Eaux usées: «On connaît le nombre de surverses, mais pas les débits»

Le déversement des eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent qui devait commencer... (Archives La Tribune)

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(SHERBROOKE) Le déversement des eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent qui a commencé dans la nuit de mardi à mercredi soulève des questions sur la façon dont les municipalités traitent leurs cours d'eau.

À Sherbrooke, dans la dernière année, des citoyens se sont dits choqués de constater que des égouts sanitaires se déversaient directement dans les rivières Magog et Saint-François. Le président du COGESAF, Jean-Paul Raîche, estime toutefois que Sherbrooke fournit les efforts nécessaires et qu'il faudrait un plan d'investissement national dans les infrastructures de gestion des eaux.

En réalité, à Sherbrooke, les usages de surverse sont permis en temps de pluie, c'est-à-dire que l'excédent d'eau d'une conduite d'égout peut être rejeté directement dans la rivière. Chaque année, ce sont entre 850 et 1000 déversements du genre qui surviennent.

« On connaît le nombre de surverses, mais on ne connaît pas les débits, la quantité de litres envoyés à la rivière. Certaines villes ont des moyens de le mesurer, mais généralement, il n'y en a pas. À Montréal, on parle de huit milliards de litres parce qu'on connaît le volume d'eau que l'usine traite et que le déversement n'est pas relié à la surverse. Quand on fait usage de la surverse, c'est parce qu'il pleut, que l'eau usée arrivera dans une rivière où il y aura forcément plus d'eau, donc le phénomène de dilution est plus présent », nuance M. Raîche.

«Ça peut être un problème quand une municipalité prend son eau près de l'endroit où une autre déverse.»


Les conséquences de ces déversements sont difficiles à évaluer, selon Jean-Paul Raîche. « Les usines de traitement d'eau potable sont équipées pour éliminer les coliformes fécaux. Mais plus on déverse, plus il faut de la surveillance et des produits pour rendre l'eau potable. Ça peut être un problème quand une municipalité prend son eau près de l'endroit où une autre déverse. Sur notre territoire, ce n'est pas un problème important. Cependant, on peut imaginer que c'est un problème pour la faune. On ne peut pas dire qu'il n'y a pas de conséquences, même si elles n'ont pas été mesurées. »

Un des gros problèmes viendrait des produits pharmaceutiques. « Souvent, les produits pharmaceutiques ne sont pas éliminés des eaux usées parce qu'il n'y a pas d'ozonation. C'est un processus qui coûte très cher et qui est présent dans les usines de traitement de l'eau potable. »

Selon Jean-Paul Raîche, « les normes de rejet devraient être plus exigeantes, et pas seulement en période de surverse. À long terme, il faudrait un traitement par ozonation partout. Il faudrait aussi réduire les surverses en temps de pluie et lors de la fonte des neiges. Pour y arriver, il faut des bassins de rétention. Il faudrait que les budgets pour la construction d'infrastructures de gestion des eaux soient plus importants ».

La Ville de Sherbrooke compte construire des bassins de rétention souterrains. Le premier pourrait être prêt au plus tôt en 2017. Elle a aussi adopté un règlement interdisant l'évacuation des gouttières par les drains de fondation ou directement à la rue. « Toutes les mesures qui permettent de retenir les eaux pluviales sur les terrains privés sont bonnes pour réduire la quantité d'eau à traiter. »

À Sherbrooke, 123 points de débordements sont autorisés par le ministère de l'Environnement.

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