Foire d'empoigne pour une décision historique

Les élus sherbrookois se sont livrés, hier soir,... (Archives, La Tribune)

Agrandir

Les élus sherbrookois se sont livrés, hier soir, à un débat animé concernant la création du Quartier de l'entrepreneur au centre-ville de Sherbrooke.

Archives, La Tribune

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Sherbrooke) Moment historique, clamaient les uns. Projet précipité, rétorquaient les autres. Les élus sherbrookois se sont livrés à un débat animé concernant la création du Quartier de l'entrepreneur au centre-ville de Sherbrooke. Au final, Jean-François Rouleau, Hélène Dauphinais, Marc Denault et Pierre Tardif auront voté contre l'ensemble des propositions d'acquisition de bâtiments. La majorité a toutefois jeté les bases d'une reconversion de la rue Wellington Sud.

Annie Godbout a lancé les premières salves en déclarant ne pas faire confiance au maire Bernard Sévigny pour mener ce projet exigeant beaucoup de vision. « Dire oui à ce projet est un acte de foi envers le maire Bernard Sévigny pour mener un projet qui n'est pas encore défini. En ce moment, ce projet n'appartient pas au conseil. Il nous a été présenté ce soir (lundi) et nous devons prendre une heure pour accepter un projet de cette envergure. C'est une insulte à notre fonction d'élu. »

Les élus ont effectivement pris connaissance de l'ensemble du projet vendredi. Le maire Bernard Sévigny a toutefois indiqué que l'idée était sur la planche à dessin depuis environ un an.

« Le présenter à quelques heures du vote ne donne pas le temps aux conseillers de réfléchir aux enjeux. Ce dossier sert à M. Sévigny et à son discours à la Chambre de commerce demain (aujourd'hui) », a fait valoir Jean-François Rouleau.

Pierre Tardif a craint que le projet ne respecte pas la capacité de payer des citoyens, surtout avec des dossiers déjà en branle comme ceux de l'aéroport et de la reconstruction du pont des Grandes-Fourches.

Hélène Dauphinais a remis en question le respect du plan de développement du centre-ville. « On dit que ça s'arrime avec la vision de Centre-ville 2020, mais on rajoute un stationnement pour qu'il y ait plus d'autos. Ça va à l'encontre de la mobilité durable. On regroupera des organismes existants, mais est-ce que ça créera de l'emploi ? J'en doute. »

Christine Ouellet n'a pour sa part pas hésité à donner son aval. « Je ne crois pas que ce soit un projet de conseil où il faut en débattre de long en large. Il y a une vision, on y adhère ou on n'y adhère pas. Nous sommes en train de faire un échiquier et les éléments viendront se placer d'eux-mêmes. Ça facilitera l'accouchement de plusieurs projets. »

Chantal L'Espérance a martelé l'importance d'investir pour attirer les investisseurs. Sans les aménagements autour du lac des Nations, plaide-t-elle, le Vü et le Grand Hotel Times n'auraient pas choisi ces emplacements.

Rémi Demers abondait dans le même sens. « La réalité, c'est que nous avons besoin d'une locomotive. Il ne se passe rien depuis des années. Si nous ne prenons pas cette décision, nous serons au même niveau dans quelques années. Ce sont des coûts importants, mais il y aura aussi création de richesse. » Comme son collègue Louisda Brochu, il a parlé d'une décision historique.

Bruno Vachon a rétorqué à ceux qui déploraient l'absence du privé dans le projet. « On nous dit souvent que nous n'avons pas de vision. Là on agit, on dit qu'on s'occupera de nos entrepreneurs. C'est nous prendre pour des imbéciles de dire qu'il n'y aura qu'un stationnement et un regroupement de quatre organismes. »

Dans le même sens le maire Bernard Sévigny a confirmé la participation de plusieurs partenaires. « Dans cette vision, il y a plusieurs partenaires, dont certains ont déjà des projets qui sont montés, ficelés et prêts à être annoncés. D'autres sont en montage. Sans l'impulsion du conseil municipal, il aurait été difficile de convaincre certains partenaires de s'engager sur la rue Wellington Sud. Tous les autres projets vont revenir au conseil pour des discussions et une décision. »

Enfin, Danielle Berthold et Diane Délisle ont déploré l'attitude de certains de leurs collègues. « Ce n'est pas en étant un éteignoir qu'on attirera les entrepreneurs au centre-ville », a dit Mme Délisle.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer