Le Free Go sera installé à l'Armée du salut l'hiver

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(SHERBROOKE) Avec les coûts de loyer importants, la facture d'Hydro qui a monté, il reste peu d'argent à Myshell-Alexandre Carpentier pour l'épicerie. Depuis que le frigo Free go est en place sur la rue Wellington Sud, le Sherbrookois vient y chercher des denrées une à deux fois par semaine.

Il y a maintenant un mois que le frigo a été installé juste à côté du Tremplin 16-30. Il devait y être jusqu'en août, mais étant donné son succès, il sera hébergé dans l'entrée de l'Armée du salut pendant la saison froide, se réjouit Sondès Allal, agente de développement socioéconomique à la Corporation de développement économique communautaire de Sherbrooke (CDEC), qui chapeaute ce projet.

Le frigo libre-service est aussi devenu un lieu social, souligne cette dernière.

Myshell-Alexandre Carpentier confirme.

Se déplaçant en quadriporteur et se tenant plus difficilement sur ses jambes, l'homme a du mal à franchir la distance qui sépare le trottoir du frigo. Souvent, les gens présents vont lui offrir leur aide, raconte-t-il. Le frigo n'est pas situé de façon idéale pour les personnes à mobilité réduite, mais au départ, il a été difficile de dénicher un endroit où on acceptait qu'il soit installé, note Mme Allal.

Au cours de l'entrevue effectuée juste à côté du réfrigérateur libre-service, on peut constater le va-et-vient. Des gens qui viennent chercher des légumes. D'autres qui viennent en porter.

À notre passage, le copropriétaire de VERTige ferme urbaine et bar à jus, Ashley Wallis, apporte plusieurs items, dont du cresson et des micropousses.

«C'est le surplus des produits qu'on sait qu'on ne vendra pas», précise le jeune homme. «On a un modèle de récupération et de compostage depuis des années. On a fait affaire beaucoup avec Moisson Estrie; on essaie aussi encore. L'avantage avec le frigo, c'est qu'il y a un impact direct. On voit où ça s'en va. C'est du one on one: il y a moins d'intermédiaires.»

«Le concept d'économie collaborative, c'est un concept qui commence à peine à Sherbrooke. C'est une des formes possibles de l'économie collaborative qui élimine l'intermédiaire», souligne Sondès Allal.

«C'est facile pour nous. On met une boîte supplémentaire. Ce n'est pas une tâche qui est plus grande», renchérit Ashley Wallis. Les serres de VERTige sont situées boulevard Jacques-Cartier Sud, à Sherbrooke. La ferme compte entre autres parmi ses clients des restaurants, des épiceries, de même que des particuliers.

Plusieurs redoutaient que le frigo soit l'objet de vandalisme, ce qui n'est pas encore arrivé. Sondès Allal souligne que des organisations de l'extérieur l'ont approchée pour en savoir plus sur l'initiative sherbrookoise, et ce, même si on retrouve d'autres frigos libre-service à l'extérieur de Sherbrooke. Du nombre, un jeune médecin du Nouveau-Brunswick, un organisme de l'Outaouais avaient bien envie de reproduire le concept.

«J'aurais un appel à faire. Étant donné que le frigo se remplit souvent - à la fois par nos partenaires et par des citoyens -, mais qu'il se vide rapidement, j'invite tous ceux qui ont des potagers, les restaurateurs, à venir le remplir. Il y a des besoins énormes et on n'arrive pas à y répondre.»

Les profils des gens qui s'y arrêtent diffèrent. Des familles viennent de l'extérieur pour garnir leurs sacs d'épicerie, note Mme Allal, preuve que d'autres frigos du même type pourraient être installés à différents endroits dans la ville. Elle raconte qu'une citoyenne d'un certain âge n'hésite pas à prendre l'autobus pour venir porter ses surplus de potager.

Rouler pour soulager la faim

Myshell-Alexandre Carpentier entend se rendre à Montréal en quadriporteur, cet automne, afin de ramasser des fonds et des denrées pour le Service d'aide alimentaire de Sherbrooke, à qui il souhaite donner un coup de pouce.Dans le cadre de ce «Roule-dons pour la faim des plus démunis», le Sherbrookois souhaite s'arrêter dans différentes villes. Il doit parcourir 320 km du 1er au 15 octobre.

Myshell-Alexandre Carpentier a créé une page Facebook pour faire connaître son projet.

Par ailleurs, un pot de jardinage urbain sera installé à quelques pas du frigo libre-service, précise Sondès Allal, agente de développement socioéconomique à la Corporation de développement économique communautaire de Sherbrooke (CDEC). On pourra ainsi y faire pousser notamment des herbes aromatiques. Le projet verra le jour grâce à la collaboration de l'Écoloboutique. Les gens sont invités à apporter leurs plants et à les planter ce mardi à compter de 16 h.

L'insécurité alimentaire toucherait environ 383 000 ménages québécois, selon des données de 2013 de Household Food Insecurity in Canada.

Le Free go vise aussi à conscientiser les gens aux problèmes de gaspillage.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer