Inspirations 2015 : La traversée du Canada

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Le Sherbrookois Julien Bilodeau a pris environ 12 000 photos au cours de son expédition à travers le Canada.

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La Tribune

(SHERBROOKE) Elles débarquent avec des idées jusqu'ici inexplorées, montrent une combativité qui pourrait déplacer des montagnes, tendent la main comme peu de gens le font, ou encore elles se sont illustrées dans leur domaine respectif. En cette fin d'année, La Tribune met en lumière des personnalités inspirantes de l'année 2015.

Traverser le Canada en canot. C'est l'exploit qu'a réussi en 2015 Julien Bilodeau avec ses compagnons des Chemins de l'or bleu. Lorsqu'il a posé les pieds dans les Territoires du Nord-Ouest en octobre dernier après quelque 175 jours d'expédition, le Sherbrookois confiait s'attendre à une période d'adaptation. Deux mois après son retour, le diplômé de l'Université de Sherbrooke raconte avoir été pris dans un tourbillon.

« Je n'ai pas chômé! J'ai retrouvé mon emploi (d'entraîneur) au Cégep de Sherbrooke pour l'équipe de natation des Volontaires. J'ai repris ça dès la première semaine. J'ai aussi commencé à travailler à l'aide aux devoirs à la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke », indique ce diplômé en adaptation scolaire. « Je regarde pour faire des conférences dans les écoles. Il y en a qui m'ont approché », raconte celui qui vient de célébrer ses 24 ans.

Il a commencé à trier les quelque 12 000 photos de son expédition. Il prévoit aussi retranscrire à l'ordinateur les pages de son journal de bord, un carnet où il consignait des notes techniques, mais aussi le récit de l'expédition. Mais d'abord, dit-il, il souhaite prendre un peu de recul.

Les Chemins de l'or bleu ont quitté la région de Montréal en avril dernier pour traverser le pays en canot. Ils sont arrivés à Tsiighetchic au mois d'octobre, après avoir parcouru environ 7000 km et réalisé près de 120 portages.

Julien Bilodeau raconte avoir écrit tous les jours dans son journal, ou presque.

« Je pense que j'ai manqué cinq ou six jours, que je réécrivais le lendemain (...) Grâce à ces écrits-là, je suis capable de refaire le chemin. »

L'exercice lui a tout de même demandé beaucoup de discipline, alors que les journées s'égrenaient au fil des km accumulés. « Ce n'était pas facile. Le soir, j'avais vraiment envie de me coucher. À bien y penser, c'est un de mes plus beaux accomplissements d'avoir tenu ce journal de bord. »

« On vit tellement de choses, c'est maintenant qu'on s'en rend compte. »

« D'ici cinq ans, si ça me tente d'écrire sur cette expédition-là, je vais l'avoir dans le journal. Après avoir parcouru tous ces kilomètres, ça me permet d'avoir dans mes mains cette expédition-là. »

« Ça a été une expédition de plus de 175 jours », dit-il en soulignant qu'il estime que le temps de préparation avant le grand départ, l'expédition et la post-expédition s'étireront selon lui sur environ trois années de sa vie.

Qu'a-t-il appris sur lui au cours des derniers mois? Y a-t-il quelque chose de changé chez lui? « Je suis persuadé que j'ai changé. Je suis plus posé, plus patient », croit-il. « Il y a eu énormément de tensions au sein du groupe. On n'était pas des amis (avant de partir), on a appris à se connaître. J'ai développé de la patience. Ça ne sert à rien de vouloir tout changer. En équipe, on avance. Ce qui est important, c'est de continuer d'avancer. »

Celui qui se décrit comme « un gars d'action », qui aime que « les choses avancent vite » pourrait en découvrir davantage au fil du temps sur comment cette expérience l'a transformé. « J'étais prêt à revenir à ma vraie vie », lance-t-il.

Julien Bilodeau compte reprendre des cours à l'Université de Sherbrooke l'an prochain. Il souhaite du même coup recommencer à nager avec le Vert & Or, question de bien terminer ce qu'il a commencé.

Quand il fait quelque chose, il aime terminer ce qu'il a entrepris comme il se doit, souligne-t-il.

« C'est pour boucler la boucle de la natation. Ça fait 12 ans que je fais de la natation. » Comme membre du Vert & Or, il s'entraînait autour de 16-17 heures par semaine.

Si pour le moment il entend s'installer dans sa vie de jeune adulte, Julien Bilodeau mûrit d'autres projets.

Il aimerait bien, peut-être dans un an ou deux, enseigner dans l'Ouest canadien avec sa copine enseignante. Il n'exclut pas de s'embarquer dans une autre expédition, avec une logistique plus simple. Peut-être que celle-ci pourrait venir avec un séjour dans l'Ouest, avance-t-il.

« Je repartirai quand j'aurai le goût de repartir. J'ai beaucoup aimé le camping d'hiver. J'ai vraiment aimé ça être dans la neige. Peut-être une expédition nordique dans un avenir rapproché? » lance-t-il.

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