Une maison alternative fête ses 25 ans

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(SHERBROOKE) Grâce à l'implication de leurs proches, une douzaine de personnes vivant avec une déficience intellectuelle profitent de résidences gérées par leurs parents en fonction de leurs besoins depuis maintenant un quart de siècle à Sherbrooke.

Contrairement à l'approche traditionnelle du placement en famille d'accueil, l'Association pour l'intégration en résidence de l'Estrie (AIRE) mise sur l'intégration des résidents dans ses trois maisons.

«C'est l'intégration de nos résidents qui nous distingue. C'est le même mandat que les familles d'accueil, mais avec la distinction que les familles des résidents sont impliquées. Nous faisons converger les services du CRDITED-Estrie pour nos résidents. Dans une famille d'accueil, ça demeure la maison de la personne ressource, alors que dans notre cas, c'est le lieu de vie des résidents qui leur appartient en quelque sorte», explique le président fondateur de l'AIRE, Daniel Hébert.

«Moi, c'est ma soeur Lucie qui habite la résidence. Elle est chez elle. Si les personnes ressources qui s'occupent d'eux sont remplacées, ce sont les pensionnaires qui demeurent dans la résidence», explique Manon Robidoux, dont la soeur demeure sur la rue Delorme.

L'AIRE compte trois maisons à Sherbrooke réparties sur la rue Delorme, la rue Hertel et sur la 4e avenue.

«L'implication de la famille est primordiale dans le projet d'intégration. Lorsqu'une place se libère, nous tenons à respecter la mission de l'association avec le résident qui va le remplacer», ajoute Daniel Hébert, dont le frère réside dans l'une des trois maisons de l'AIRE.

Comme pour les familles d'accueil, les résidences de l'AIRE sont accréditées par le centre de réadaptation en déficience intellectuelle et en trouble envahissant du développement de l'Estrie (CRDITED-Estrie).

«Nous vivons avec eux sept jours par semaine dans la résidence qui appartient à l'association», explique Serge Tremblay, qui est intervenant à la résidence de la rue Delorme avec Pauline Simoneau.

«Nous comptons sur des personnes ressources très compétentes. Lorsqu'elles veulent relever un autre défi, elles peuvent partir sans que les résidents soient touchés parce qu'elles restent dans les résidences. C'est un grand avantage sur le plan de stabilité», soutient le président fondateur de l'AIRE.

Des parents impliqués

Une fin de semaine par mois, les familles des résidents prennent la relève des intervenants en accueillant leur proche à la maison.

«Les parents restent impliqués. Nous reconnaissons à nos résidents le droit d'avoir un chez-soi, même s'ils ont des limitations intellectuelles», souligne Daniel Hébert.

«Tu veux que ton enfant continue à évoluer même s'il vit avec des limitations. Ma fille continue à se dépasser. Elle possède son milieu de vie comme n'importe qui d'autre», mentionne Réal Turcotte, le père d'une résidente.

L'AIRE a trouvé une formule de financement en misant sur divers partenaires pour mettre en place son concept de ressources résidentielles pour personnes vivant avec une déficience intellectuelle.

«Nous sommes une ressource résidentielle alternative. Nous tenons à respecter notre mission et notre concept. Les parents doivent être impliqués. Lorsqu'une place se libère, il y a toujours un risque qui plane», mentionne Daniel Hébert.

Rencontrés avant leur promenade au bord de la rivière Magog, les pensionnaires Réjean Hébert et Jeanne Roy aiment leur milieu de vie.

«Je suis ici depuis 15 ans. J'aime bien les gens autour. On connaît tout le monde», mentionne Réjean.

L'AIRE a aidé au démarrage d'organismes semblables en Estrie, dont Mansonville et Lac-Mégantic ainsi que dans la région du Lac-Saint-Jean.

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