Autre contexte, autre approche

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Aucune couverture médiatique pour le Renouveau sherbrookois, pas même de compte-rendu ou de photos sur le site internet du parti ou sur sa page Facebook. Rien.

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) Bernard Sévigny a passé la semaine dans l'ombre de sa conjointe Marie-Claude Bibeau, promue ministre au sein du cabinet Trudeau à Ottawa. Il ne s'en plaindra pas, c'était de toute façon prévu ainsi.

Le maire avait convenu avec son entourage de porter ses chaussures à semelles de feutre pour se faire discret cette semaine, même si celle-ci revêt un caractère symbolique. Nous sommes à mi-chemin du second terme de M. Sévigny comme maire de Sherbrooke.

« La mi-mandat-le moment idéal pour faire le point », écrivait en septembre le maire Sévigny pour mettre en appétit les souscripteurs invités à participer au coquetel annuel de financement de son parti, le 3 novembre.

Oyé, oyé, nous, promoteurs et gardiens de la démocratie participative, vous sollicitons pour venir militer à nos côtés. Prière de laisser votre nom et votre chèque à la table d'inscription, à l'entrée.

Le 3 novembre, c'était mardi, non?

Avez-vous eu vent d'un rassemblement politique quelque part en ville?

L'activité s'est déroulée en circuit fermé. Elle est passée sous le radar. On m'a rapporté qu'autour de 75 personnes ayant chacune déboursé 200 $ y ont participé.

Le maire s'y est pointé pour venir saluer ses sympathisants, il a échangé avec eux, puis il s'est précipité vers Ottawa pour ne rien manquer de la journée inoubliable que son amoureuse allait vivre le lendemain.

Aucune couverture médiatique pour le Renouveau sherbrookois, pas même de compte-rendu ou de photos sur le site internet du parti ou sur sa page Facebook. Rien.

La formation de Bernard Sévigny a déjà été plus affamée de visibilité et d'argent.

Le maire n'avait pas manqué d'utiliser cette fenêtre de mi-mandat, en 2011, comme vitrine promotionnelle. Il avait prononcé un discours enflammé en présence des journalistes devant une assemblée de 170 personnes.

Comme le chef du Renouveau sherbrookois n'était appuyé à l'époque que par trois des 19 conseillers municipaux (Diane Delisle, Robert Pouliot et Bruno Vachon), Bernard Sévigny était en mode persuasion et s'employait à convaincre que son parti n'était pas qu'un feu de paille, qu'il progresserait et durerait. C'est ainsi qu'il est parvenu à recruter des vétérans du conseil municipal par la suite.

Visibilité secondaire

Est-ce parce que le maire a pris ses aises avec une représentation lui assurant aujourd'hui de remporter tous les votes (les voix de ses neuf conseillers et la sienne assurent une majorité à son parti) ou en l'absence d'une opposition structurée, toujours est-il que la visibilité du Renouveau sherbrookois est devenue bien secondaire.

Au fait, le parti change de nom aussi souvent que le maire change de souliers. Pour des raisons de marketing politique, il a été inscrit sous le nom « d'Équipe Bernard Sévigny - Renouveau sherbrookois » au bureau du Directeur général des élections du Québec à la veille du scrutin de 2013. Le parti est revenu à son appellation originale quelques mois plus tard, en mai 2014.

L'article qui devait limiter le chef à seulement deux mandats à la mairie a disparu des statuts du Renouveau sherbrookois. M. Sévigny ne s'embarrassera probablement pas de cette formalité et offrira de nouveau ses services aux Sherbrookois dans deux ans. Je parierais là-dessus.

Tant qu'un maire n'a que sa femme pour lui porter ombrage, il n'a pas de quoi se causer des soucis. Au contraire, quand on pédale en tandem il y a moins de chance qu'on pédale dans le vide. L'aide arrive à point, car dans le dossier de l'aéroport, le maire a souvent eu l'air du gars qui marchait à côté de son vélo dans une pente raide...

Le renouveau, c'est justement qu'une ministre fédérale ait fait son apparition au sein de l'Équipe Bernard Sévigny. Pour ce qui est du parti municipal, il n'est toujours qu'un véhicule d'occasion pour garnir la caisse électorale en toute légalité et en toute transparence.

Comme la générosité est toujours plus facile à stimuler une fois qu'on est installé au pouvoir, le maire n'a plus comme chef à crier sur les toits que son parti existe. Surtout qu'il n'existe que pour la forme.

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