Lock-out au Président: le syndicat craint les briseurs de grève

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(SHERBROOKE) Au deuxième jour de lock-out à l'Hôtel Le Président, une quinzaine de syndiqués étaient sur la ligne de piquetage devant l'établissement pour faire valoir leur point.

«Il n'y a toujours pas de rencontre prévue avec la partie patronale et au moment où on se parle, on soupçonne la présence de briseurs de grève à l'intérieur de l'hôtel alors une plainte sera déposée au ministère du Travail et une enquête sera ouverte», a déclaré Stéphane Lacroix, directeur des relations publiques du syndicat affilié aux Teamsters.

Le lock-out déclenché lundi à 10h touche une trentaine de salariés. Des femmes dans 90 pour cent des cas qui exercent le métier de réceptionnistes ou de préposées aux chambres. Cette annonce vient quelque temps après la fermeture du restaurant de l'établissement, où 24 personnes avaient perdu leur emploi.

Marie-Hélène Rancourt, préposée aux chambres et déléguée syndicale des salariés, était de ceux qui brandissaient une pancarte sur la ligne de piquetage mardi matin.

«Nous sommes déterminés à nous battre pour nos droits d'employés. Hier, on est entrés comme si de rien n'était et à 10h, on était escortés dehors par des agents de sécurité. On était sous le choc», note celle qui travaille à l'Hôtel Le Président depuis 2009.

«On veut des meilleures conditions de travail et une meilleure ambiance», résume Mme Rancourt.

Les dernières offres de la direction du Président proposées en juin comprenaient une augmentation de salaire de 1 à 1,5 pour cent par année pour un contrat de six ans. «C'est une offre risible quand on parle de gens qui gagnent entre 12 et 14$ l'heure. De notre côté, on demande 4 à 5 pour cent pour rattraper les gens qui travaillent dans les autres hôtels de la région. C'est une question d'équité et de respect. Et on parle même pas de régime de retraite ou d'assurance, car il n'y en a pas ici», précise M. Lacroix.

Le syndicat invite l'employeur à revenir à la table des négociations. «On est toujours prêt à négocier à condition que ce ne soit pas des offres ridicules. Et notre message pour la clientèle est d'éviter l'hôtel parce qu'on voit vraiment pas comment l'employeur peut assurer le bien-être des clients. On ne peut pas remplacer 30 travailleurs par cinq, ça ne marche pas», estime M. Lacroix.

La partie patronale n'a pas voulu s'étendre sur le sujet. Le directeur général de l'hôtel, Éric Faust, s'est contenté de dire qu'il était «débordé et ne souhaitait pas nuire au conflit». En ce qui a trait aux craintes du syndicat concernant la présence de briseurs de grève, il s'est défendu en affirmant qu'il s'agissait d'un lock-out «légal fait dans les règles de l'art».

Rappelons que la convention collective est échue depuis mars dernier.

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