La patrouille en santé mentale voit le jour

Au cours du mois d'avril, des équipes multidisciplinaires... (Spectre Média, René Marquis)

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Au cours du mois d'avril, des équipes multidisciplinaires formées de policiers et de travailleurs sociaux interviendront directement sur le terrain lors de crises psychosociales ou suicidaires. Jean-François Pellerin, directeur des opérations de la Coopérative des travailleurs d'ambulance, Lyne Cardinal, directrice des services généraux du CIUSSS de l'Estrie - CHUS, et Danny McConnell, directeur adjoint du SPS, ont dévoilé mercredi les grandes lignes de ce projet-pilote.

Spectre Média, René Marquis

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(SHERBROOKE) Au cours du mois d'avril, des équipes multidisciplinaires en interventions psychosociales travailleront directement sur le terrain à Sherbrooke.

Comme le révélait La Tribune la semaine dernière, les patrouilleurs du Service de police de Sherbrooke et les ambulanciers paramédicaux d'Ambulance de l'Estrie participeront à ces équipes d'intervention en compagnie d'un travailleur social du CIUSSS de l'Estrie-CHUS dans le cadre d'un projet-pilote d'une année.

Les policiers seront en service avec un travailleur social les mercredis et vendredis en soirée sous le vocable d'Équipe mobile d'intervention psychosociale (EMIP), alors que l'Unité paramédicale d'intervention psychosociale (UPIP) sera de garde les jeudis et samedis, soit les périodes où il y a le plus de situations problématiques.

« Nous cherchons à offrir un service d'évaluation immédiate sur le terrain lorsque la situation se présente pour mieux cibler la personne en détresse et l'orienter vers les bons services. La conséquence pourrait être une diminution des transports et des visites à l'urgence de l'Hôtel-Dieu. Nous visons à augmenter l'accès à nos services de première ligne. Que les personnes soient dirigées vers les bonnes ressources au lieu de garder une personne sur civière à l'urgence. Nous voulons offrir le bon service, au bon moment et au bon endroit », explique la directrice des services généraux du CIUSSS de l'Estrie-CHUS, Lyne Cardinal.

Les objectifs demeurent de réduire les temps d'attente à l'urgence psychiatrique du CHUS-Hôtel-Dieu, les temps d'attente pour les ambulances, de réduire la récurrence des appels de ce type et surtout de répondre adéquatement à la clientèle en détresse.

Intervention rapide

« Ces équipes interviendront rapidement lors de crises psychosociales ou crises suicidaires. Le partage d'information avec le travailleur social sur le terrain permettra d'intervenir plus rapidement et d'orienter la personne en crise plus rapidement; pas nécessairement vers l'incarcération ou l'hospitalisation comme c'est le cas actuellement, mais vers les services spécialisés », explique le directeur adjoint du SPS, Danny McConnell, qui mentionne qu'entre sept et dix heures sont consacrés quotidiennement à ce type d'intervention.

Dix policiers seront sélectionnés sur cinq équipes afin d'intervenir au sein de ces équipes de patrouille multidisciplinaires.

« Il y aura une formation qui sera donnée aux policiers en collaboration avec nos collègues de l'équipe de soutien d'urgence psychosociale du SPVM. Nous sommes allés les rencontrer à Montréal pour profiter de leur expérience acquise depuis quatre ans », explique le directeur adjoint du SPS.

« Il s'agit d'une première au Québec pour ce type d'équipe multidisciplinaire composée d'un travailleur social et d'un paramédic. Nous pourrons avoir un meilleur temps réponse tant pour ce type d'appels que la disponibilité des ambulances en général », ajoute le directeur des opérations d'Ambulance de l'Estrie, Jean-François Pellerin.

Pour la première année, le SPS puisera à même son budget de fonctionnement pour ce projet, alors que le CIUSSS de l'Estrie-CHUS bénéficie d'une somme non récurrente de 65 000 $.

« Si le projet est reconduit et que nous l'étendons tous les jours, nous irons demander de l'argent au conseil municipal, mais nous n'en sommes pas rendus à cette étape. Nous espérons que cette nouvelle façon de travailler va rester », mentionne Danny McConnell.

Une équipe de chercheurs évaluera le projet et en mesurera les impacts.

Chaque année plus de 4000 personnes présentant des problèmes de santé mentale ou psychosociale visitent l'urgence du CHUS-Hôtel-Dieu. De ce nombre, 1825 sont arrivés en ambulance et 200 par les policiers. Urgence détresse reçoit chaque année 3700 appels et ont effectué plus de 600 sorties.

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