Des employeurs insatisfaits des communications écrites des diplômés en formation technique

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(Sherbrooke) Près de 40 % des employeurs de diplômés de la formation technique sont insatisfaits de la capacité de ces derniers à communiquer par écrit. Deux professeurs et chercheurs du Cégep de Sherbrooke, Julie Pelletier et Guillaume Lachapelle, ont dévoilé le rapport « Français écrit au collégial et marché du travail », jeudi.

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Julie Pelletier et Guillaume Lachapelle

Ils proposent que la compétence à produire des écrits professionnels (CPEP) fasse l'objet de responsabilités partagées au sein de la formation collégiale.

« Selon des résultats parus en 2013, 40 % des employeurs sondés par le ministère de l'Éducation ont jugé qu'il y avait des situations potentiellement critiques à l'égard de la maîtrise des capacités à rédiger des écrits professionnels en milieu de travail. C'est ce qui nous a interpellés : si 40 % des employeurs disent que les diplômés ne sont pas capables de rédiger adéquatement à l'emploi, il y a quelque chose à aller voir là », explique Guillaume Lachapelle.

Les données de 2013 proviennent de sondages réalisés auprès d'employeurs de diplômés de la formation technique.

« On a essayé d'aller voir dans la formation spécifique (donc pas dans les cours de français) comment les enseignants abordaient la question du français écrit, en l'occurrence dans les écrits professionnels, que les étudiants vont avoir à écrire sur le marché du travail. On a essayé de voir quel est le problème dans la formation... On a aussi voulu explorer des pistes d'amélioration de la formation », renchérit Julie Pelletier.

Les deux chercheurs du département de français ont constaté que la formation est « lacunaire ».

« Les raisons pour lesquelles les enseignants consacrent peu de temps à la question du français, parfois c'est par sentiment d'incompétence, parfois par manque de compétences, beaucoup par manque de temps... » résume Mme Pelletier.

Les deux collègues se sont intéressés à différents domaines techniques, entre autres les techniques policières, les soins infirmiers et le graphisme.

Ils émettaient l'hypothèse qu'il existe un lien entre la contribution de la formation spécifique des programmes techniques au développement de cette compétence et la satisfaction des employeurs.

Les chercheurs ont remarqué que les professeurs vont s'intéresser au code linguistique comme l'orthographe mais moins à la rédaction plus globale, comme la clarté et la précision. « Ce qu'on se demandait, c'est : est-ce pertinent de corriger le code, de se concentrer uniquement là-dessus? (...) Ce n'est pas tant là qu'il faudrait mettre les efforts dans la formation », commente la chercheuse.

Dans certains domaines, comme en techniques policières, les attentes se tournent davantage vers certaines habiletés, comme rédiger avec clarté et objectivité, plutôt que de mettre l'accent sur la maîtrise du code linguistique.

« On s'est fait dire que quelques fautes d'orthographe, ce n'est pas grave, mais si le rapport de police n'est pas clair, qu'il manque de l'information ou que ce n'est pas fidèle à la réalité, là on a un problème. On est parti de ces habiletés recherchées et on est allé voir ce qui se faisait. »

Actuellement, ajoute Mme Pelletier, il y a peu d'enseignement théorique de ces habiletés et peu de rétroaction.

En outre, il est en quelque sorte laissé au bon vouloir des professeurs, qui se sentent souvent peu outillés. « Ils peuvent prendre cela au sérieux, mais ils ne se sentent pas outillés », explique-t-elle.

Les devis des programmes de formation devraient aussi tenir compte de cette compétence, souligne son collègue.

La recherche a été menée en collaboration avec différents partenaires, dont le Cégep de Sherbrooke et le Collectif CLÉ.

Le projet a bénéficié d'une aide financière du ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur.

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