Pont Jacques-Cartier: le cauchemar achève

Autour de 17h lundi, la file de véhicules... (Spectre Média, René Marquis)

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Autour de 17h lundi, la file de véhicules immobilisés s'étirait de King Ouest jusqu'à Denault pour traverser le pont Jacques-Cartier vers l'Université de Sherbrooke.

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<p>Jacynthe Nadeau</p>
Jacynthe Nadeau
La Tribune

(Sherbrooke) Le cauchemar des automobilistes qui sont restés pris dans les embouteillages du pont Jacques-Cartier ces derniers jours achève. La Ville de Sherbrooke mettra un terme au projet pilote de piste cyclable sur le pont mercredi soir, à moins que la situation s'améliore de façon marquée d'ici là.

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Caroline Gravel

Après cinq jours d'essais, les services municipaux et les élus semblent se rendre à l'évidence que l'achalandage en direction de l'Université de Sherbrooke, particulièrement à l'heure de pointe de fin d'après-midi, est trop important en ce moment pour qu'on retranche une des deux voies aux automobilistes. Le projet pilote, rappelons-le, devait durer un mois.

« On a mis le projet pilote en application jeudi dernier et dès jeudi et vendredi soir, on a expérimenté des problèmes majeurs de files d'attente », reconnaît la directrice du service des infrastructures urbaines Caroline Gravel.

« Tout de suite vendredi matin, on a mis en place une voie de refuge supplémentaire à l'intersection Denault pour permettre d'accumuler plus de véhicules (à la sortie du pont). Aujourd'hui (lundi) on a fait des modifications dans les contrôleurs des feux de circulation pour régler la problématique. Par contre, lundi soir on n'a pas observé de meilleurs résultats », explique-t-elle.

Mardi, on tentera à nouveau d'augmenter le temps de circulation dans l'axe Jacques-Cartier en changeant le phasage des feux, mais sinon on mettra un terme à l'expérience en cours mercredi soir, continue Mme Gravel.

Outre la caméra mise en place pour vérifier le temps d'attente sur le pont, la Ville avait dépêché deux observateurs sur les lieux pendant les heures de pointe du matin et du soir lundi.

Vers 17 h lundi, l'attente était telle que la file de véhicules immobilisés s'étirait de parechoc à parechoc de King Ouest jusqu'à Denault, a pu constater La Tribune.

Les automobilistes ont été très critiques sur les réseaux sociaux depuis jeudi et le conseiller du secteur, Jean-François Rouleau, dit avoir reçu à lui seul plus de 40 plaintes.

« Il y a plus d'achalandage que ce que tous nos comptages avaient donné », convient Caroline Gravel, qui précise que son service avait tout de même effectué cinq comptages à cinq périodes différentes de la dernière année sur le pont Jacques-Cartier avant de conclure qu'il n'y avait pas saturation de la capacité routière.

« Les cinq comptages nous donnaient exactement la même quantité de véhicules, c'est-à-dire autour de 600-700 véhicules à l'heure durant les heures de pointe. Là on expérimente 350 véhicules aux 15 minutes, c'est presque le double de véhicules. »

La directrice du service des infrastructures urbaines pointe des accidents de la route survenus la semaine dernière pour expliquer cet écart, mais surtout probablement les nombreux chantiers routiers dans la ville, notamment sur le boulevard de Portland à la hauteur du boulevard Jacques-Cartier, qui changent les habitudes des automobilistes.

Au printemps

Si le projet pilote est abandonné mercredi, il semble clair toutefois que c'est pour mieux revenir au printemps prochain.

« Ce n'est pas un échec total, a dit le président du Centre de mobilité durable, le conseiller Bruno Vachon. On s'est rendu compte de la problématique. On avait ciblé dès le départ qu'il pourrait y avoir un goulot d'étranglement à la lumière et ce qu'on constate, c'est qu'il faudra faire des aménagements pour pallier le problème avant de reprendre l'expérience. Pour ce qui est des cyclistes, ce n'est pas complètement compromis. On regardera d'autres solutions si ce n'est pas la bonne. »

Rappelons que la Ville de Sherbrooke tient ce projet pilote dans le cadre de son Plan directeur du transport actif. La piste cyclable bidirectionnelle est aménagée à la place de l'une des trois voies que compte le pont Jacques-Cartier (deux vers l'université et une vers la rue King), entre la rue Tracy et la rue Denault.

L'expérience est testée en automne non pas pour mesurer l'intérêt des cyclistes, mais bien pour valider l'impact de la fermeture d'une voie aux automobilistes à un moment où toutes les institutions génératrices de trafic (écoles, cégep et université) sont en activités.

« Ce n'est que partie remise, dit Bruno Vachon. On va revenir au printemps avec une solution qui sera sûrement meilleure. »

Une passerelle sous le pont?

Plutôt que de retrancher une voie aux automobilistes, le conseiller Jean-François Rouleau suggère qu'on aménage une passerelle sous le pont Jacques-Cartier pour les cyclistes et les piétons.

« Il faut trouver une solution et je la cherche depuis longtemps, explique-t-il. On a déjà fait un pont suspendu sous l'autoroute 410, et j'ai également contribué au pont qui fait le tour du pont noir (à la promenade du Lac-des-Nations). Le nombre de cyclistes est en augmentation, oui, mais il ne faut pas oublier non plus les piétons, les personnes âgées, les mamans poussettes qu'on retrouve en grand nombre au parc Blanchard, je vois bien qu'il faut faire plus. Et ça pourrait servir à toute la population. »

Son collègue Bruno Vachon a répondu à sa suggestion qu'il pourrait en coûter à première vue environ 3 millions $ pour une telle structure.

« Trois millions sur vingt ans, ce n'est pas plus cher qu'un Quartier de l'entrepreneur sur la Well ou que d'autres événements dont on n'a pas le plan d'affaires, réplique M. Rouleau. C'est 300 000 $ pendant dix ans alors qu'on est prêt à investir 300 000 $ pour une descente de Ice Cross au Mont-Bellevue, qui servirait à une vingtaine de personnes. »

« Ce sont des éléments comme ça que ce conseil-là doit prioriser si on a une vraie volonté de faire de vraies choses et de laisser un héritage à long terme. C'est ce genre d'infrastructures qui fait la différence », conclut-il.

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