Isabelle Sauvé renonce à la présidence d'élection

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« À la suite des sorties virulentes de cinq membres du conseil concernant la présidence de la prochaine élection municipale, je demanderais à la Commission municipale [du Québec], avec beaucoup de regret, de ne pas agir comme présidente d'élection pour l'élection 2017 », a déclaré la greffière de la Ville de Sherbrooke, Isabelle Sauvé, devant les membres du conseil municipal lundi soir.

Spectre Média, René Marquis

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(Sherbrooke) La greffière de la Ville de Sherbrooke, Isabelle Sauvé, a choisi de renoncer au rôle de présidente d'élection à la suite de la polémique soulevée en fin de semaine. Refusant d'être un outil politique dans des attaques qui visent son conjoint, le conseiller et président de l'exécutif Serge Paquin, Mme Sauvé a fait part de ses intentions à l'hôtel de ville lundi, dans une séance du conseil municipal où la tension était palpable.

Rappelons que Serge Paquin a annoncé sa démission du Renouveau sherbrookois pour permettre à sa conjointe d'agir à titre de présidente d'élection. En siégeant comme indépendant, il souhaitait éviter toute apparence de conflit d'intérêts. Le vétéran de 26 années avait déjà annoncé qu'il ne solliciterait pas de nouveau mandat.

Dimanche, cinq élus indépendants (Annie Godbout, Jean-François Rouleau, Marc Denault, Hélène Dauphinais et Pierre Tardif) ont jugé qu'il s'agissait d'une fausse démission et exigeaient que M. Paquin se retire de ses fonctions de président du conseil et de président du comité exécutif, tout en siégeant comme conseiller municipal.

« À la suite des sorties virulentes de cinq membres du conseil concernant la présidence de la prochaine élection municipale, je demanderais à la Commission municipale [du Québec], avec beaucoup de regret, de ne pas agir comme présidente d'élection pour l'élection 2017. Organiser une élection est, pour un greffier, un projet et un défi extraordinaires que j'aurais bien aimé relever encore une fois.

Soyez assurés que j'aurais accompli cette tâche avec toute la rigueur, le dynamisme et le professionnalisme qu'elle exige, comme j'ai toujours assumé mes fonctions », a déclaré Isabelle Sauvé.

« Mais je refuse de m'exposer, et d'exposer mon équipe, à travailler aussi fort pour la prochaine année dans un climat semblable. J'ai aussi lu et entendu que ces élus disent ne pas attaquer mon professionnalisme. Tant mieux. Mais j'en déduis par contre que je suis l'outil utilisé pour des intérêts politiques particuliers qui visent mon conjoint et je refuse également d'être ce véhicule. Je choisis en conséquence de me retirer de la prochaine élection. »

Mme Sauvé a par ailleurs précisé qu'elle était considérée d'emblée comme présidente d'élection en raison de sa position de greffière. « Ce n'est que la Commission municipale qui pourra me retirer de cette fonction. »

Isabelle Sauvé s'était également retirée de la présidence d'élection en 2013, quand Serge Paquin a joint le Renouveau sherbrookois. Pour les élections précédentes, un mandataire s'occupait de l'élection dans le district du Centre-Sud où Serge Paquin était candidat indépendant.

Le poste de présidente d'élection est assorti d'une bonification salariale de 25 000 $. Les élus indépendants ont qualifié la démission de M. Paquin de stratagème pour permettre à sa conjointe de toucher ce montant.

Paquin ne ferme pas la porte au Renouveau

Les élus sherbrookois se sont entredéchirés après qu'Isabelle Sauvé eut annoncé qu'elle se retirait de la présidence de l'élection municipale 2017. Après une joute verbale d'une dureté rarement observée à l'hôtel de ville, la poussière n'était pas encore retombée que le conseiller Serge Paquin entrouvrait la porte au Renouveau sherbrookois.

Reviendrez-vous sur votre décision, M. Paquin? « Je prendrai le temps de réfléchir à la nouvelle situation », a-t-il indiqué, sans un mot de plus sur son avenir.

Plus tôt en soirée, en renouvelant sa confiance en Isabelle Sauvé, le conseiller Vincent Boutin avait lancé du même souffle que la porte du Renouveau sherbrookois serait toujours ouverte pour Serge Paquin.

Le principal intéressé, dernier à prendre la parole après que même les élus les plus silencieux eurent levé le ton, s'en est surtout pris aux élus indépendants ayant exigé sa démission des postes de président du conseil et de président du comité exécutif. « J'ai trouvé votre raisonnement extrêmement tordu. C'est l'attaque la plus mesquine que j'ai eu à subir en 26 ans de vie politique. J'en ai des haut-le-coeur. Quand j'ai vu que vous me demandiez de démissionner des présidences alors que je redeviens indépendant, je vous avoue que j'en ai perdu beaucoup mon latin. »

Christine Ouellet a été cinglante en s'adressant aux cinq indépendants. « Je reviens sur vos propos et votre attitude. Les citoyens me disent que c'est de l'acharnement, que pendant que nous parlons de ça, nous ne nous occupons pas des vrais dossiers. » Elle déplorait aussi la division au conseil.

Citant un article intitulé « Les bienfaits de la gentillesse en entreprise », Mme Ouellet a dit : « N'hésitez pas à prendre un ton agréable. Ce sera tellement plus facile de travailler ensemble. »

« J'ai mal à ma politique »

Danielle Berthold ne décolérait pas. « J'ai mal à ma politique. En s'attaquant à quelqu'un qui n'est pas elle, Mme Sauvé a dû renoncer à son poste. En plus c'est une femme, alors que deux élues se trouvaient au Salon féminin pluriel en fin de semaine pour inciter les femmes à faire de la politique. C'est malheureux que cette concertation se termine de cette façon-là alors que ce n'était probablement pas l'objectif. »

Marc Denault n'y voyait pas une affaire de genre. « Si on avait inversé les sexes, la sortie aurait été la même. C'est par principe que nous voulions éviter les conflits d'intérêts. La décision de Mme Sauvé est sage. »

Vincent Boutin a vanté le travail de Mme Sauvé et M. Paquin. « Mme Dauphinais s'est payé une publicité sur Facebook où elle dit que le parti municipal sert plus l'intérêt des membres que des citoyens. Quand je vois la façon dont elle a traîné une fonctionnaire dans la boue, elle n'a pas le monopole de la vertu. »

Nicole Bergeron aussi avait mal à sa politique. « L'environnement de travail est entaché jusqu'à la fin du mandat. Ce que je vis dans le présent mandat, je ne l'ai jamais vécu auparavant. La partisanerie malsaine peut aussi bien être du côté des indépendants que du parti. »

« Je trouve que le groupe des cinq a manqué de dignité dans ce qu'il a fait », a simplement réagi Diane Délisle.

« Isabelle, tout ce que je peux dire, c'est que j'ai honte. J'ai l'impression que tu paies pour quelque chose qui n'est pas de ta faute », a ajouté Bruno Vachon.

Annie Godbout y voit quant à elle une preuve que la présence d'un parti politique n'amène que du négatif. « Quand le bateau ne va pas bien, que les gens sont fatigués de ramer, c'est au capitaine de motiver les troupes. Nous n'avons pas de projets communs. Les gros projets sont travaillés à huis clos, sans nous. »

Le maire Sévigny a été bref en réitérant la légitimité de la présence d'un parti politique. « Je vous invite à observer les comportements des élus et de me faire la démonstration que c'est le parti qui amène ce climat. »

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