Blitz pour une toponymie plus féminine

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Évelyne Beaudin

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(SHERBROOKE) Le CALACS Agression Estrie et les Pépines profiteront de la Journée internationale de la femme pour suggérer au conseil municipal de Sherbrooke d'utiliser davantage de toponymes féminins dans la désignation des noms de rues ou de bâtiments. Il s'agit d'un des trois volets mis en place pour souligner le 8 mars à Sherbrooke.

Lundi prochain, les deux organismes se présenteront donc au conseil municipal et soumettront le nom de huit femmes qui mériteraient d'être honorées. « À Sherbrooke, ce sont environ 12 % des noms de rues qui portent un nom de femme. Si on tient compte des toponymes qui sont attribués pour des rues qui ne sont pas encore construites, on atteint 18 %. Le problème, c'est que le comité de toponymie attribue les noms en fonction des suggestions qu'il reçoit. Il faut changer cette attitude passive », mentionne Évelyne Beaudin, présidente des Pépines.

Mme Beaudin convient qu'il ne suffit pas de lancer des suggestions. « Il y a quand même une recherche derrière chacune des propositions. Il y a des fiches à remplir. À tout le moins nous contribuerons à renflouer la banque de toponymes. L'idée, c'est qu'il y ait un engagement de l'ensemble des membres du conseil, parce que nous sommes vraiment loin de la parité. Quand on regarde les grandes artères, c'est encore pire. Au Québec par exemple, il n'y a aucune autoroute qui porte le nom d'une femme. »

OBJECTIF CHIFFRÉ

La présidente des Pépines suggère de fixer un objectif chiffré et de prendre un moyen de l'atteindre. Elle avance qu'elle proposera une diversité de moyens pour arriver à atteindre ces objectifs. « Par exemple, à Sherbrooke, il y a des quartiers thématiques. Il y a le quartier avec des noms d'oiseaux. Celui avec des noms de fleurs. On pourrait décider qu'un quartier est consacré aux femmes. En fait, c'est parce que nous sentons que la porte commence à s'ouvrir que nous avons décidé de mettre le pied dedans. »

Pour Évelyne Beaudin, la toponymie n'est qu'un exemple de l'inégalité hommes-femmes. « Elle est là sans qu'on s'en rende compte. C'est par hasard que j'ai constaté qu'il n'y avait aucun nom de femme dans les rues de mon quartier. La première étape, c'est la prise de conscience. »

Pour souligner la Journée de la femme, les deux organismes proposent également de confectionner des fleurs en tissu recyclé, d'y écrire le nom d'une femme qui mérite une reconnaissance et de lui remettre le 8 mars. Les gens sont invités à prendre une photo de la fleur et à la publier sur Twitter avec le mot-clique #1femme1fleur. « L'idée, c'est que ce soit organique. Nous aimerions que ça devienne une tradition, comme le coquelicot du jour du Souvenir. L'idée n'est pas d'imager la fragilité de la femme, mais bien la pérennité du geste. »

Enfin, le film Les Suffragettes sera projeté le soir du 8 mars au Collège du Mont-Notre-Dame. L'activité commence à 17 h et une présentation des huit femmes dont le toponyme aura été suggéré au conseil municipal est prévue.

jonathan.custeau@latribune.qc.ca

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