Une liaison aérienne possible à l'aéroport de Sherbrooke en 2016

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La Corporation de l'aéroport de Sherbrooke poursuit ses discussions avec  l'Administration canadienne de la sûreté du transport aérien pour voir aux derniers détails qui paveront la voie à l'établissement d'une liaison aérienne à partir de Sherbrooke.

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(Sherbrooke) En attendant le modèle d'affaires qui pourrait permettre à l'aéroport de Sherbrooke d'obtenir la désignation nécessaire pour la mise en place d'une desserte commerciale, le directeur de la Corporation de l'aéroport de Sherbrooke, Jean-François Ouellet, estime qu'il est réaliste d'espérer une liaison aérienne en 2016. Les derniers détails techniques devraient être réglés dans les prochaines semaines. Ne restera plus qu'à conclure les ententes avec l'Administration canadienne de la sûreté du transport aérien (ACSTA) et avec une compagnie aérienne.

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Jean-François Ouellet

Photo Spectre Média, Jessica Garneau

Dans les derniers mois, M. Ouellet dit avoir été en contact constant avec l'ACSTA. « Nous avons eu une rencontre le 7 décembre. Ils sont venus nous visiter et nous avons échangé sur l'implantation des services de sûreté. Nous avons reçu la semaine dernière un document qui confirme les besoins techniques pour la réalisation du projet, par exemple pour assurer que la zone de sécurité sera étanche, que le lien internet sera sécurisé ou que l'affichage sera adéquat... »

Selon M. Ouellet, il faudrait environ un mois pour combler les besoins techniques. « Pour les améliorations au bâtiment, nous avons fait les travaux nécessaires en 2015. Nous avons entre autres amélioré le tarmac. »

Le directeur de la Corporation de l'aéroport de Sherbrooke juge « très réaliste » de penser que des avions commerciaux puissent voler dans le ciel de Sherbrooke cette année. Il refuse toutefois de s'avancer sur un échéancier. « Il faut deux choses pour obtenir la désignation : il faut signer une entente avec l'ACSTA sur le modèle d'affaires et il faut que nos installations soient conformes. Où ça devient plus difficile, c'est que ça dépend de nos négociations avec l'ACSTA et de leur capacité à livrer un modèle d'affaires. Il est difficile de signer une entente avec des compagnies aériennes tant que nous n'avons pas le modèle d'affaires. »

Par le passé, il a été évoqué que le coût annuel d'exploitation de l'aéroport pourrait varier entre 500 000 $ et 2 M$. Puisque l'aéroport de Sherbrooke ne serait pas financé à 100 % par le gouvernement fédéral comme les établissements déjà désignés, un modèle de recouvrement de coûts serait mis en place. « L'enjeu, c'est de trouver le coût le plus bas possible, parce que nous refilerons une partie de la facture aux voyageurs. Je présume que la fourchette de prix qu'on nous avait fournie était basée sur les coûts dans les aéroports déjà désignés, mais nous pensons qu'il y a peut-être moyen de faire que les coûts soient moins élevés, entre autres en travaillant avec des sous-traitants. »

Qu'arrivera-t-il si les aéroports en attente d'une désignation n'arrivent pas à s'entendre avec l'ACSTA, si le modèle d'affaires présentait des coûts trop élevés? M. Ouellet l'ignore, mais il estime que Transports Canada ne se serait pas investi dans le processus s'il n'avait pas l'intention d'en arriver à une entente. « Aucune des villes en attente d'une désignation ne sera en mesure d'absorber des frais exorbitants. »

Par ailleurs, M. Ouellet rapporte s'être rendu à Kingston en Ontario, une ville aux caractéristiques semblables à celles de Sherbrooke, pour y mesurer l'impact d'un aéroport. « L'aéroport y est devenu un pivot pour le développement. Si nous arrivons à faire comme eux, c'est extraordinaire ce que nous pourrons accomplir. »

Rappelons que selon une analyse réalisée en 2013, la Ville estime que des vols commerciaux pourraient attirer jusqu'à 60 passagers par jour dans les premières années. Selon une analyse de l'économiste Luc Savard, de l'UdeS, en 2012, la relance de l'aéroport de Sherbrooke pourrait générer des retombées économiques de 200 M$ par année en Estrie, en plus de créer un peu plus de 2000 emplois indirects et entre 250 et 500 emplois directs.

Toujours en négociation avec des compagnies aériennes

Une fois la désignation de l'aéroport obtenue, il restera à signer un contrat avec une ou des compagnies aériennes. Jean-François Ouellet, directeur de la Corporation de l'aéroport de Sherbrooke, confirme que des discussions ont toujours cours avec plusieurs compagnies, mais il refuse de les identifier. S'il n'est pas fermé à conclure un partenariat avec plusieurs compagnies, tout indique qu'une seule offrira une liaison avec Sherbrooke pour commencer.

« L'idée en ce moment c'est de nous garder à jour parce que le marché progresse beaucoup. Nous demeurons positifs parce que le trafic aérien a progressé dans la dernière année, ce qui nous fait croire à la réussite du projet. »

M. Ouellet ne s'aventure pas à préciser la ville de destination des vols en provenance de l'aéroport de Sherbrooke. Montréal semble toutefois la première cible logique. Lors de la présentation du projet en 2012, Sherbrooke souhaitait offrir des vols pour les clientèles d'affaires et le public en général vers Toronto, Montréal et des destinations soleil.

Pour établir un lien commercial, il est question d'offrir un vol quotidien, mais tout dépendra du coût d'exploitation. Dans le passé, des vols vers Toronto avaient déjà été offerts à partir de Sherbrooke. « Nous tentons de mettre en place un modèle plus accommodant pour les gens qui voyagent beaucoup et souvent. Nous voulons mettre en évidence les possibilités de connexion vers d'autres aéroports. »

Quatre ou cinq joueurs

M. Ouellet répète que le service offert dépendra de la volonté de la compagnie aérienne et des appareils disponibles. Combien de passagers? À quoi ressembleront les horaires? À quelle fréquence les avions voleront-ils? Impossible de le savoir. « Chacune des compagnies se distingue par sa flotte d'appareils. En principe, il y a quatre ou cinq joueurs possibles et ils exploitent des créneaux différents. »

Le directeur de la Corporation de l'aéroport s'est aussi informé des intentions de la nouvelle compagnie NewLeaf, qui proposera des liaisons à bas prix entre des aéroports canadiens de petite taille. Les premiers aéroports desservis sont entre autres ceux d'Abbotsford, Winnipeg, Hamilton et Halifax. « C'est intéressant ce qu'ils veulent faire, mais il n'est pas de leur intention d'offrir des vols quotidiens, du moins au départ. Ils veulent aussi se concentrer sur les vols pour le loisir et le tourisme. Ils travaillent aussi avec des 737-400. C'est un gros appareil qui peut transporter 158 passagers. Nous en recevons occasionnellement, mais en hiver, avec la longueur de notre piste, c'est un peu hasardeux. »

Parmi les autres aéroports espérant une désignation se trouve celui de Bromont. Si Sherbrooke n'envisage pas de partenariat avec sa proche voisine pour offrir des services complémentaires, Jean-François Ouellet estime que les deux villes visent des objectifs différents et qu'elles ne se feront pas compétition.

En attendant les services commerciaux, l'aéroport « grandit » grâce à l'ajout de hangars pour les avions privés. Sur les 13 terrains rendus disponibles, trois ont déjà été construits et les autres sont presque tous réservés. Quant au restaurant, fermé depuis septembre, il devrait rouvrir au printemps.

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