Vitesse: des bollards flexibles installés sur neuf rues

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La Ville de Sherbrooke a peut-être trouvé une façon peu coûteuse pour réduire la vitesse dans certaines de ses rues.

La Tribune, Jonathan Custeau

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(SHERBROOKE) La Ville de Sherbrooke a peut-être trouvé une façon peu coûteuse pour réduire la vitesse dans certaines de ses rues. L'étude menée pendant l'été 2015 à l'aide de bollards flexibles, ces espèces de pancartes rabattables installées au milieu des rues pour l'activité de prévention Bon pied, bon oeil par exemple, a été suffisamment concluante pour recommander leur installation dans neuf voies de circulation.

Le chemin Moulton Hill, où les citoyens réclament des mesures d'atténuation de la vitesse depuis des années, a notamment été ciblé.

«En 2014, un manufacturier nous a proposé une nouvelle solution pour réduire la vitesse dans les rues. Il s'agit d'un bollard flexible qu'on installe au milieu de la chaussée et de chaque côté de la rue pour créer un étranglement d'environ 3,25 mètres. Dès la première installation, nous avons remarqué un effet sur les conducteurs, qui ont réduit leur vitesse », mentionne Philippe Côté, ingénieur coordonnateur pour la division des infrastructures de transport à la Ville de Sherbrooke.

Le premier test a été effectué sur la rue Émile-Zola en 2014. L'année dernière, 18 endroits avaient été ciblés à la suite de demandes de citoyens. « Une réduction de la vitesse était observable et les gens étaient même déçus quand nous enlevions les bollards pour aller faire l'expérience ailleurs. J'aime bien dire que c'est un outil additionnel dans notre coffre. »

Parmi les avantages de cette nouvelle méthode pour réduire la vitesse, celle du coût réduit en comparaison avec la construction d'un dos d'âne. La première installation coûte environ 600 $ alors que l'installation des années subséquentes exigera des déboursés d'environ 150 $. La durée de vie d'un bollard est d'environ cinq ans. En comparaison, le dos d'âne, souvent jumelé à un passage de piétons et construit principalement près des parcs et des écoles, coûte quelques milliers de dollars.

Le bollard peut aussi être facilement déplacé en plus de permettre de valider l'efficacement d'un aménagement qu'on rendrait plus permanent. En contrepartie, il ne peut être utilisé qu'en été, puisqu'il est incompatible avec l'entretien hivernal.

Il a donc été décidé d'utiliser les bollards dans des rues locales ou collectrices à une seule voie dans chaque direction où la vitesse mesurée se situe entre 55 et 65 km/h et où la limite permise est de 50 km/h. L'utilité et l'efficacité de ces installations, qui demeureront en place de mai à novembre, seront réévaluées périodiquement. Chaque nouvelle plainte sera prise en considération afin de déterminer si l'installation de bollards est appropriée.

Outre le chemin Moulton Hill, le chemin Galvin et les rues Croteau, Ernest-Bergeron, LaRocque, des Pèlerins, St. Francis, de Gaspé et Sainte-Bernadette auront droit à leurs bollards.

Le président du comité exécutif, Serge Paquin, a souligné qu'une solution était recherchée depuis longtemps pour la vitesse sur le chemin Moulton Hill et que cette suggestion avait été accueillie par des applaudissements au comité de la sécurité publique. Il a toutefois prévenu qu'il ne faudrait pas abuser des bollards. « La porte peut demeurer ouverte autour des parcs et des écoles, mais qu'on ne se mette pas à en installer partout, sinon les gens s'habitueront et les bollards perdront leur effet. »

Annie Godbout a pour sa part souhaité que le nombre d'enfants en bas âge dans les quartiers soit un facteur considéré dans les choix des endroits où des bollards seront implantés.

Plusieurs projets routiers en attente

Des améliorations ont été apportées aux quatre coins de la ville pour assurer une meilleure satisfaction et une meilleure sécurité des citoyens en lien avec le réseau routier. C'est le bilan que dressait la Ville de Sherbrooke, lundi en atelier de travail public, des travaux d'amélioration réalisés en 2015. Certains élus en ont toutefois profité pour faire part de leurs inquiétudes pour la sécurité dans leur quartier, notamment en raison du marquage éphémère de la chaussée.

L'an dernier, la Ville a compté 275 requêtes de citoyens en lien avec la signalisation, le stationnement, la vitesse, la circulation lourde ou la protection des cyclistes et des piétons. Ces doléances ont entre autres orienté les choix pour l'investissement des 850 000 $ inscrits au budget de fonctionnement en circulation et en signalisation.

Parmi les améliorations apportées, l'intersection « complexe » des rues de la Croix, du Curé-Larocque et Notre-Dame, dans l'arrondissement de Brompton, a été reconfigurée. « Nous avons porté une attention particulière au fait qu'il y avait une garderie à proximité pour allonger le trottoir et nous assurer qu'il y aurait de la place pour le stationnement », précise Philippe Côté, ingénieur coordonnateur à la division des infrastructures de transport à la Ville de Sherbrooke.

M. Côté ajoute que les 4,1 km de voies cyclables et les 2,9 km de trottoirs sont des réalisations considérables pour une seule année.

À noter que la Ville a ajouté cinq passages piétonniers et des panneaux d'arrêt à toutes les approches d'intersection de huit rues. Deux nouveaux corridors scolaires ont aussi été créés.

Annie Godbout s'est toutefois interrogée sur la qualité de la peinture utilisée pour le marquage dans les rues, notamment sur le boulevard Mi-Vallon. « Il y a eu des travaux et le marquage a été fait à la fin août. Quelques semaines plus tard c'était déjà endommagé... »

Philippe Côté répond que le choix de peinture, à base d'eau, est standardisé. « Sinon, il faut utiliser de la peinture à l'époxy, mais c'est plus fastidieux, plus difficile d'application et il est plus difficile d'y apporter des corrections. Il n'y a donc pas d'économies réelles. Pour Mi-Vallon, quand le pavé est récent, le bitume n'a pas eu le temps de s'évaporer comme il faut et nous devons effectivement rafraîchir la peinture au printemps. »

Mme Godbout a rappelé qu'un passage sécuritaire pour traverser le boulevard Bourque, à la hauteur du boulevard Mi-Vallon, n'avait toujours pas été aménagé.

Hélène Dauphinais a quant à elle plaidé pour un lien cyclable qui mènerait au Cégep de Sherbrooke et un autre qui désenclaverait le secteur Dubreuil. La sécurité dans la rue Goupil la préoccupe et elle espère toujours un feu de circulation qui permettrait de traverser le boulevard Saint-François Nord en toute sécurité.

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