Premier anniversaire de l'administration de la peine de Raif Badawi

«On ne lâchera pas»

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(Sherbrooke) Si l'on ignore toujours ce qu'il adviendra de Raif Badawi, on sait que l'inquiétude qui entoure son sort ne refroidit aucunement l'appui de ses sympathisants.

Une trentaine d'entre eux ont une nouvelle fois réclamé la libération du blogueur saoudien vendredi, devant l'hôtel de ville de Sherbrooke, lors d'une vigile soulignant du même coup le premier anniversaire du début de l'administration de sa peine. Le 9 janvier 2015, M. Badawi était flagellé à 50 reprises après la prière pour le punir d'avoir prôné une libéralisation morale de l'Islam sur son blogue Free Saudi Liberals.

« Il n'en a pas reçu depuis, mais comme la peine est toujours valide, on a des raisons de croire qu'il pourrait être fouetté à nouveau », s'inquiète l'agente de développement régional d'Amnistie internationale en Estrie Mireille Elchacar.

Rappelons que Raif Badawi a été condamné à 1000 coups de fouet, 10 ans de prison et à payer une amende de près de 300 000 $. La peine s'accompagne d'une interdiction de quitter le pays. Son épouse Ensaf Haidar et ses trois enfants vivent à Sherbrooke.

Sans nouvelle du blogueur depuis qu'il a été transféré à la prison centrale de Shabbat début décembre, Amnistie internationale fonde beaucoup d'espoir dans les pourparlers que le Canada a entrepris avec le gouvernement saoudien le mois dernier pour qu'il retrouve sa liberté.

« Stéphane Dion a rencontré son homologue saoudien juste avant les Fêtes. Ça fait plus d'un an chez Aministie internationale qu'on demande au gouvernement d'intervenir dans ce dossier, parce qu'on pense vraiment qu'il faut une sortie diplomatique à cette situation. On demande que M. Trudeau intervienne personnellement, mais si on commence par le ministère des Affaires étrangères et que c'est le début d'une démarche constructive, on est tout à fait à l'aise avec ça. On laisse la chance au coureur et on espère que le gouvernement canadien n'arrêtera pas tant qu'il n'y aura pas de résultats concrets. »

Loin d'être découragée, l'épouse du Saoudien a elle-même frappé à 50 reprises sur le djembé vendredi pour le décompte symbolisant les 50 coups de fouet que Raif Badawi était condamné à recevoir chaque semaine.

« Qu'est-ce que l'on veut? » s'est enquit par trois fois Ensaf Haidar, après la minute de silence.

« Libérez Raif! » répondaient systématiquement les sympathisants avec énergie, avant d'enchaîner en scandant « On ne lâche pas! On ne lâche pas! On ne lâche pas! »

« C'est assez extraordinaire de voir que les gens ne lâchent pas. Le fait qu'Ensaf joue les coups de tambour, tu sentais que son coeur y était et chaque fois qu'on entend résonner les coups, on sait qu'il ne s'agit pas seulement d'un tambour. C'est rendu tellement un mouvement collectif fort, que ce qui se passe en Arabie Saoudite, en Syrie ou ailleurs nous sert de catalyseur. Si on parvient à en libérer un, ça va vouloir dire qu'il y en a d'autres pour qui c'est possible », explique l'organisatrice des vigiles Jane Hospes.

« Il y a plusieurs niveaux d'indignation ici par rapport à la situation des droits humains en Arabie Saoudite, opine Mireille Elchacar. On ne lâchera pas, que ce soit pour Raif, pour Waleed (Abu Al-Khair, son beau-frère et avocat) ou pour toute la situation en Arabie Saoudite; on va battre le fer pendant qu'il est chaud. »

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