Plus de jeu pour mieux grandir

L'enseignante Julie Houle et sa classe ont passé... (Spectre Média, René Marquis)

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L'enseignante Julie Houle et sa classe ont passé du temps dans la salle de psychomotricité de l'école Sainte-Famille, mercredi.

Spectre Média, René Marquis

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(Sherbrooke) Les élèves de l'école primaire Sainte-Famille, à Sherbrooke, bénéficient maintenant d'une salle de psychomotricité, une installation qui vise le développement global de l'enfant.

Il s'agit d'une première dans les écoles de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS).

Le local qui se prête « au jeu non dirigé » sert aux élèves de maternelle et du premier cycle.

« On est dans un quartier défavorisé. On constate qu'il y a beaucoup d'enfants qui jouent de moins en moins et c'est important ce développement-là. Le local vise deux choses. Une mise à niveau pour certains enfants et offrir des contextes de jeu différents », indique la directrice par intérim de Sainte-Famille, Caroline Taillon. « Il y a des enfants qui se dépassent et qui découvrent autre chose. »

La nouvelle installation, disponible depuis le début de l'année scolaire, a nécessité des investissements d'environ 10 000 $. L'école a profité d'une aide financière de la Fondation Pierre-Lavoie de 5000 $.

Le temps prévu dans cette salle s'ajoute aux cours d'éducation physique.

« Le local de psychomotricité visera davantage le développement global de l'enfant. Il touchera plusieurs compétences, plutôt que seulement les compétences motrices, des compétences plutôt fonctionnelles que l'on va travailler en éducation physique. C'est dans un contexte où on va aussi solliciter l'affirmation de soi, l'estime de soi, le contact avec les autres... Ça va vraiment développer tout l'aspect global de la personne, dans un contexte où les enfants sont libres d'agir, avec des consignes de sécurité, mais où ils peuvent à la fois construire, démolir, créer... Ils sont vraiment acteurs principaux de leurs jeux, de ce qu'ils veulent faire dans ce local-là... » explique Josée Rochefort, conseillère pédagogique au préscolaire à la CSRS, lorsqu'on lui demande de nous préciser la différence entre le temps passé dans la salle de psychomotricité et le gymnase.

Mme Taillon souligne qu'il s'agit d'une idée de la directrice Pascale Bilodeau, actuellement en congé différé.

Les périodes ont été prévues dans l'horaire de la semaine, soit une heure pour les élèves de première et deuxième années et deux heures par semaine pour ceux de maternelle.

« Le développement moteur, comme le jeu, c'est quelque chose qui se développe dans le temps. Il y a une maturité qui s'installe dans le jeu (...) », explique Mme Rochefort.

Selon la littérature scientifique, il existe « une fenêtre d'opportunité » pour le développement moteur jusqu'à neuf ans.

« C'est là qu'on vient nourrir et combler des écarts pour des enfants qui n'ont pas eu toute la même chance d'aller jouer autant dehors, grimper dans les arbres, travailler physiquement. Ils vont évoluer, prendre la maturité dans leur jeu quand on leur laisse ce contexte-là pour agir », renchérit Mme Rochefort. Les enseignants sont formés par une intervenante.

Au passage de La Tribune, un groupe de maternelle avait envahi la salle de psychomotricité. Des voiles faisaient office de capes ou de robes, certains élèves s'amusaient à sauter et à grimper partout. Parmi eux, deux nouveaux petits arrivants, pour qui jouer dans cette salle permet de briser les barrières du langage.

« Il y a des enfants plus réservés en classe. C'est un lieu magique pour développer des liens... C'est beau à voir », commente Mme Taillon.

« C'est un répit dans le stress de la vie, de l'apprentissage, des efforts. Apprendre à lire et écrire, ce n'est pas facile, ce n'est pas naturel chez un enfant; bouger et jouer, c'est leur travail, c'est ce qu'ils sont habitués de faire, alors c'est un répit qu'on leur offre », note Mme Rochefort.

« Ça permet aux enfants de travailler les habiletés sociales, le partage, l'empathie, être capable de gérer les conflits, de faire attention à l'autre et à soi. Ça permet aux enfants qui ont plus de difficulté à entrer en relation avec les autres de le faire », observe l'enseignante Julie Houle.

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