Réduction d'effectifs au CRE

L'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services... (Archives La Tribune)

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(SHERBROOKE) L'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) en Estrie dénonce vivement les compressions qui se traduisent actuellement en « abolition de postes et d'affectations et en surcroit de travail » au Centre de réadaptation de l'Estrie (CRE) et qui limiteront significativement les services à la population.

Lors d'une rencontre avec des chefs de services jeudi dernier, certains employés qui travaillent à temps plein depuis plus de six ans ont appris que leur semaine de travail serait diminuée de cinq à deux jours. D'autres, qu'ils perdraient leur emploi. Ces mesures touchent environ cinq employés, soit des ergothérapeutes et des techniciens en réadaptation physique, selon l'APTS.

« Leurs patients sont des blessés orthopédiques graves, c'est-à-dire des victimes d'accidents de la route ou des blessés relevant de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST). Il s'agit d'une clientèle qui nécessite des soins aigus et avec une grande intensité», note le responsable de l'APTS en Estrie, Emmanuel Breton, précisant que les chefs de services ont demandé aux employés de soumettre leur jugement clinique au contexte budgétaire en invitant « chacun à revoir les priorités cliniques pour l'ensemble de ses dossiers, c'est-à-dire valider si certains dossiers peuvent être complétés ou diminués en intensité ou sinon combinés avec un autre usager. »

«Ces exemples concrets illustrent bien à quel point les coupes sauvages et sans distinction imposées par le ministre Barrette ont des répercussions directes sur les services à la population. Dans un courriel adressé à ses employés, un gestionnaire a confirmé que la direction était informée de l'impact de ces décisions sur la clientèle. Je suis outré et choqué que de tels propos soient tenus lorsqu'il est question de services directs, spécialisés et nécessaires à une population qui en a grandement besoin, et y a droit», affirme M. Breton.

Dans ce même courriel adressé aux employés, le chef de service souligne qu'«il est possible que vous soyez davantage questionnés sur votre intensité de services et les mandats que vous réalisez auprès des usagers» et confirme que «les diminutions de journées en ergo et physio sont faites en raison du contexte budgétaire».

De l'avis de l'APTS, les effets de ces coupes iront en s'intensifiant et la population sherbrookoise fera les frais des diktats financiers imposés par le ministre de la Santé et les dirigeants du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l'Estrie-CHUS. « On exige depuis plusieurs années que les professionnels en santé et services sociaux en fassent plus avec moins. S'attaquer comme on le fait présentement à leur autonomie professionnelle et à leur jugement clinique, c'est insidieux, voire méprisant pour nos membres qui se dévouent auprès des patients », s'indigne Emmanuel Breton qui ajoute que la multiplication des réformes majeures, combinée aux compressions de 67M$ sur deux ans dans les établissements estriens, fragilise l'équilibre précaire qui règne au sein des équipes de travail.

« Le gouvernement n'a reçu aucun mandat pour diminuer les soins à la population, ajoute le représentant de l'APTS. Il est temps d'arrêter tous ces chambardements et de mettre résolument le cap sur les services publics», conclut le responsable de l'APTS qui représente plus de 2300 personnes sur le territoire de l'Estrie.

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