Un grand bâtisseur de La Tribune s'est éteint

L'ancien président-éditeur de La Tribune, Yvon Dubé, photographié... (Archives, La Tribune)

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L'ancien président-éditeur de La Tribune, Yvon Dubé, photographié en 2009 lors des grandes entrevues du cahier spécial du centenaire de La Tribune.

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Alexandre Faille
La Tribune

(SHERBROOKE) L'un des plus importants personnages de la longue histoire de La Tribune s'est éteint. L'ancien président-éditeur du journal, Yvon Dubé, est décédé vendredi dernier à l'âge de 89 ans des suites d'une longue maladie.

Décrit comme un homme hautement respecté par ses employés et dévoué à la réussite de son journal, celui que tous appelaient « Monsieur Dubé » est décédé, 26 ans après avoir tiré sa révérence d'un poste qu'il chérissait.

« C'est le seul patron que j'appelais Monsieur, raconte le journaliste de longue date de La Tribune Denis Messier. Avec lui, c'était l'information qui comptait, mais c'était aussi un excellent vendeur. Il vendait son produit et ses idées. »

Originaire de Coaticook, où il amorce sa carrière de journaliste, Yvon Dubé est engagé à La Tribune en octobre 1956. À peine dix ans plus tard, il en devient président-éditeur. Sous son égide, La Tribune a connu une explosion de son tirage, passant de 23 000 exemplaires à son arrivée à 50 000 au milieu des années 1970 à la suite d'une stratégie de contenus inspirée de méthodes américaines de distribution.

« Il a créé des pages zonées pour chacune des localités importantes desservies par le journal. Par exemple, en page 6, chacune d'elles avait les nouvelles qui la concernaient, que ce soit Victoriaville, Drummondville, Thetford Mines ou Sherbrooke. Le tirage a presque doublé à ce moment-là », se remémore l'ancien journaliste sous Yvon Dubé, Mario Goupil.

« Avec cette idée, il a dit : "on sera un journal régional jusqu'au bout" », ajoute Denis.

C'est à cette même époque que les bureaux de La Tribune sont passés du centre-ville de Sherbrooke à leur emplacement actuel de la rue Roy. Une transition vers la modernité accompagnée de l'arrivée des premiers ordinateurs.

Un homme discret

Denis Messier parle d'un personnage effacé, qui préférait demeurer dans son bureau et se consacrer à son travail de président-éditeur plutôt que de se rendre dans divers événements. « Il sortait peu, mais il était extrêmement bien renseigné sur ce qui se passait dans la ville », affirme-t-il.

« En 38 ans à La Tribune, je ne sais pas si j'ai vu M. Dubé dix fois dans la salle de rédaction. Quand on le voyait, c'était un événement, mentionne Mario Goupil. On ne le voyait pas, mais on sentait sa présence d'excellent administrateur. C'était un ancien journaliste, il connaissait le tabac. »

En 1989, après 33 ans de service au journal, Yvon Dubé quitte pour la retraite. Quelques années plus tard, ce grand bâtisseur perd progressivement la vue. Incapable de lire son journal, il doit recourir à l'aide de ses proches pour entendre les mots d'une salle de rédaction qu'il a contribué à forger.

« Ça a été un grand malheur pour lui, affirme M. Goupil. Il n'y a rien de pire pour un journaliste que de ne plus pouvoir lire son journal. »

Parce que jusqu'à la dernière heure, La Tribune aura été « son » journal.

Un dernier hommage lui sera livré ce vendredi 27 novembre de 19 h à 21 h à la Coopérative funéraire de l'Estrie, de même que le lendemain, de 9 h à 10 h 30.

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