Mont Bellevue: la descente extrême avec le vélo s'ajoute

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La Fédération internationale de skate cross tout terrain s'engagerait à tenir la Coupe Riders à Sherbrooke pour cinq ans si une piste de patinage de descente permanente est aménagée.

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(Sherbrooke) Le projet de construire une piste permanente pour le patinage de descente extrême (Ice cross downhill) au mont Bellevue évolue. Il prévoit maintenant une piste quatre saisons qui servirait au vélo de montagne en été. La montagne serait ainsi accessible pour toutes sortes d'activités familiales. Des investissements de 302 000 $ seraient nécessaires pour les immobilisations.

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Vincent Boutin

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Le concept de ce qui serait la première piste permanente de patinage de descente en Amérique du Nord a été présenté en atelier de travail public, lundi à l'hôtel de ville. « C'est un dossier qui a fait la manchette plus tôt cette année, mais qui n'était pas mûr. Il y a eu beaucoup de travail d'arrimage pour arriver à un consensus. Nous avions une préoccupation de ne pas toucher au couvert forestier et de garder le même nombre de pieds carrés pour le domaine skiable. Il n'y a pas de perte », a fait valoir le président du comité sport et plein air Vincent Boutin.

Concrètement, la piste permanente se situerait dans la piste 3 et aurait son point de départ sous le nouveau télésiège. On y aménagerait aussi une piste estivale pour la descente de vélo de montagne de même que l'ajout d'obstacles à des pistes de vélo déjà existantes et d'une piste à rouleaux. Le retrait d'une remontée mécanique de type téléski permettrait de tracer une nouvelle piste de ski.

« Nous pourrions faire le vélo de montagne sans le patinage, mais il coûterait plus cher parce qu'il faudrait ajouter des volets qui sont inclus dans le patinage. C'est pour ça que c'est une opportunité de traiter les dossiers conjointement », explique Ingrid Dubuc, chef de division des sports et des événements à la Ville de Sherbrooke.La piste de patin permettrait la tenue de la Coupe Riders, la pratique du patin libre et les activités de circuits récréatifs. On estime qu'elle serait utilisée une soixantaine de jours par année et attirerait environ 3000 patineurs. On leur facturerait un billet de remontée et un droit d'utilisation de la piste, soit environ 41 $ en tout. En comparaison, le prix moyen d'un laissez-passer d'une journée de ski en région serait de 58 $.

La Fédération internationale de skate cross tout terrain s'engage par ailleurs à tenir la Coupe Riders à Sherbrooke pour cinq ans si une piste de patinage de descente permanente est aménagée. La fédération internationale cherche à faire reconnaître son sport par le comité international olympique. 

Le patinage de descente compte 2474 athlètes de 55 pays, dont 688 athlètes au Canada. 

Selon le montage financier, la Coupe Riders serait présentée en 2016-2017, alors que la piste permanente serait érigée en 2017-2018. Elle serait inaugurée pour le patin en décembre 2017. Une somme de 40 000 $ récurrente serait nécessaire chaque année pour assurer les activités. À partir de 2018-2019, on estime pouvoir dégager des surplus de 20 000 $.

« Il n'y a pas de subventions qui sont disponibles auprès des gouvernements pour le moment pour ce type de projet là », ajoute Ingrid Dubuc.

Le stationnement du mont Bellevue, lui, pourrait être aménagé pour ajouter 115 espaces simplement en retirant quelques obstacles et en réorganisant l'espace. Le chalet Antonio-Pinard aura besoin de rénovations tôt ou tard, quelle que soit la décision du conseil. 

Les élus se prononceront sur le projet au conseil municipal le 3 octobre.

Réactions mitigées du conseil

Les hivers de plus en plus doux, les faibles revenus envisagés, le caractère extrême du patinage de descente ont été évoqués par plusieurs élus, lundi, pour démontrer leur opposition au projet de piste permanente au mont Bellevue. La décision finale se prendra le 3 octobre, mais les débats ont duré plus de deux heures lundi à l'hôtel de ville.

Christine Ouellet s'est montrée sceptique en regard des changements climatiques, qui pourraient nuire aux sports d'hiver. Elle a aussi souligné la présence d'une piste de BMX à l'école du Triolet. « Avant d'investir dans une autre piste, y a-t-il une possibilité de partenariat, notamment avec des infrastructures qui se trouvent à 3,3 km du mont Bellevue ? »

Pierre Tardif s'est demandé pourquoi, s'il y a une effervescence autour du sport, l'intérêt des spectateurs a semblé moindre dans la dernière année à la Coupe Riders.

« Il faisait -38 le soir de l'événement et nous avons quand même eu 1000 personnes qui se sont pointées », a répondu le promoteur de la Coupe Riders, Christian Papillon.

Nicole Bergeron aime le volet vélo, mais doute de la pertinence de la descente de patin. « Il est faux de prétendre que c'est pour les familles. Il faut être un sportif aguerri et aimer le risque. On manque d'argent et on en cherche. Il faudra peut-être investir dans les patinoires bientôt. Oui l'événement peut être intéressant, mais pas de là à en faire une infrastructure permanente. »

Annie Godbout avait l'impression qu'on ajoutait le volet du vélo de montagne pour faire avaler la pilule du patinage de descente. « C'est un mélange des genres. Je n'ai pas envie d'être contre la Coupe Riders, mais voulons-nous faire du mont Bellevue La Mecque du sport extrême ? Je trouve qu'on manque de vision. »

De l'argent pour le Regroupement

Jean-François Rouleau estime que plusieurs autres sports pourraient bénéficier des fonds qu'on souhaite investir. « Je suggère que cet argent-là soit rendu disponible pour des projets pilotés par le Regroupement du parc du Mont-Bellevue. »

Nicole A. Gagnon, qui avait montré des réticences au projet plus tôt cette année, se rallie. « Ma seule inquiétude était de savoir si nous pouvions utiliser la structure pendant quatre saisons. Je suis partante. »

Le président de Destination Sherbrooke, Rémi Demers, n'a pas caché son enthousiasme et a défendu bec et ongles la proposition de piste permanente. « C'est un projet qui a pris une tangente que nous n'avions pas imaginée au départ. On a une offre quatre saisons qui s'adresse avant tout aux familles. Nous avons une occasion d'innover. C'est une occasion unique de mener la parade, d'être les premiers. Moi je dis go, il faut y aller. »

M. Demers a indiqué que ce sont les fruits de ces activités qui permettent de payer les travaux dans les rues. « Si être conseiller, ce n'est que de parler de routes et de vidanges, ça ne m'intéresse pas. »

Son collègue Bruno Vachon croit aussi qu'il faut profiter de l'occasion. « Tant mieux si nous sommes capables d'être les premiers. Nous pourrons voir une clientèle qui, pour le moment, ne visite pas Bellevue. Pour moi, c'est quelque chose d'extrêmement positif. Je ne pense pas que des gens vont partir de l'extérieur seulement pour faire du vélo de montagne à Sherbrooke, mais peut-être qu'ils arrêteront une journée ou deux lorsqu'ils iront à Bromont. »

Chantal L'Espérance croit qu'il faut attendre plus de deux ans pour bâtir l'achalandage d'un événement comme le Coupe Riders. Elle appuiera le projet. Sa seule préoccupation : le stationnement.

Julien Lachance y voit lui aussi une occasion pour la Ville de se présenter comme leader sportive.

Enfin, Vincent Boutin a qualifié le projet d'audacieux. « On parle de budget limité, mais justement, on essaie de maximiser chaque dollar pour utiliser la montagne 12 mois par année. »

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