Dossier Costco : Bergeron plaide la patience

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Diane Délisle a soulevé la colère de son collègue élu Jean-François Rouleau lorsqu'elle a sous-entendu qu'il avait déposé une résolution visant à accélérer l'étude du dossier du Costco sous la pression des promoteurs.

Spectre Média, Frédéric Côté

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(SHERBROOKE) Le dossier du déménagement possible du Costco chemine et des discussions ont cours depuis le mois d'octobre. Aucun projet n'a toutefois été déposé auprès des services municipaux. La présidente du comité consultatif d'urbanisme, Nicole Bergeron, a invité ses collègues à la patience à la suite d'une résolution proposée par Jean-François Rouleau au conseil municipal de lundi. Il souhaitait accélérer l'étude du dossier.

« Il est proposé que le conseil municipal demande à l'administration municipale d'accélérer l'étude du dossier visant à permettre à Costco de s'établir au plateau Saint-Joseph », stipulait la résolution. Les élus ont toutefois voté à savoir si la résolution devait être inscrite à l'ordre du jour et 14 d'entre eux se sont prononcés contre. Julien Lachance, Marc Denault, Hélène Dauphinais et Pierre Tardif ont joint leur voix à celle de M. Rouleau. Celui-ci faisait valoir que la mobilisation citoyenne concernant le prix élevé de l'essence à Sherbrooke était toujours forte. Dans un avis rendu en novembre, la Régie de l'énergie concluait que le prix de l'essence était plus élevé à Sherbrooke que dans les villes avoisinantes et que l'absence d'un gros détaillant pouvait expliquer cette situation.

« À la lumière de ces conclusions, la venue d'une grande surface offrant de l'essence à Sherbrooke permettrait de faire baisser le prix de l'essence dans notre ville », a avancé Jean-François Rouleau, en mentionnant que « les Sherbrookois sont en droit de payer leur essence à un juste prix sans plus attendre. J'aimerais que le dossier soit traité rapidement dans la mesure des règles légales qui l'entourent. Ce n'est pas un manque de confiance envers qui que ce soit ».

Nicole Bergeron s'est sentie interpellée. « Je serais inconfortable qu'on adopte une résolution qui irait en ce sens. J'aimerais rassurer mes collègues, même si je n'ai pas pris position encore sur la place publique. Le dossier chemine malgré ce que M. Rouleau dit et qu'il s'imagine que rien n'est fait. Le dossier chemine depuis octobre. Il y a eu plusieurs rencontres, dont certaines au cabinet de la mairie, où je n'ai pas toujours été présente, et c'est légitime. J'ai toujours des informations à jour et aujourd'hui même, il n'y avait aucune demande officielle de Costco ou des propriétaires de terrains.

« Si rien n'est déposé, c'est que le promoteur est encore en réflexion. Nous ne ferons pas état des négociations sur la place publique. Bien sûr que j'ai hâte de traiter du dossier, mais la première étape, c'est que le promoteur dépose son projet. Laissez le dossier cheminer. Tout le monde veut savoir où et quand ça se fera. Ce soir, je ne suis pas en mesure de répondre. Vous serez peut-être surpris des conclusions et vous comprendrez pourquoi le dossier n'a pas encore été apporté. »

Comme plusieurs de ses collègues, Serge Paquin s'est positionné contre la résolution. « Je ne me souviens pas d'une résolution où le conseil se crée une pression à lui-même. Qu'un élu manifeste le souhait que ça aille plus vite est très légitime, mais c'est un dossier complexe avec beaucoup d'enjeux et il faut bien faire les choses. »

« On ne peut pas faire l'économie de la rigueur parce qu'on regarde le prix de l'essence et qu'il est plus élevé qu'ailleurs. Il faut faire les choses correctement », a ajouté le maire Bernard Sévigny.

« J'ai rencontré le promoteur avant les Fêtes. J'ai reçu le président de Costco dans mon bureau. Il y a une ouverture de la Ville, mais pas n'importe comment et pas n'importe quand. Il faut analyser les impacts d'une décision comme celle-là. Il faut avoir l'ensemble du dossier. Se mettre de la pression est tout à fait inutile dans le contexte. »

M. Sévigny explique que plusieurs intervenants sont impliqués dans le dossier, dont le ministère des Transports et le ministère des Affaires municipales. « Ce n'est pas la première fois qu'on amende un schéma d'aménagement. Si on doit s'adresser à Québec, on va le faire le plus rapidement possible. »

La vitesse d'exécution dans le dossier dépendra du terrain choisi et des demandes du promoteur.

Délisle sous-entend que Rouleau agit sous la pression des promoteurs

En plein débat sur l'opportunité d'accélérer les démarches dans le dossier du Costco, la conseillère Diane Délisle s'en est prise au proposeur de la résolution, Jean-François Rouleau, en sous-entendant qu'il pouvait agir sous la pression des promoteurs.

« Que des promoteurs, pour qui j'ai beaucoup de respect, fassent ou tentent de faire des pressions pour nous faire aller dans le sens de ce qu'ils souhaitent et qu'ils passent par des conseillers municipaux pour ce faire, c'est légitime, mais pour ma part, je ne suis pas confortable d'adopter cette résolution », a-t-elle affirmé.

Il n'en fallait pas plus pour soulever l'ire de Jean-François Rouleau, qui a exigé des excuses. Excuses qui ne sont jamais venues.

« Ce qui n'est pas normal, ce sont les propos de Mme Délisle. Je vais demander à M. le président [Serge Paquin] qu'elle retire ses propos quand elle dit que je subis la pression des promoteurs. Je n'ai pas parlé au promoteur. Je pose des questions. Je vous demande votre opinion juridique là-dessus pour qu'elle retire ses propos immédiatement. C'est indigne qu'on dise des choses semblables alors que je ne demande à l'administration que d'accélérer », s'est emporté M. Rouleau.

Le président du conseil municipal Serge Paquin a précisé qu'il n'y avait pas de termes bannis à l'hôtel de ville. « Ce qui existe, c'est la possibilité de soulever une question de privilège si on se sent attaqué. Je crois que vous avez rétorqué aux propos de Mme Délisle, alors la question de privilège, vous l'avez déjà eue. »

À l'issue de la réunion, Diane Délisle a confirmé qu'elle ne s'excuserait pas. « J'ai tout simplement dit que c'était légitime de la part des promoteurs de faire des pressions sur certains conseillers dans différents dossiers pour faire avancer leurs choses. »

Mme Délisle admet avoir sous-entendu que les promoteurs du Costco auraient fait des pressions sur Jean-François Rouleau. « C'est ce que j'ai sous-entendu. Si ce n'est pas vrai, c'est correct. Je n'ai pas de preuves de ça. Je ne jouerai pas à la petite guéguerre. » Mais s'excusera-t-elle? « Je n'en ai pas l'intention. »

À la période des messages, Jean-François Rouleau en a ajouté. « Mme Délisle a eu des propos d'une bassesse extrême, ce que je n'ai pas vu au conseil depuis vingt ans. Mme Délisle, je suis peiné. Je présume que vos propos sont sortis d'une façon spontanée. Si ç'avait été mon cas, je me serais fait un plaisir de m'excuser. On peut avoir des différences politiques, mais tout doit se faire dans le respect. Soyez assuré que je n'entamerai pas de procédures judiciaires, parce que cela n'en vaut pas la peine. »

Le maire Bernard Sévigny n'a pas souhaité s'en mêler. « Ça n'a aucun rapport avec les partis. Mme Délisle a le pouvoir et la capacité d'affirmer ce qu'elle veut. C'est une élue depuis longtemps à la Ville de Sherbrooke. N'associez pas ça à des questions de parti. Il faut que les débats se fassent de façon saine dans le respect de tous. Il arrive qu'il y ait des accrochages, mais il faudrait poser les questions à Mme Délisle et M. Rouleau. »

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