être un des meilleurs endroits pour faire des études supérieures en science de la santé», a ajouté Jean-Pierre Perreault, vice-doyen à la recherche et aux études supérieures de la FMSS de l'UdeS.

Le soutien financier de 8,9M$ provient de deux sources, soit les Instituts de recherche en santé du Canada qui a contribué pour 2,1M$ et la Fondation canadienne pour l'innovation (FCI) qui a octroyé une subvention de 6,8M$ pour acquérir du matériel de pointe.

Les équipements achetés à l'aide de la subvention de la FCI serviront à l'ensemble de la communauté scientifique du CRCHUS et de la FMSS.

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