Le cabinet de la mairie précise ses dépenses de billets

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Les escarmouches et les prises de bec se multiplient au conseil municipal de Sherbrooke concernant les dépenses du cabinet de la mairie.

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(Sherbrooke) Les escarmouches et les prises de bec se multiplient au conseil municipal de Sherbrooke concernant les dépenses du cabinet de la mairie. Le directeur du cabinet, Étienne Vézina, a apporté des précisions la semaine dernière sur les déboursés pour l'achat de billets pour des événements de charité. Le sujet a de nouveau été abordé lundi.

Sur son blogue en date du 18 août, la conseillère Hélène Dauphinais interprétait les données diffusées par le cabinet au conseil le 15 août en avançant que 173 000 $ avaient été dépensés en 2015 pour l'achat de billets et pour l'inscription à des congrès. M. Vézina a souhaité apporter une « mise au point ».

« Il y a eu un problème de compréhension. Quand j'ai fait la présentation, j'ai donné à titre d'exemple [...] la question de l'achat de billets à des fins de soutien d'organismes de charité pour montrer ce qui se brassait dans ce budget-là. Il y a des membres du conseil qui ont compris qu'on achetait pour 177 000 $ [sic] de billets. Ça voudrait dire l'achat de plus de 3000 $ de billets par semaine. Même si on allait à tout, je ne crois pas qu'on arriverait à un budget semblable », a formulé Étienne Vézina.

Ce budget comporte aussi les cotisations que le cabinet paie aux associations nationales comme la Fédération canadienne des municipalités et l'Union des municipalités du Québec. On y inclut les dépenses liées aux repas servis lors des comités pléniers.

« Ce sont 11 660,83 $ qui sont dépensés pour des billets. C'est infiniment plus raisonnable. Les demandes qui nous parviennent viennent généralement des membres du conseil. La réponse est à peu près toujours positive si les demandes sont raisonnables. Si le conseil souhaite changer ces pratiques, je peux rapidement donner des directives pour que nous ne procédions plus de cette façon. »

En réalité, cette somme se décompose en approximativement 6000 $ pour les conseillers, 3000 $ pour le maire et 2300 $ pour les présidences de comités. S'ajoutent 24 000 $ en budget pour les arrondissements, somme qui n'est pas assumée par le budget du cabinet de la mairie. En tout, le conseil dépense donc 685 $ par semaine pour l'achat de billets.

Hélène Dauphinais a déploré que le détail des dépenses du cabinet avait été déposé le soir même du conseil, en août, sans possibilité d'analyse préalable de la part des élus. « Ça démontre bien que de remettre des documents séance tenante ne nous donne pas le temps de poser des questions. Peut-être ç'aurait pu éviter ce type d'erreur si nous avions eu les documents avant. Ce n'est pas une pratique qui encourage une bonne compréhension de ce qui se passe. »

Mme Dauphinais a par ailleurs rappelé que les élus disposent tous d'un budget de 15 000 $ non imposable pour faire l'achat de billets. « Peut-être devrions-nous mettre une ligne quelque part pour voir où on doit s'arrêter, mais il est certain qu'à 11 000 $, l'enjeu est moins important. »

Le président du conseil, Serge Paquin, a invité ses collègues à la prudence lorsqu'ils débattent à propos de chiffres.

« Je vous invite quand vous avez à faire des interventions publiques, que ce soit sur vos blogues ou dans les médias, à vous assurer de la validité des chiffres. Il était simple dans ce cas-là de faire la vérification. On n'est jamais trop prudent. »

« Normalement, les documents, nous les avons d'avance. Ça facilite le travail de tout le monde. C'est quelque chose à améliorer», a pour sa part critiqué le conseiller Jean-François Rouleau.

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Hélène Dauphinais

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Serge Paquin

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Hélène Dauphinais invitée à proposer une autre formule

Le débat sur le budget alloué aux billets par les élus municipaux n'est pas terminé au conseil. Si le président du conseil Serge Paquin espérait une proposition claire de la conseillère Hélène Dauphinais lundi, cette dernière ne semblait pas avoir été informée des attentes à son endroit.

À l'ordre du jour, c'est le nom du directeur du cabinet de la mairie, Étienne Vézina, qui apparaissait à titre d'invité, mais c'est plutôt Serge Paquin qui a offert le détail des dépenses en matière de billets. « Souhaitez-vous que nous revoyions notre pratique à cet égard? Si tel est le cas, nous pourrons le prévoir au budget 2017. Mme Dauphinais, je vous donne l'occasion de réexpliquer votre pensée sur le sujet. Je ramène le dossier pour qu'on entende votre proposition. »

« M. Paquin, je peux vous revenir une autre semaine avec une proposition si vous voulez. Vous nous présentez toujours le sujet sans nous dire ce qui sera discuté. Vous auriez pu m'avertir en me disant que c'est ce que vous alliez me demander », a déploré Mme Dauphinais, prise par surprise.

« Je pensais que c'était clair. Vous vous êtes tellement déjà exprimée sur le sujet », a rétorqué M. Paquin, qui se défend d'avoir voulu piéger la conseillère. « C'est elle-même qui a avancé sur son blogue que ça coûtait trop cher. Elle avait déjà fait état de ses opinions. Je voulais voir si elle avait quelque chose à proposer. »

Hélène Dauphinais s'est défendue en affirmant avoir exprimé son opinion la semaine dernière, mais que ce passage a été coupé au montage pour la diffusion du conseil.

Marc Denault considérait qu'il était correct de se poser la question pour réduire les budgets liés à l'achat de billets considérant les efforts d'optimisation demandés par la direction générale.

Nicole Bergeron ne s'attendait pas à une nouvelle proposition. « Avec les informations et les montants qui nous sont donnés, je ne trouve pas que c'est abusif ou exagéré. Ce que je craindrais, c'est que si des coupes se font, il y aura moins d'achats de billets. Il ne faut pas se leurrer. Ce sont toutes des bonnes causes. Ce sont tous des organismes à but non lucratif qu'on encourage. Le ressac, ce n'est pas nous qui l'aurons », a-t-elle commenté.

Bruno Vachon abondait dans le même sens, mentionnant que les organismes seraient ceux qui pâtiraient d'une réduction de budget. « Il n'y a pas d'abus. »

Louisda Brochu partageait la même opinion et en a profité pour attaquer Hélène Dauphinais, qui selon lui, avait insisté pour déléguer deux personnes, plutôt qu'une, à un événement lors d'une discussion au conseil d'arrondissement. « Parfois, vous avez un double standard. Ce que vous affirmez ce soir n'est pas ce que vous avez fait à l'arrondissement. Je n'ai pas beaucoup d'ouverture à des propositions futures. »

Mme Dauphinais a rétorqué qu'avec le temps « on se questionne et notre pensée évolue. Il faudra se poser la question à savoir si c'est le rôle de la Ville de financer des activités par l'achat de billets alors qu'elle aide déjà beaucoup d'événements. Je vais répondre à votre invitation M. Paquin. Je vais amener un dossier et arriver avec une proposition ».

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