Obtenir son DEC... à 51 ans!

Marc Coulombe, 51 ans, a reçu samedi son... (La Tribune, Catherine Montambeault)

Agrandir

Marc Coulombe, 51 ans, a reçu samedi son diplôme en éducation spécialisée du Cégep de Sherbrooke après quatre années d'efforts et de persévérance.

La Tribune, Catherine Montambeault

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Obtenir son diplôme d'études collégiales exige beaucoup de temps et d'efforts. Mais lorsqu'on choisit de quitter son emploi pour retourner au cégep à l'âge de 47 ans, tout en ayant une famille à nourrir et en souffrant d'une dysorthographie et d'un trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité (TDAH), la tâche devient nettement plus ardue. C'est ce qu'a vécu Marc Coulombe, qui recevait samedi son diplôme du Cégep de Sherbrooke en éducation spécialisée.

Quand Marc Coulombe parle de sa journée de samedi, les larmes lui montent immédiatement aux yeux. « C'est une très grande fierté pour moi aujourd'hui. Ça représente énormément de travail... » Il s'arrête, en proie à une vive émotion. « Quand j'y repense, ce qui me vient, c'est tout le support que j'ai pu recevoir de mon entourage immédiat, mais aussi du personnel du Cégep. Ça, il ne faut pas l'oublier. Ce sont des gens vraiment professionnels, ils sont incroyables. »

À 45 ans, M. Coulombe travaillait dans une usine depuis une quinzaine d'années. Il avait donc de l'ancienneté, gagnait un bon salaire, mais malgré tout, il était malheureux.

« Je me remettais en question, je me demandais si j'aimais vraiment ce je faisais. Finalement, non : j'ai réalisé que j'avais envie d'aider les gens et de devenir éducateur spécialisé. À l'usine, j'étais responsable du programme d'aide, et j'ai travaillé en toxicomanie avant ça : j'ai toujours été bien dans la relation d'aide. »

Le quadragénaire prend alors un peu plus d'un an pour préparer son retour sur les bancs d'école. « Je suis marié, j'ai trois enfants, alors c'était une grosse décision », avoue-t-il.

Il commence par suivre des cours de sciences et d'histoire au Centre Saint-Michel, avant de poursuivre par une session d'accueil et d'intégration au Cégep de Sherbrooke, où il doit suivre des cours de renforcement en français, qu'il échoue à plusieurs reprises.

« J'ai finalement découvert que j'avais une dysorthographie et un TDAH léger, ce que je ne savais pas du tout avant, explique-t-il. Heureusement, Marie-Claude Brosseau, ma professeure, m'a vraiment pris en charge. C'est incroyable le support que j'ai eu de cette dame-là. »

En faisant preuve d'une immense dose de persévérance et en allant chercher toute l'aide qu'il pouvait obtenir, M. Coulombe a finalement atteint son objectif : décrocher son diplôme en Techniques d'éducation spécialisée et se trouver un emploi dans son domaine.

« Je me sens vraiment à ma place, et au Cégep, on m'a fait sentir que j'étais à ma place, dit-il. J'ai eu des moments de découragements, je ne vous le cacherai pas, où j'ai voulu lâcher. J'avais gardé deux ans de sabbatiques à l'usine, alors je pouvais y retourner si je voulais. Mais finalement, j'ai réussi parce que je savais que je finirais ma technique, je savais que c'était ma voie. »

« Belle expérience »

Malgré sa différence d'âge, celui qui travaille aujourd'hui à l'école du Touret s'est lié d'amitié avec de nombreux étudiants du Cégep. « J'ai vécu vraiment une belle expérience, parce que j'ai servi autant de référence pour eux, en ayant mon âge, qu'eux m'ont appris des choses. »

Et à travers ses cours, ses soirées d'études, son rôle de papa et d'époux et les quelques heures qu'il continuait de faire à l'usine, le Sherbrookois a trouvé le temps de se mettre à la course à pied. Le 25 septembre dernier, à Montréal, il a couru son tout premier marathon.

« Je ne prends rien pour mon TDAH, alors la course, c'est ma médication, explique-t-il. Ça aussi, c'est quand même beaucoup de gestion, parce que je suis diabétique de type 1, mais j'y arrive en étant organisé. En ce moment, je commence l'entraînement pour être triathlonien. »

Samedi, Marc Coulombe a été chaudement applaudi lorsqu'il est monté sur scène pour recevoir son diplôme, vêtu de sa toge noire et coiffé de son mortier. Ses yeux brillaient d'une fierté indicible, tout comme ceux de sa conjointe et de ses trois petits, assis dans la salle.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer