Sévigny fier du positionnement économique de la ville

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Trois ans après s'être vu confier un deuxième mandat à la mairie de Sherbrooke, Bernard Sévigny estime avoir positionné Sherbrooke là où il la souhaitait en matière de développement économique.

Spectre Média, Jessica Garneau

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(Sherbrooke) Trois ans après s'être vu confier un deuxième mandat à la mairie de Sherbrooke, Bernard Sévigny estime avoir positionné Sherbrooke là où il la souhaitait en matière de développement économique. Il s'agit là, selon lui, de sa plus grande réussite à ce jour. La plus grande déception, elle, vient des Jeux de la francophonie, un aveu livré à l'occasion d'une grande entrevue accordée à La Tribune.

« Ma plus grande satisfaction du mandat c'est d'arriver à terme et de dire que nous sommes bien positionnés sur le plan du développement économique. Ce positionnement, nous devrons le vendre aux autres paliers de gouvernement de façon à confirmer que ça se passe à Sherbrooke, du moins dans certains créneaux, en matière d'entrepreneuriat. C'est un travail de longue haleine », lance M. Sévigny.

« Ce n'est peut-être pas ce qu'il y a de plus glamour, mais c'est ce qu'il y a de plus structurant pour l'avenir, pour poursuivre le positionnement économique. »

Espace inc. et le parc Industriel sont d'ailleurs deux éléments qui ont contribué, selon lui, à ce positionnement. Il se réjouit de voir que les différents palmarès positionnent Sherbrooke de façon avantageuse en matière de croissance ou de qualité entrepreneuriale.

« Avec le boulevard de Portland, nous avons réalisé quelque chose d'intéressant malgré le retard. Les entreprises s'installent dans le parc Industriel et nous voyons le résultat. Ce sont des pierres que nous avons posées et qui ne donnent pas des résultats sur le coup, mais ça contribue au climat très positif que je sens à Sherbrooke. » Un bruit de fond positif, selon le maire, qui s'explique parce que les gens sentent que les choses se développent.

Dans le même sens, il estime que les 128 chantiers routiers réalisés cette année sont des exemples de réussites. « Moi j'en ai beaucoup entendu parler. Il y a des efforts qui sont faits. Nous n'avons toutefois pas annoncé de grands projets d'infrastructures parce que nous n'avions pas la capacité financière de le faire. »

Il reste que pour développer, il faut des projets. Des projets de plus en plus difficiles à faire passer de la planche à dessin à la réalité.

« C'est vrai peu importe le projet et peu importe la Ville. On ne peut pas prévoir la réceptivité de la population. En matière de développement récréotouristique, par exemple, il faut oser. On travaille un peu dans le vide en ne sachant pas comment ce sera reçu. C'est difficile quand on se fait dire chaque fois que ça ne marchera pas. On finit par évacuer le mérite au nom des fonds publics. C'est vrai aussi pour des projets de densification. Ça devient de plus en plus difficile de mener des projets parce qu'ils sont soumis à la critique. C'est bien, mais c'est une question de dosage. »

En matière de déception, les Jeux de la francophonie enseignent une grande leçon au premier magistrat de la Ville. « Ç'a été extrêmement difficile de naviguer dans des eaux internationales, dans notre paradigme de préparation. Nous nous sommes fait dire par le président du comité des Jeux de la francophonie que notre document était trop solide, qu'il était digne des Jeux olympiques. La candidature était de loin la meilleure, mais le ficelage de la candidature de Moncton-Dieppe a probablement été mieux fait.

« Dans ma vie, la plus belle présentation, la plus pertinente qu'il m'a été donné de faire, c'était cette heure de présentation avec Jean Charest pour l'obtention des jeux. On s'est même mutuellement impressionnés tellement c'était sur la coche, irréprochable. Il y avait beaucoup de petits pays qui avaient une sensibilité pour la réalité des petites communautés. Nous ne l'avons pas vu venir. Pourtant nous avons des délégations du Québec dans tous ces pays. C'est un peu incompréhensible que nous soyons passés à côté de ça. Il faut faire un mea culpa collectif. »

La Ville reste à l'affût de grands événements sportifs ou de grandes manifestations, mais elle n'aurait rien sur le radar pour la prochaine année.

Enfin, le poids du déficit des caisses de retraite demeure un boulet important. « Nous en avons parlé beaucoup, mais ça demeure complexe pour le contribuable moyen. Ça fait sept ans que je suis maire et ça fait au moins cinq ans que les marges de manoeuvre pour faire du développement sont inexistantes. »

Ce sont 11,8 M$ qui ont été injectés dans les caisses de retraite en 2016. « Ce sera comme ça chaque année au moins jusqu'en 2022. C'est plus de 130 millions que nous avons mis là-dedans. Avec cet argent, nous aurions pu construire deux centres de diffusion intermédiaire par année, payés comptant, pendant huit ans. Le quart de la dette de la Ville de Sherbrooke, c'est les caisses de retraite.

« Dans le mandat, ce qui a hypothéqué le développement, c'est véritablement le déficit des caisses de retraite. Je ne le dis pas en bashing. Nous avons de bons employés, mais c'est une réalité avec laquelle nous devons composer et que nous devrons gérer encore pendant six ou sept ans. »

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