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Un problème de santé emporte une étudiante colombienne

Secoués par le décès tragique de leur amie... (Spectre Média, René Marquis)

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Secoués par le décès tragique de leur amie Natalia Jiménez Amaya, Miguel Angel Carrillo, Maria Lucia Diaz et Manuela Arias Moreno ont accepté de raconter son histoire à La Tribune, dans l'espoir d'aider la mère de la jeune disparue à traverser financièrement cette triste épreuve en Colombie.

Spectre Média, René Marquis

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(SHERBROOKE) Le rêve de Natalia Jiménez Amaya d'étudier la langue française et de côtoyer la culture québécoise au Canada a pris fin tragiquement. Arrivée à Sherbrooke le 22 août dernier, l'étudiante colombienne de 21 ans est décédée des suites d'une infection pulmonaire le 6 décembre, laissant des amis complètement sous le choc.

Natalia Jiménez Amaya et sa mère Alba Aracely... (Photo fournie) - image 1.0

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Natalia Jiménez Amaya et sa mère Alba Aracely Amaya.

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« C'est incroyable ce qui s'est passé. Je pense souvent qu'elle va sortir de sa chambre et qu'elle va se mettre à chanter... Mais non, ça n'arrive pas. Je commence à peine à croire qu'elle est morte », raconte son amie Manuela Arias Moreno.

Natalia, Manuela et Miguel Angel Carrillo arrivaient tous les trois de l'Université de Caldas, à Mazinales en Colombie, dans le cadre d'un programme d'échange avec l'Université de Sherbrooke. Les trois complétaient une licence en langue moderne et se destinaient à l'enseignement. Ils s'étaient installés dans la même maison de chambres, pour la session d'automne qui se termine vendredi.

« C'est un long processus pour arriver jusqu'ici, raconte Miguel. On allait un peu à contre-courant à cause d'un paquet d'obstacles, dont le taux de change et des problèmes de visa, mais on avait un désir très fort de venir ici et on l'a fait. »

Natalia, c'était probablement la plus motivée du trio. C'est elle qui avait les meilleurs résultats scolaires, dit le jeune homme, c'est elle qui connaissait le mieux la ville de Sherbrooke - qu'elle avait étudié sur Internet -, c'est elle qui faisait les appels pour tout organiser.

« Elle était la vie de l'appartement, continue Miguel. Elle chantait tout le temps, elle écoutait de la musique, de la musique colombienne au cours des derniers jours, peut-être pour se sentir un peu mieux... Nous étions comme une famille. »

Maria Lucia Diaz arrive elle aussi de la Colombie, mais elle a fait la connaissance de Natalia sur le campus sherbrookois. Les deux filles passaient beaucoup de temps ensemble. « On parlait souvent de sa mère, qui avait fait beaucoup de sacrifices pour lui permettre de venir ici. Natalia avait des ennuis financiers parce que ça coûte plus cher qu'on pensait ici, surtout la nourriture. On a dû s'adapter. »

Quand Natalia a commencé à tousser, à souffrir de maux de tête, à se sentir faible, ses amis ne sont pas alarmés outre mesure. AvecLucia, elles ont tenté de consulter un médecin, mais ont abandonné l'idée devant les délais d'attente. D'autant que Natalia ne voulait pas manquer des cours, sachant ce qu'il en coûtait à sa mère pour lui permettre cette session d'études au Québec.

La jeune femme s'est donc soignée avec des médicaments achetés à la pharmacie, et aussi au magasin à escomptes.

« Jamais on n'a eu de signes de quelque chose de si pire, témoigne Miguel. Elle a attendu jusqu'au dernier moment, en pensant qu'elle irait mieux. »

Le dimanche 6 décembre, Natalia a demandé l'aide de Miguel. « Elle était très faible. Elle ne pouvait pas se lever. J'ai appelé un ami pour qu'ils nous amènent à l'hôpital. Quand on a pu la revoir à l'hôpital, elle était inconsciente. Puis le médecin est venu nous dire qu'elle était décédée. »

Neuf jours ont passé. Le quatuor devenu trio tente de se raccrocher au quotidien et de terminer la session. Il y a eu une veillée aux chandelles pour Natalia, dans la tradition colombienne, il y a eu du soutien psychologique, spirituel et médical offert par l'Université, des interventions auprès des collègues de classe et des enseignants de la jeune femme aussi.

« Quand j'ai commencé à me rendre compte et à sentir que ça aurait pu m'arriver à moi, j'ai tout de suite appelé ma famille pour leur dire que je les aime beaucoup », relate Lucia. « Puis j'ai pensé à la mère de Natalia, parce qu'on a si souvent parlé d'elle. Alors j'ai voulu faire quelque chose pour l'aider.»

«Elle a perdu son travail et doit maintenant payer des funérailles.»


Lucia a donc cherché des appuis, a mis en ligne une page Facebook, est entrée en contact avec Adriana Herrera Duarte, la nouvelle présidente de l'Association Colombie Estrie.

Les deux femmes ont convaincu la Fédération des communautés culturelles de l'Estrie de parrainer une collecte de fonds pour envoyer de l'argent à Alba Aracely Amaya, une femme monoparentale qui avait Natalia comme seule enfant et qui a une soeur handicapée à sa charge.

« On imagine la situation dans laquelle elle se retrouve. Elle a perdu son travail et doit maintenant payer des funérailles. On espère qu'en lui envoyant un peu d'argent, elle pourra traverser cette épreuve de façon plus sereine », dit Miguel.

Miguel et Manuela reprendront l'avion le 29 décembre pour rentrer à la maison. Sans Natalia.

Après une autopsie à Montréal, les autorités ont rapatrié la dépouille de la jeune femme en Colombie mardi dernier.

Miguel promet d'aller voir la mère de Natalia quand il sera rentré. Pour parler, pour partager ses souvenirs, pour se recueillir avec elle. Pour lui dire que non, ce n'est pas une erreur d'avoir envoyé Natalia à Sherbrooke « parce qu'elle était vraiment heureuse d'y être ».

La Fédération des communautés culturelles recueille les dons pour Alba Aracely Amaya. Tél.: 819 823-0841; courriel:communication@fccestrie.org.

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